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Améliorer l’efficience de l’eau dans les systèmes agricoles

Les longues périodes de sécheresse mettent les agriculteurs face à la nécessité d’irriguer. Rappelons que l’enjeu de l’irrigation n’est pas d’augmenter la production, mais bien de la sauvegarder. Point sur les systèmes d’irrigation efficients en eau.

Irrigation avec système de goutte-à-goutte installé en fond de buttes, à Estrées-Mons.
Irrigation avec système de goutte-à-goutte installé en fond de buttes, à Estrées-Mons.
© D. R.

Pour répondre aux attentes des agriculteurs, différents systèmes d’irrigation existent. Ils se classent en deux catégories, l’irrigation par aspersion ou par micro-irrigation. Leurs avantages et inconvénients sont encore mal connus des agriculteurs. Quoi de mieux qu’un essai grandeur nature pour les tester et en tirer tous les bénéfices pour les agriculteurs ! C’est aussi ça le rôle de votre chambre d’agriculture.

 

Différents systèmes/matériels

Enrouleur + canon ⇒ Il s’agit encore du principal outil utilisé pour l’irrigation dans notre département du fait de sa simplicité d’utilisation (rapide à mettre en place, tous types de parcelles…) et de son large spectre d’actions (possible sur de nombreuses cultures).

Toutefois, il est soumis à de nombreuses contraintes, comme le vent ! Il peut, en effet, entraîner une forte hétérogénéité de l’apport. Le jet du canon, par son impact sur le sol ou le feuillage, peut se révéler non adapté à certaines «cultures feuilles» ou à l’irrigation de semis. Il peut également engendrer des phénomènes de croûte de battance.

Enrouleur + rampe traînée ⇒ Cet outil est en plein développement car il permet de faire un apport plus homogène (moins de sensibilité au vent) et plus souple (diminution du stress pour les cultures). Il est économe en énergie car il demande une pression plus faible pour fonctionner.

La rampe nécessite toutefois des parcelles de formes «régulières» sans obstacle (poteaux électriques notamment) et un temps de mise en place plus important. Enfin, son prix reste un frein, compter 30 000 € pour une rampe de bonne qualité.

Le système de rampe portée sur l’enrouleur apparait comme un bon compromis entre le canon et la rampe traînée.

Les travaux de recherche et d’expérimentation sur ces systèmes améliorent leur efficience. Des innovations font leur entrée type brise-jet (pour créer un brouillard) ou le rain dancer, le canon connecté avec angle modifiable pour arroser correctement les pointes de parcelles.

 

Systèmes de micro-irrigation : goutte-à-goutte

Principe : fragmenter l’apport quotidiennement afin d’apporter la dose optimale chaque jour au plus près de la plante. On peut s’attendre à une amélioration de l’efficience de l’irrigation (concentration de l’apport dans la zone racinaire, diminution des pertes par évaporation et ruissellement).

Même si ce matériel reste principalement utilisé en maraîchage et en arboriculture, il existe maintenant une large gamme de tuyaux utilisables en grandes cultures. 

Les tuyaux les plus évolués intègrent plusieurs technologies avancées telles que des goutteurs auto-régulants, des systèmes de résistance au colmatage ou encore pourvu d’un mécanisme d’auto-nettoyage. 

 

L’efficience de l’irrigation à l’étude 

Parmi les caractéristiques de chaque système, une en particulier est encore peu connue : l’efficience de l’irrigation. Il est pourtant essentiel de connaître ce paramètre dans un contexte d’investissement et d’optimisation de l’irrigation. Pour apporter des réponses à cette question, la Chambre d’agriculture de la Somme a mis en place un essai comparatif sur sa plateforme d’expérimentation située à Estrées-Mons. L’objectif est de comparer les performances des différents systèmes en mesurant, sur une culture de pomme de terre, le rendement obtenu en fonction de la dose d’irrigation apportée. 

Les différents systèmes ont été installés sur la même parcelle en la divisant en plusieurs zones : une passe de canon, une passe de rampe sur enrouleur et une zone de micro-irrigation. Dans le cas particulier de la pomme de terre, il n’y a pour l’instant pas de consensus sur la manière optimale d’installer un réseau de goutte-à-goutte. Plusieurs schémas d’installation sont à l’essai sur la plateforme : le positionnement des tuyaux est réalisé en fond de butte, en haut de butte ou sur faux billon. 

Pour chaque modalité, la stratégie d’irrigation est définie en suivant un bilan hydrique qui permet d’estimer le taux d’humidité du sol à partir des données culturales et météorologiques. D’autres moyens de suivi tels que les sondes capacitives et les prélèvements de sol sont employés en complément. Un point d’attention particulier est également porté sur la qualité de la répartition de l’apport hydrique, en particulier avec les systèmes en aspersion. Des mesures spécifiques sont réalisées pour quantifier le niveau d’homogénéité de chaque passe d’irrigation. 

 

 

Robot Osiris

Pour aller plus loin vers l’automatisation de l’irrigation, la robotique est un domaine encore peu exploré. Précurseur, la start-up locale Osiris Agriculture a présenté l’année dernière un prototype de robot d’irrigation ultra-localisée. Ce robot a la capacité de se déplacer de manière autonome dans la parcelle et d’apporter de l’eau à l’aide d’une rampe d’irrigation. Deux exemplaires sont en cours de fabrication en pré-série et devraient être positionnés en essai au cours de la saison d’irrigation.
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