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Agroforesterie : quatre parcelles samariennes en lice pour le CGA

Quatre parcelles agroforestières du département de la Somme concourent pour devenir l’un des lauréats de la catégorie «agroforesterie» du Concours général agricole 2021.

Depuis 2020, les pratiques agroforestières ont leur concours au salon de l’agriculture.
Depuis 2020, les pratiques agroforestières ont leur concours au salon de l’agriculture.
© D. R.



Croiser des alignements d’arbres dans la plaine n’est plus incongru, au point qu’un concours aussi prestigieux que le Concours général agricole (CGA) s’y intéresse et récompense les exploitations qui ont fait ce choix pour leur pertinence et leurs résultats. Depuis 2020, les pratiques agroforestières ont en effet leur concours au salon de l’agriculture. En 2021, bien que le Salon international de l’agriculture soit annulé pour des raisons sanitaires, le Concours général agricole (CGA) a bien lieu. En ce qui concerne la catégorie «agroforesterie», on enregistrait pour cette seconde édition quelque cinquante-huit agriculteurs et éleveurs, installés dans douze territoires.
Dans le département de la Somme, quatre candidats ont reçu la semaine dernière la visite d’un jury d’experts chargés d’évaluer leurs parcelles : l’EARL Entre deux près, à Domart-sur-la-Luce, Sylvain Deraeve à Bayonvillers, l’EARL Cavillon à La Houssoye et Jean-Claude Bouton à Hérissart. Tout au long de cette journée un brin pluvieuse du 19 novembre, les membres du jury ont visité les parcelles, puis interrogés leurs exploitants, grilles de notation en mains. S’agissant de l’un des derniers déplacements du jury, les dés sont désormais jetés. La remise de prix nationale est prévue fin février 2021.

L’agroforesterie, système d’excellence
Co-organisé par les Chambres d’agriculture France (APCA) et l’Afac-Agroforesteries, ce concours vise à mettre en lumière celles et ceux qui ont placé l’arbre au cœur de leurs pratiques agricoles. En diffusant et en popularisant les pratiques agroforestières au sein de la communauté agricole, le Concours général agricole des Pratiques agro-écologiques – agroforesterie fait de l’intégration de l’arbre et de la haie un critère d’excellence des agriculteurs, quel que soit le système de production considéré. Il distingue ainsi les agriculteurs ayant les meilleurs modes d’intégration de l’arbre dans la gestion globale de leur exploitation agricole, par l’évaluation de multiples critères : préservation de la biodiversité, effets sur la pollinisation, qualité de l’eau, paysage, contribution à l’autonomie, valorisation économique du bois, régulation du climat...

Des intérêts multiples
L’intérêt de l’agroforesterie sous toutes ses formes : les haies, prés-vergers, alignements d’arbres intra-parcellaires... est multiple pour les agriculteurs. Ce sont des pratiques de plus en plus attractives économiquement et écologiquement au service des rendements agricoles et d’apport de revenus complémentaires.  Qu’ils soient intégrés en périphérie de la parcelle, intercalés avec les cultures, ou encore, plantés à l’échelle d’un bassin versant, les arbres, associés aux cultures agricoles ou à l’élevage, offrent de nombreux avantages économiques et environnementaux : production de bois, de fruits ou de fourrage, lutte contre l’érosion des sols, atténuation du changement climatique et de ses impacts grâce au stockage du carbone, augmentation du confort des animaux d’élevage et des agriculteurs, abris pour les animaux et préservation de la biodiversité, préservation des paysages, régulation du cycle et de la qualité de l’eau...
Outre les bienfaits agronomiques et environnementaux, l’agroforesterie peut aussi offrir un complément de revenu direct pour les paysans. Les arbres constituent un excellent capital sur pied, qui donne de la valeur à l’exploitation : ils fournissent une biomasse que l’agriculteur peut valoriser. De nouvelles filières et emplois se développent ainsi à l’échelle locale, tels que la filière bois-énergie, pour laquelle les agriculteurs ont un rôle à jouer en fournissant du bois d’origine locale issu des arbres qu’ils entretiennent sur leur exploitation. «En permettant d’améliorer et de diversifier la production agricole, tout en contribuant activement à la restauration des écosystèmes et des paysages, l’agroforesterie est un des leviers à la disposition des agriculteurs pour parvenir à la triple performance économique, sociale et environnementale», rappellent enfin les organisateurs du concours.


Quand l’agroforesterie devient un objet de mécénat d’entreprise

Développer sur sa ferme un projet d’agroforesterie et obtenir un financement dédié par une entreprise dans le cadre d’une opération de mécénat, c’est ce que propose l’Association française d’agroforesterie en lançant «AF.TER». AF.TER, c’est «un fonds de financement de fonds de financement pour soutenir les agriculteurs en transition», expliquait l’association lors du lancement de cette initiative, le 16 novembre. À travers le site internet, www.after.agroforesterie.fr, les entreprises qui le souhaitent peuvent, dès à présent, engager des actions de mécénat, en choisissant un ou plusieurs projet(s) à accompagner. Objectif 2021 : «1 jour, 1 agriculteur, 1 territoire», soit 365 projets sur un an.  Pour chaque projet soutenu, 70 % de la contribution seront dédiés à la plantation des arbres et 30 % seront consacrés à des actions de sensibilisation auprès du grand public. Au-delà du financement alloué au chantier de plantation, les contributions permettront d’accompagner chaque agriculteur (soutien technique, formation, conseils) pendant trois ans. Du côté des entreprises, AF.TER permettra à chaque mécène de : soutenir l’agriculture durable en maintenant ou accélérant le développement d’une production agricole française de qualité dans un contexte de changement climatique ; être acteur du changement en participant à la conservation des ressources naturelles et à la régénération des sols agricoles, grâce à des pratiques agro-écologiques innovantes ; s’engager localement en améliorant la résilience économique et énergétique des fermes de chaque territoire ; mesurer et valoriser son impact à travers un suivi d’indicateurs sur trois ans, des visites sur place et une mobilisation régulière des collaborateurs.

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