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Anticiper l'ensilage d'herbe pour garantir la qualité de récolt

En l’espace de deux à quatre jours se joue une part significative de l’alimentation annuelle d’un troupeau. Une récolte d’herbe de qualité sera synonyme de productivité et/ou d’économie de concentrés.

Après un début d’année très doux et favorable à une reprise de végétation, le froid est revenu à la mi-janvier sur la majorité du territoire. Outre le ralentissement de la pousse d’herbe, il a permis de revenir sur des normales saisonnières. À fin février, les stocks d’herbe sur pied sont en général acceptables. Les précipitations limitées du mois de février ont permis un déprimage sur les parcelles accessibles afin de valoriser ce stock et permettre une bonne reprise de végétation.

 

2023 proche des normales saisonnières

Pour les parcelles non pâturables ou réservées à la fauche au 1er cycle, l’avancée des stades est très proche des dernières années. Le retour des pluies sur le mois de mars, l’allongement de la durée du jour et les températures dans les normales saisonnières sont favorables au développement. La température des semaines à venir sera déterminante sur le rythme de développement des prairies. Selon le stade de récolte visé et le secteur géographique, les ensilages devraient s’étaler de début avril pour les RGH et RGI du sud de la France à la fin mai pour les RGA les moins précoces en fauche tardive. Entre une récolte précoce et tardive, le différentiel de rendement sera d’environ 1,5 à 2 t MS/ha. Ce choix impactera fortement la valeur alimentaire et la capacité à faire une deuxième, voire une troisième coupe selon le secteur et l’arrivée des pics de chaleur et de manque d’eau.

 

L’épiaison, stade charnière pour la valeur alimentaire

Le début de l’épiaison est un stade charnière pour la valeur alimentaire de l’herbe. Au printemps, une prairie peut cumuler plus de 60 kg MS/ha chaque jour. Face à ce cumul de biomasse, la valeur alimentaire diminue progressivement, puis nettement à partir du début de l’épiaison. Ainsi, selon les besoins des animaux qui consommeront le fourrage, il est important de déclencher la récolte au meilleur compromis entre rendement et valeur alimentaire. 

Pour des animaux à forts besoins (vaches laitières, jeunes bovins à l’engraissement), on visera une récolte avant le début d’épiaison des graminées. Pour des animaux aux besoins plus modérés (génisses de renouvellement, vaches allaitantes gestantes), il est possible de profiter davantage de la forte croissance des prairies sur cette période, quitte à perdre en valeur alimentaire.

 

Anticiper le chantier, le stockage et l’usage

L’anticipation d’une récolte d’herbe, tant sur la date que sur les moyens, est fondamentale. Il est important de prévoir les quantités potentiellement récoltées afin d’anticiper la place nécessaire pour le stockage. Selon les quantités distribuées à chaque période, le ou les silos doivent être confectionnés pour respecter un avancement minimum de 10 cm par jour (voire 20 cm/j en été). Selon la marge de sécurité en stock fourrager en sortie d’hiver, il faudra trouver le bon compromis entre valeur alimentaire et rendement. Cet objectif de récolte sera adapté au contexte météo de la période : on visera un créneau de 48 à 72 h sans pluie. Une évapotranspiration (ETP) de 5 à 6 mm sur la durée du préfanage devrait suffire pour passer le seuil des 30 % de MS. On visera une teneur en MS de 35 % sur graminées et 40 % sur légumineuses pour une récolte en ensilage. 

Afin de faciliter le séchage, une fauche entre 7 et 8 cm de haut favorisera l’aération sous l’andain et limitera la reprise d’humidité par le contact avec le sol. La présence d’un conditionneur sur la faucheuse améliora aussi la vitesse de séchage. Attention toutefois à limiter l’agressivité du conditionneur à fléaux en cas de fort taux de légumineuses dans la prairie afin de réduire au maximum les pertes de feuilles.

Enfin, dans le cas d’un fourrage humide ou avec une part importante de légumineuses, l’incorporation d’un conservateur peut être pertinent. Celui-ci peut aider à une stabilisation plus rapide du silo et limiter les phénomènes de protéolyse.

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