Chasse
Agrainage du sanglier : ce que les chasseurs de l’Aisne en pensent
Consultés par référendum sur l’interdiction de l’agrainage du sanglier entre le 15 octobre et le 15 février, 2 250 chasseurs de l’Aisne ont voté. Avec 63,7 % des suffrages, le « non » l’emporte nettement et place désormais la Fédération devant une demande de modification du schéma départemental.
Consultés par référendum sur l’interdiction de l’agrainage du sanglier entre le 15 octobre et le 15 février, 2 250 chasseurs de l’Aisne ont voté. Avec 63,7 % des suffrages, le « non » l’emporte nettement et place désormais la Fédération devant une demande de modification du schéma départemental.
Après plusieurs réunions de consultation et d’échange – elles ont eu lieu du 3 au 14 septembre -, les chasseurs axonais ont tranché. À la question « Êtes-vous favorable à la mesure de la Fédération pour interdire l’agrainage des sangliers ? », posée dans le cadre du référendum organisé le 19 septembre, 1 433 votants se sont prononcés contre, soit 63,7 %. À l’inverse, 817 chasseurs, soit 36,3 %, ont voté en faveur de la mesure. Au total, 2 250 chasseurs ont participé à la consultation.
La participation représente un peu plus de 20 % des quelque 11 000 chasseurs du département, selon les chiffres communiqués lors de la préparation du scrutin. La Fédération des chasseurs de l’Aisne avait organisé cette consultation après la controverse suscitée par l’inscription, dans le nouveau Schéma départemental de gestion cynégétique (SDGC) 2026-2032, d’une interdiction de l’agrainage du sanglier pendant quatre mois.
Une mesure déjà inscrite dans le schéma de gestion cynégétique
L’enjeu du vote dépassait donc la seule pratique de l’agrainage. La disposition figure dans le SDGC 2026-2032, approuvé par arrêté préfectoral le 19 mai dernier. Elle prévoit de stopper l’agrainage entre le 15 octobre et le 15 février, tout en maintenant la possibilité de pratiquer cette technique en dehors de cette période dans les conditions prévues par le schéma.
Le débat porte notamment sur le rôle de l’agrainage dans la gestion des populations de sangliers et des dégâts agricoles. La Fédération défendait l’idée qu’une interruption hivernale permettrait de réduire une pratique susceptible de favoriser le maintien, voire le développement, des populations. À l’inverse, une partie des chasseurs considère l’agrainage comme un outil de dissuasion permettant notamment de limiter les déplacements des sangliers vers les cultures.
Le vote ne suffit toutefois pas, à lui seul, à supprimer la disposition du SDGC. La Fédération entend désormais s’appuyer sur ce résultat pour demander à l’administration de revenir sur cette interdiction.
Nicolas Hansen : « Je respecterai ce choix démocratique »
Le président de la Fédération, Nicolas Hansen, avait promis de respecter le résultat quel qu’il soit. Après le scrutin, il confirme cette ligne, ce mardi 22 septembre : « Comme je m’y étais engagé, je respecterai ce choix démocratique et porterai la voix des chasseurs de l’Aisne auprès de l’administration afin d’obtenir la levée de cette disposition. » La suite du dossier se jouera donc désormais entre la Fédération et l’administration.