Gestion de l'eau
Une tribune du monde agricole plaide pour faire de l’irrigation une priorité nationale
Dans une tribune intitulée « L’eau, source de vie ! L’alimentation aussi ! », plusieurs responsables des principales organisations agricoles françaises appellent à replacer la question de l’irrigation au cœur des politiques publiques. Parmi les signataires figurent notamment les présidents de la FNSEA, de Chambres d’Agriculture France, de Jeunes Agriculteurs, d’Irrigants de France, de La Coopération Agricole et de la CNMCCA.
Les auteurs partent d’un constat : les effets du changement climatique se traduisent par une multiplication des épisodes extrêmes, alternant inondations, sécheresses et incendies. Selon eux, ces phénomènes fragilisent les exploitations agricoles et menacent la capacité de la France à assurer sa propre production alimentaire.
La tribune défend l’idée que l’irrigation constitue désormais un outil indispensable pour maintenir les rendements agricoles et préserver la souveraineté alimentaire du pays. Les signataires affirment ainsi que « sans irrigation, notre agriculture est condamnée à l’errance, à la dépendance, et à la décroissance ». Ils estiment qu’une baisse durable de la production nationale conduirait à une dépendance accrue aux importations.
Les représentants agricoles regrettent également que le débat sur le stockage de l’eau et les infrastructures hydrauliques soit, selon eux, trop souvent abordé sous un angle idéologique. Ils considèrent que les retenues d’eau et les prélèvements destinés à l’irrigation sont fréquemment présentés de manière caricaturale, alors qu’ils les voient comme des outils de gestion nécessaires face aux nouvelles conditions climatiques.
Dans leur argumentation, les auteurs rappellent que l’irrigation accompagne l’agriculture depuis l’Antiquité et qu’elle joue un rôle essentiel dans la sécurisation des productions végétales et de l’élevage. Ils soulignent également ses conséquences économiques pour les territoires ruraux, en matière d’emplois, d’activité commerciale et de maintien des exploitations.
La tribune appelle ainsi à la mise en œuvre d’une politique de l’eau « ambitieuse » et « assumée », reposant notamment sur le développement d’infrastructures de stockage. Les signataires défendent l’idée que « l’eau ne disparaît pas. Elle se gère. Elle se respecte. Elle se partage. Et elle se stocke ».
Enfin, ils invitent les pouvoirs publics à ne plus opposer impératifs écologiques et enjeux économiques. Selon eux, la capacité à irriguer les cultures sera déterminante pour permettre à l’agriculture française de s’adapter au changement climatique tout en continuant à répondre aux besoins alimentaires de la population. Ils concluent en posant la question du modèle agricole que la France souhaite privilégier à l’avenir : une agriculture résiliente capable de faire face aux aléas climatiques, ou une production nationale en recul au profit des importations.