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Agr’Innov emploi : le recrutement massif est lancé en Haute-Somme

Les exploitations agricoles du secteur de Péronne ont un besoin conséquent en main-d’œuvre, qu’elles n’arrivent pas à combler. C’est tout l’enjeu du projet Agr’Innov emploi que mène le GES. L’action se concrétise.

Deux journées d’entretiens ont déjà eu lieu en Haute-Somme. Pour les exploitants, c’est risque zéro, car l’employeur est le GES. «Nous gérons les contraintes administratives et le risque qu’un salarié ne convienne pas», assure Émile Foirest
© GES

Des yeux ébahis, une attention toute particulière, et surtout, le témoignage d’une grande motivation. Ce 4 janvier, à la Maison départementale des solidarités et de l’insertion de Péronne, le Groupement d’employeurs de la Somme (GES) présentait les métiers de l’agriculture locale aux chercheurs d’emploi. L’intérêt était palpable pour la vingtaine de personnes reçues ce jour-là.

«Nous cherchons des bras», annonce clairement Émile Foirest, président du Groupement d’employeurs de la Somme. Tellement de bras que l’association a mis en place le projet Agr’Innov emploi dans le territoire pilote de la Haute Somme. Après la constitution d’un réseau d’agriculteurs employeurs «ambassadeurs» et l’organisation d’un «rallye professionnel» qui a permis aux acteurs de l’emploi de se rendre chez ces ambassadeurs, l’heure est à l’entrée en contact avec les futurs salariés. 

«Le secteur agricole propose une diversité d’emplois beaucoup plus vaste que ce qu’on croit : conduite d’engin, vente de produits de la ferme, désherbage, fabrication, conditionnement, soin des animaux d’élevage…  Cet emploi peut être durable. Et en plus, il se trouve aux portes de votre village», présente Yves Monteillet, président d’Alter-media pro, un organisme de formation qui pilote le projet avec le GES. Sandrine Cardon, employée du GES et gestionnaire du planning des salariés, complétait avec son vécu : «Je ne suis pas issue du milieu agricole, et pourtant, j’y ai trouvé ma place. Ce qui me plaît, c’est que chaque jour est différent, car on me confie des missions variées dans des exploitations elles aussi variées.» Son expérience et son professionnalisme lui ont permis de gagner en autonomie et en responsabilités. Elle prévient cependant : «Il faut accepter des horaires particuliers, parfois tôt le matin et tard le soir, le week-end… On sait quand on commence, mais on ne sait pas quand on fini !» Yves Monteillet rassure néanmoins : «au GES, chaque heure est déclarée et rémunérée. Et puis vous bénéficierez d’un accompagnement approfondi.»

Ici, la démarche part de l’envie du chercheur d’emploi. «On ne vous enverra pas effectuer des tâches qui vous rebutent, car quand on est bien dans son boulot, on est bien dans sa tête, et on veut faire les choses bien», confie Eugénie Vasseur, directrice du GES, aux candidats. Le métier du GES est également de proposer des formations à ses recrues. Quant au problème de mobilité, «grâce au soutien du Conseil départemental et de la Région à travers ce projet pilote, nous avons les moyens d’y répondre, en favorisant l’accès vers un passage de permis de conduire, en organisant des navettes collectives ou en mettant à disposition un véhicule, par exemple», précise Émile Foirest. 

Le discours semblait faire mouche auprès des principaux concernés. Chacun a pu confier ses attentes lors d’entretiens individuels. «Je ne connais pas l’agriculture, et je suis épatée d’apprendre qu’il y a autant de choses à y faire,  acquiesce Gaëtane, mère de famille et titulaire du RSA, qui espère retrouver un travail rapidement. Quand vous avez parlé de conditionnement, ça a fait tilt. J’en ai fait auparavant et ça me plaisait. Je suis aussi une personne agréable, qui aime le contact et le travail en équipe. Pourquoi pas la vente à la ferme ?» «Moi je suis partant pour tout à part la conduite d’engin, confie son voisin de table. Je suis en contrat d’insertion dans les espaces verts depuis deux ans, et j’adore travailler au grand air. Le désherbage pourrait me convenir. Le travail physique ne me fait pas peur, j’ai d’ailleurs appris à gérer l’effort grâce à une formation de gestes et postures.» 

 

Anticipez les besoins en main-d’œuvre

Une deuxième journée similaire était organisée le 9 février à Rosières-en-Santerre. Parmi les 17 personnes présentes, 14 se sont dites intéressées. L’équipe d’Agr’Innov emploi s’est dite «surprise et heureuse de découvrir des profils de candidats si variés, qui semblent convenir à tous les types de besoins en main-d’œuvre du monde agricole». Prochaine étape : préparation des postes de travail, avec mises en conditions sur le terrain. Les plus motivés décrocheront un contrat de travail dès le mois de mai pour la saison des désherbage ou du cassage d’endives, par exemple, voire plus tôt pour certains postes, liés à l’élevage ou à la conduite d’engins. Ne reste qu’un élément de taille à relever : «les futurs employeurs doivent se positionner dès maintenant sur leurs besoins en main-d’œuvre pour cette saison. Nous ne voudrions pas former des personnes à des postes qui n’existeront pas». Pour les exploitants, le GES est une vraie opportunité : «Pour eux, c’est risque zéro, car l’employeur est le GES. Nous gérons les contraintes administratives et le risque qu’un salarié nie convienne pas.»

 

Les exploitants peuvent contacter le GES pour leur faire part de leur besoin de main-d’œuvre dès maintenant : 03 22 33 69 41 ; srgea80@gmail.com 

 

«La diversité du milieu agricole m’attire»

Marvin
Marvin a dix-neuf ans, un baccalauréat en poche, bientôt un permis de conduire, et surtout, une envie de travailler certaine. «J’étais dans la restauration, mais je ne m’épanouissais pas tellement. Surtout, avec la crise, je me suis retrouvé sans emploi», témoigne-t-il. Ce jeudi 4 février, la présentation du Groupement d’employeurs de la Somme l’a enchanté. «La diversité du milieu agricole m’attire ! J’ai besoin de faire des choses différentes pour ne pas m’ennuyer. J’ai découvert qu’un CDI n’était pas inaccessible, et ça, je n’y pensais même pas.» Marvin avoue «ne pas être très à l’aise avec les animaux», et ne préfère donc pas s’engager à travailler dans une exploitation d’élevage. En revanche, il est prêt à tester toutes les autres missions. Son rêve ? «Conduire un tracteur un jour», confie-t-il, les yeux brillants. En attendant, il participera volontiers au désherbage des légumes de plein champ, dès le mois de mai.

 

 

 

 

«Conduire est ma principale compétence»

Patrice
Ancien chauffeur routier, Patrice n’a pas touché le volant d’un poids lourd depuis 2009. «J’ai été licencié économique. On m’a fait comprendre que je devenais trop vieux, et qu’un jeune coûterait moins cher que moi.» L’homme a alors enchaîné les petits boulots, mais à plus de cinquante ans, l’âge est un frein à l’emploi. Conducteur chevronné, mais aussi touche à tout de la mécanique - «je suis titulaire d’un BEP mécanique, et j’ai toujours bricolé les voitures et engins» -, doté d’une expérience de conducteur d’arracheuse de petits pois, Patrice semble être une perle rare pour une entreprise de travaux agricoles. D’autant qu’il est disponible «dès à présent et le plus vite possible». 
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