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Aménager le parcellaire pour faciliter le pâturage

Quand il est possible, le pâturage est une ressource alimentaire importante en élevage laitier qui contribue aussi au bien-être des animaux. 

La gestion du pâturage permet de gagner en autonomie pour l’alimentation  du troupeau. Quelques aménagements peuvent s’avérer utile pour la rendre encore plus pertinente.
La gestion du pâturage permet de gagner en autonomie pour l’alimentation du troupeau. Quelques aménagements peuvent s’avérer utile pour la rendre encore plus pertinente.
© © Pixabay

Dans le contexte actuel de hausse du coût des intrants et des aliments, il mérite d’être bien réfléchi et optimisé. Mettre en place des aménagements fonctionnels permet en plus de travailler dans des conditions agréables et de gagner du temps, sans oublier que de mauvaises conditions de pâturage peuvent impacter négativement la production. Quatre éléments sont à prendre en compte : la facilité d’accès aux paddocks, l’abreuvement des animaux, la qualité et l’entretien des clôtures et enfin la mise à disposition de points d’ombre pour lutter contre le stress thermique.

 

Des accès stables, propres,durables et non blessants

Les matériaux et largeurs retenus seront fonction de l’usage réservé au chemin comme l’indique le tableau ci-dessous. Il s’agit de veiller à la portance et à l’évacuation de l’eau afin d’assurer la durabilité du réseau. L’aménagement des chemins doit permettre d’allonger au maximum le temps de pâturage dans toutes les conditions en conservant des mamelles propres et des animaux sains et en facilitant le travail de l’éleveur.

Différents matériaux sont utilisables. Il convient néanmoins d’éviter les remblais de démolition susceptibles de provoquer des blessures aux pattes et la craie qui ne tient pas au sol. Il est possible d’utiliser du remblai grossier en fondation et de prévoir au-dessus une finition fine. Les bâches tissées peuvent également être utilisées en sous-couche ; elles sont à éviter seules car elles s’abîment vite. Les matériaux les plus durables sont le béton et les éco dalles mais ils sont également les plus chers. L’épaisseur du chemin dépendra des usages (passage d’engins, fréquence d’utilisation, matériaux choisis), de 40/50 cm à 8/10 cm.

 

De l’eau à volonté

Apporter de l’eau à la tonne à eau représente en moyenne sur une saison, pour un troupeau de 35 VL pâturant 240 jours, 80 h de travail et 135 km en tracteur, sans compter l’astreinte journalière que cela représente. L’aménagement d’un point d’eau par parcelle vaut donc le coup !  

Quelques règles de positionnement et de débit sont néanmoins à respecter afin de bien couvrir les besoins des animaux. Pour mémoire, une vache laitière boit entre 60 et 100 l d’eau par jour en fonction des conditions climatiques. S’il fait très chaud, il faut veiller à proposer une eau à moins de 25°C, d’où l’intérêt d’être branché sur le réseau plutôt que de s’approvisionner avec une tonne à eau.

Le point d’eau doit être éloigné de l’entrée afin d’éviter les embouteillages et la création d’un bourbier. Les animaux ne doivent jamais avoir plus de 200 m à parcourir pour y accéder, sous peine que les vaches dominées ne s’abreuvent pas. Dans l’idéal, l’espace d’abreuvement devrait être stabilisé (béton ou éco dalle) afin que les animaux restent relativement propres en conditions de pâturage «extrêmes».

On préconise une réserve de 10 à 15 l d’eau par vache, ce qui permet d’évaluer le volume minimum de l’abreuvoir nécessaire (pour 50 VL, il faut un abreuvoir d’une contenance minimum de 750 l) à condition de disposer d’un débit suffisant (minimum 7 l par minute). Attention, plus la tuyauterie est longue et plus il y a des pertes de pression sur le trajet - viser trois à cinq bars en bout de réseau. Il est malin de positionner des vannes à plusieurs endroits afin de faciliter la vidange et le nettoyage ; ce type de dispositif est important si les abreuvoirs sont installés en continu.

La qualité de l’eau est bien entendu essentielle. Les mares et les cours d’eau sont déconseillés (parasitisme).  Si l’eau provient d’un puits, elle doit être régulièrement analysée.

Enfin, il faut éviter les pompes à museau, surtout si le troupeau est important car les vaches dominantes vont boire en premier et si cela prend trop de temps, les dominées repartiront sans avoir bu. Il est nécessaire de maintenir les abreuvoirs propres en les vidant régulièrement, mais aussi en les nettoyant à haute pression.

 

Des clôtures bien pensées

Le préalable à l’installation des clôtures est bien entendu la définition de son parcellaire : calculer la surface des paddocks et le nombre moyen de jours de séjour dans chacun d’entre eux ainsi que le temps de retour sur le paddock.

L’installation temporaire de clôtures électriques permet de tester l’aménagement retenu et pourra ensuite se transformer en clôtures définitives.

On installe en premier lieu l’encadrement principal (tout ce qui donne sur l’extérieur) en «dur» avec une clôture permanente faite avec des piquets en bois ou en béton. Il est intéressant de la doubler à l’intérieur avec une clôture électrique afin de faciliter le raccordement de l’inter-parcellaire.

Le réseau secondaire est ensuite mis en place à l’aide de piquets en fibre de verre ou de petits en bois avec du fil alu conducteur de courant. Pour les bovins, le premier fil doit être positionné à 80 cm du sol et le second à 125 cm. S’il y a des veaux (allaitantes), compter 65 et 125 cm.

La conduite au fil se fait, quant à elle, à l’aide de piquets en fibre de verre et de cordelette.

Il convient de veiller à la bonne électrification de la clôture à 3 000 volts en tout point. Attention, pour les électrificateurs sur secteur, il convient de bien calculer la longueur de fil par rapport à la puissance de l’appareil. Ne pas oublier de prévoir des passages d’homme et des interrupteurs par secteur de parcelles qui faciliteront les interventions sur le parcellaire et limiteront les pertes.

La conduite en clôtures électriques permet également le démontage pour faciliter les différents travaux (épandage, récolte…) sur un parcellaire plus important.

 

Lutter contre le stress thermique

Il est également possible d’aménager son parcellaire à l’aide de haies hautes qui protégeront les animaux du vent, des conditions météos limites en début ou en fin de saison et réduiront l’impact des fortes chaleurs en proposant des zones d’ombre pour les animaux. Celles-ci serviront de ventilation naturelle.

Le THI est un indicateur qui permet d’évaluer le stress thermique des animaux en prenant en compte à la fois la température et l’humidité. Ce THI peut devenir critique même avec une température raisonnable (23,5°C) si le taux d’humidité est élevé (60 %). Cet indicateur est à surveiller car après une période de stress thermique, les animaux mettent du temps à récupérer, ce qui peut induire une baisse de l’ingestion et donc une baisse de la production de lait.

 

Un investissement rentable

Ces différentes installations ont bien entendu un coût. Avant la période particulière de prix instables que nous vivons, il fallait compter entre 1 000 et 1 500 € par ha, en fonction de votre projet, pour aménager chemins, réseau d’eau et clôtures ; dépense à amortir sur dix ans et subventionnable tout ou partie au travers des PCAE (sous condition – contactez-nous afin d’en discuter). 

Au moment où nous vivons chaque année un peu plus l’impact du changement climatique, s’équiper pour pâturer plus longtemps et en toute tranquillité d’esprit semble être un bon calcul, d’autant plus que, malgré la contrainte de l’entretien des clôtures et paddocks, le pâturage est plus économe que la mécanisation.

Les abreuvoirs donnent l’alerte

• Bacs qui verdissent, dépôt dans le fond et sur les parois = manque d’entretien
• Animaux qui hésitent à s’abreuver = problème de qualité ou de courant parasite
• Abreuvoirs souvent souillés par les déjections = problèmes de positionnement
• Temps d’attente trop important à l’abreuvoir = problèmes de débit d’arrivée d’eau et de volume de réserve
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