Contexte
Dans la Somme, trois sièges, sept listes et un scrutin très ouvert
Le 27 septembre, les grands électeurs de la Somme départageront sept listes pour trois sièges au Sénat. Si les trois sénateurs sortants repartent dans la course, le scrutin se déroule dans un paysage politique renouvelé après les municipales. Pour le monde agricole, l’enjeu sera aussi de savoir quels élus porteront les dossiers des exploitations et des territoires ruraux au Palais du Luxembourg.
Le 27 septembre, les grands électeurs de la Somme départageront sept listes pour trois sièges au Sénat. Si les trois sénateurs sortants repartent dans la course, le scrutin se déroule dans un paysage politique renouvelé après les municipales. Pour le monde agricole, l’enjeu sera aussi de savoir quels élus porteront les dossiers des exploitations et des territoires ruraux au Palais du Luxembourg.
La bataille est lancée. Les 1800 «grands électeurs» samariens (délégués des conseils municipaux, conseillers départementaux, régionaux, députés et sénateurs) voteront au lycée Louis Thuillier d’Amiens, pour un seul tour de scrutin. Sept listes sont en lice*. Trois sièges sont à pourvoir, ceux des sénateurs sortants Rémi Cardon (PS), Stéphane Demilly (UDI) et Laurent Somon (LR). Tous trois ont choisi de briguer un nouveau mandat.
Le scrutin est particulier. Les sénateurs sont élus au suffrage universel indirect par un collège de grands électeurs composé notamment des délégués des conseils municipaux, des conseillers départementaux et régionaux, ainsi que des députés et sénateurs. Les délégués municipaux représentent à eux seuls environ 95 % du collège électoral. Dans la Somme, l’élection se joue à la représentation proportionnelle, suivant la règle de la plus forte moyenne. Les électeurs votent pour une liste, sans possibilité de panachage ni de vote préférentiel.
Sept candidats, sept parcours
Face aux trois sénateurs sortants, quatre autres listes cherchent à bousculer l’équilibre actuel. À trente-deux ans, le sénateur sortant Rémi Cardon (socialiste) brigue un second mandat. Élu en 2020 à vingt-six ans, il avait alors été le plus jeune sénateur de la Ve République. Conseiller municipal de Camon depuis 2014, ce chef de projet numérique est aujourd’hui secrétaire de la commission des affaires économiques du Sénat. Stéphane Demilly (centriste), ancien maire d’Albert et député de la Somme de 2002 à 2020 sollicite lui aussi un deuxième mandat sénatorial. Son nom est particulièrement associé au canal Seine-Nord Europe, dont il défend le projet depuis de nombreuses années. Au Sénat, il siège entre autres à la commission de l’aménagement du territoire et au groupe d’études Agriculture, élevage et alimentation. Laurent Somon (LR), vétérinaire de formation, ancien maire de Bernaville et ancien président du conseil départemental de la Somme, dispose d’une longue expérience des collectivités. Sénateur depuis 2020, il siège notamment à la commission des finances et au conseil de surveillance de la société du canal Seine-Nord Europe. Il reste conseiller départemental.
Damien Toumi (RN), conseiller municipal d’Amiens et élu à Amiens Métropole, est également collaborateur parlementaire du député Jean-Philippe Tanguy. Aux municipales, sa liste avait obtenu 14,33 % au second tour et quatre sièges au conseil municipal. Pascal Aubrée, maire de Bussy-lès-Poix depuis 2020, conduit la liste PCF. Dans une commune de moins de 100 habitants, le vice-président de l’association des maires ruraux de la Somme et ancien directeur de la Fête de l’Humanité, revendique une candidature placée sous le signe de la ruralité. Madeleine Rosier, ancienne conseillère municipale de Roye, représente La France insoumise, qui présente pour la première fois une liste dans la Somme aux sénatoriales. Le scrutin compte enfin une septième liste, proposée par Chami Rassani, ancien commerçant de Conty, non encarté.
L’Action agricole picarde a interrogé les candidats aux sénatoriales sur les sujets agricoles : gestion de l’eau, adaptation au changement climatique, rémunération des producteurs, simplification administrative, installation et transmission, la souveraineté alimentaire, protection contre les importations... Dans ce dossier, chacun présente sa vision de l’agriculture et les mesures qu’il entend défendre pour les exploitants et les territoires ruraux de la Somme.
* Les candidats interviewés sont ceux que nous sommes parvenus à joindre et qui ont répondu à nos sollicitations. L’ordre de parution des interviews suit l’ordre officiel d'enregistrement des listes auprès de la préfecture.