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2020-2021 : le marché de l’endive tarde à s’équilibrer

D’abord dynamique en début de saison, puis un marché qui se cherche tout l’hiver, et enfin, un printemps froid qui booste les ventes. La campagne de l’endive 2020-2021 affiche finalement un bon équilibre entre l’offre et la demande et des prix corrects. FranceAgriMer fait le point.

Débutée en avril 2020 sous de bonnes conditions, la culture de racines d’endives se poursuit en mai dans un contexte de faibles précipitations. Les parcelles issues des semis d’avril présentent un bon état alors que celles semées en mai connaissent des levées aléatoires et tardives offrant des peuplements clairsemés. La situation est globalement meilleure à l’ouest du bassin de production des Hauts-de-France (Arras, Bapaume, Weppes) qu’à l’est et au sud (Cambrésis, Pévèle, Aisne). Il n’y a pas de problème sanitaire majeur.
En septembre, la production d’endive est assurée pour l’essentiel par le forçage de racines de report (récolte 2019) dont le rendement s’avère hétérogène. Côté nouvelles racines, outre un retard dans les travaux d’arrachage, la sècheresse de cette année affecte leur productivité (manque de maturité, petit calibre). Au final, le niveau de production de ce début de campagne est faible. Côté marché, l’offre reste insuffisante et les cours au stade expédition s’affichent élevés, supérieurs de 30 % à la moyenne quinquennale.
En octobre, le retour des pluies est bénéfique aux racines dont la croissance repart mais le calibre est irrégulier avec une prépondérance de grosses racines, peu propices à la production de jeunes pousses, plébiscitées par la demande. Côté marché, l’offre restreinte ne satisfait pas une demande qui progresse fortement en octobre. En effet, cette année, l’effet saisonnier se double d’un effet Covid, qui voit les consommateurs privilégier les produits préemballés. Les prix au stade expédition se maintiennent à un niveau élevé, avec un cours moyen en octobre supérieur de 36 % à 2019 et de 39 % à la moyenne quinquennale.
En novembre, entre le retard dans les arrachages et la faiblesse des rendements, la période de transition dans la production entre les racines de report et les racines de l’année demeure compliquée. Il s’ensuit une production globalement insuffisante pour répondre à la demande et les prix sont élevés. En milieu de mois, la tendance s’inverse. L’offre bénéficie d’une production qui s’améliore alors que la demande ralentit. Les cours au stade expédition cèdent pour atteindre en fin de mois leur plus bas niveau depuis le début de la saison 2020-2021, tout en restant cependant supérieurs à la moyenne quinquennale.
La campagne d’arrachage se termine début décembre. Les dernières racines arrachées, issues de variétés tardives, s’avèrent satisfaisantes en matière de calibre et de maturité. L’amélioration des rendements se poursuit et l’endive entre en campagne d’hiver. L’offre est là mais le commerce est peu dynamique. La concurrence de la réouverture des commerces non alimentaires pèse sur un marché très calme. L’absence de dynamisme du marché pèse sur les cours moyens à l’expédition, qui cèdent progressivement en décembre et frôlent le niveau de la moyenne quinquennale. À noter le rebond observé en semaine 52 qui met fin à cinq semaines de baisse.
En janvier, la production d’endives conserve un niveau correct, mais en deçà de la moyenne quinquennale. Elle reste cependant irrégulière, en lien avec le calibre hétérogène des racines. Elément positif : la qualité progresse. Le couvre-feu appliqué à 18h et le début des soldes sont autant de concurrences à l’offre des producteurs et expéditeurs du chicon. Néanmoins, le marché se rééquilibre et les prix sont relativement stables. Le cours moyen de janvier 2021 au stade expédition s’affiche à 1,38 € HT/ kg, en baisse de 17 % par rapport à janvier 2020, mais supérieur de 11 % à la moyenne quinquennale. 

Février et ses caprices…
Le marché de l’endive est souvent capricieux en février et cela se confirme cette année. La période d’intempéries neigeuses complique la logistique des transports et déstabilise l’activité des marchés. La demande peine ensuite à reprendre avec la période de vacances scolaires associée à une remontée des températures, facteurs qui détournent le consommateur des légumes d’hiver, dont l’endive. Les cours cèdent régulièrement et ne se stabilisent qu’en fin de mois. Le cours moyen de février 2021 au stade expédition s’affiche à 1,10 € HT/kg, en baisse de 6 % par rapport à février 2020, mais supérieur de 10 % à la moyenne quinquennale.
En mars, le marché de l’endive est peu actif. La demande des consommateurs est en baisse : la clientèle s’oriente progressivement vers des produits plus printaniers. L’offre reste maîtrisée car bon nombre de producteurs ont réduit leurs volumes mis en production en bacs de forçage, pour éviter d’engorger un marché bien morose. Les principales ventes se font au travers des opérations commerciales initiées par les centrales d’achats. Les cours au stade expédition sont relativement stables et se maintiennent, depuis décembre, au-dessus de la moyenne quinquennale. 

Le froid profite aux endives
En avril, la baisse inattendue des températures influe favorablement sur la consommation des légumes d’hiver et la demande repart à la hausse. Dans un contexte d’amorce de fin de campagne, synonyme de diminution progressive de la production, les cours restent soutenus en première partie de mois. Durant les deux dernières semaines d’avril, le marché retombe, les prix à l’expédition subissent une pression, mais parviennent à se maintenir au-dessus de la moyenne quinquennale.
En mai, la campagne tend vers son rythme d’été, avec une production qui diminue. La demande reste soutenue, essentiellement de la part des centrales d’achat de la grande et moyenne distribution. Les cours sont tirés vers le haut. De plus en plus d’endiveries abordent la fin de saison. 

Forte production de jeunes pousses

Depuis quelques années, le modèle économique évolue avec une segmentation de l’offre dans laquelle s’installe progressivement l’endive de petite taille, dénommée «jeune pousse», très demandée par le consommateur. Cette évolution contribue, à périmètre constant, à une baisse régulière du tonnage produit. 

Baisse des échanges en volume

Malgré une production proche de la campagne précédente, les volumes des échanges régressent. Ainsi, les exportations, avec 7 600 tonnes, diminuent de 15 % en volume, soit à peine 6 % de la production. Il s’agit de la sixième année consécutive de baisse. Les principales destinations demeurent l’Italie et l’Allemagne.
Pour les importations, le recul est de 12 % avec une provenance belge encore très majoritaire. La balance commerciale reste largement excédentaire mais cède 16 % en volume par rapport à la campagne précédente.
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