Aller au contenu principal

Apiculteurs et agriculteurs, concurrents ou collaborateurs ?

Depuis l’histoire de l’agriculture, les abeilles butinent dans les parcelles exploitées. Elles y trouvent de quoi se nourrir, et permettent, en retour, l’indispensable pollinisation. Pourtant, en pleine écriture du Plan pollinisateur, agriculteurs et apiculteurs sont de plus en plus opposés. 

Le Plan pollinisateur est source de mécontentements des deux parties.  Les arboriculteurs craignent notamment le classement des inter-rangs  des vergers en «zone de butinage» qui ne permettrait plus la protection du verger pendant le cycle de culture. 
Le Plan pollinisateur est source de mécontentements des deux parties. Les arboriculteurs craignent notamment le classement des inter-rangs des vergers en «zone de butinage» qui ne permettrait plus la protection du verger pendant le cycle de culture.
© Pixabay

Que serait l’agriculture sans les abeilles ? Les pollinisateurs assurent la reproduction des plantes à fleurs. Ils contribuent même à l’augmentation des rendements de nombreuses cultures, comme celle du colza, du tournesol, et des arbres fruitiers… Mais la question peut être retournée : que deviendraient les abeilles sans l’agriculture ? Les espèces cultivées sont source de nectar (glucides) et de pollen (protéines), nécessaires au développement de leurs colonies et à la production de miel.

Cette réciprocité est néanmoins confrontée au manque de dialogue entre les deux professions. La tumultueuse écriture du Plan pollinisateur en atteste. Attendu depuis décembre 2020, l’arrêté abeille révisé a enfin été envoyé aux acteurs concernés le 7 juin. Parmi les mesures, l’interdiction d’épandage des insecticides sur les cultures mellifères en fleur est étendue à l’ensemble des traitements pesticides. Les produits ayant démontré leur innocuité sur les pollinisateurs pourront cependant être pulvérisés deux heures avant et trois heures après le coucher du soleil.

Chacune des deux parties fait déjà part de ses mécontentements. De leur côté, les représentants des apiculteurs estiment que les documents «montrent un manque de volonté de la part du gouvernement pour protéger les pollinisateurs». Par exemple, ils regrettent que sur la question des horaires de traitement, le texte s’écarte des préconisations de l’Anses. «Quand on voit qu’on est en repli par rapport aux positions de l’Anses, on se dit que la ministre de l’Écologie n’a pas gagné grand-chose», soupire François Veillerette, porte-parole de l’association Générations futures. «Nous avons des grosses interrogations sur le financement», ajoute Éric Lelong, président de l’interprofession Interapi. Pour mettre en œuvre le plan, le gouvernement indique que les fonds européens pourraient s’élever à 13 M€ dans la nouvelle programmation, sous réserve de trouver 6,5 ME de co-financement français. Pour l’heure, le secteur apicole ne sait pas quelle part de cette somme sera à sa charge.

Le plan apicole pourrait même renforcer les contraintes imposées aux apiculteurs, en leur imposant des visites vétérinaires annuelles, en détaillant un nouveau cadre sur le bien-être animal dans les ruches ou en restreignant le nombre de ruches pouvant être installées dans certains milieux naturels protégés. «On nous prend pour des imbéciles. Le problème n’est évidemment pas qu’il y a trop d’abeilles, mais qu’il n’y a plus de ressources mellifères», s’agace Éric Lelong chez Interapi.

 

Des zones de butinage «irréalistes»

De leur côté, les agriculteurs se plaignent aussi de certaines contraintes. Par exemple, les pomiculteurs se disent furieux contre la notion de «zone de butinage». Les arboriculteurs de l’Association nationale pommes-poires (ANPP) font part, dans un communiqué du 10 juin, de leur crainte d’une «condamnation pure et simple du verger français et de la filière pommes-poires». En cause : l’inscription d’une notion «irréaliste» de «zone de butinage». L’arrêté impose que l’usage de phytos dotés de la mention abeille et des horaires contraints pour les épandages en période de floraison s’applique non seulement aux cultures, mais aussi à des «zones de butinage». Les arboriculteurs craignent que ces zones intègrent leurs inter-rangs, où sont parfois implantées des bandes enherbées. «Les intégrer dans l’arrêté abeilles rend toute protection du verger impossible pendant le cycle de culture», assure l’ANPP, qui demande «la suppression immédiate de la mention de zone de butinage avant publication du texte».

Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout {nom-site}.

Les plus lus

mouflon en baie de Somme
Trop de mouflons et de sangliers en baie de Somme, une battue organisée

Face à la progression des dégâts agricoles et aux déséquilibres écologiques sur le littoral samarien, l’État et les acteurs…

Terres et Eaux en procédure de sauvegarde chasse pêche outdoor
Terres et Eaux, l’enseigne emblématique de l’équipement outdoor, dans les ronces

Le Tribunal de commerce de Lille-métropole a ouvert le 19 janvier 2026 une procédure de sauvegarde à l’encontre de…

Prix 2026 : la douche froide pour les producteurs de Vecquemont

L’industriel Roquette a précisé le prix de base des pommes de terre fécule pour 2026. Comme attendu, car annoncé lors de l’…

Rencontres, dégustations et animations : le stand de la Somme attire petits  et grands au Sia.
La Somme à l’honneur au Salon international de l’agriculture 2026

Pour la 3e année consécutive, la Chambre d’agriculture de la Somme, en partenariat avec le Conseil départemental,…

Rima Hassan insulte Laurent Duplomb
PPL Duplomb : une députée LFI préfère l’insulte au débat

La proposition de loi du sénateur Laurent Duplomb sur la réautorisation de certains produits phytosanitaires ravive un débat…

Olivier Parcy : «Nous ne sommes pas récompensés financièrement des services que rend l’élevage à l’environnement. Pourtant, les prairies humides sont des puits de carbone.»
Olivier Parcy et ses charolaises portent la vallée de la Somme au sommet

En moyenne vallée de la Somme, une prairie fauchée des marais de Fontaine-sur-Somme a interpellé le jury départemental des…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 1 € par semaine
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Action Agricole Picarde
Consultez les versions numériques de l'Action Agricole Picarde et du site, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters de l'Action Agricole Picarde