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Céréales
Après les inondations, raisonner le retournement de céréales et leur remplacement

La campagne 2023-2024 est marquée par des cumuls de pluies extrêmes depuis la mi-octobre : on est largement au-dessus de la médiane pluriannuelle sur une grande majorité des Hauts-de-France et on a dépassé les records dans certains secteurs (jusqu’à près de 900 mm sur certaines zones du Pas-de-Calais).

Lorsque l’eau a stagné plusieurs jours, toutes les plantes ont parfois disparu.
Lorsque l’eau a stagné plusieurs jours, toutes les plantes ont parfois disparu.
© D. R.

Ces excès d’eau ont fortement affecté les levées et les implantations des blés, surtout pour les semis de novembre : on a pu constater des pourrissements de germes, des manques de plantes… En parallèle, les cumuls de températures sont élevés : à l’exception de la semaine de gel de janvier, les températures automnales et hivernales ont été douces permettant aux plantes de lever et de taller rapidement si l’excès d’eau n’est pas trop pénalisant. Ainsi, on va observer de grandes hétérogénéités entre parcelles, voire à l’intérieur des parcelles.

 

Arbitrer le seuil de retournement

Dans les zones où l’excès d’eau s’est maintenu plusieurs jours ou semaines (mouillères, bords de parcelles), il est probable que l’ensemble des plantes ait disparu. Dans ce cas, la zone sera à ressemer soit avec une variété respectant le seuil d’alternativité soit avec une culture adaptée.

Dans les parcelles affectées par un engorgement en eau durable et/ou l’apparition d’une croûte de battance, le taux de levées peut être fortement abaissé. Dans ce cas, un comptage est nécessaire.

On considère que, en sols profonds, 80 à 100 plantes/m2 bien réparties sont nécessaires pour garder la culture en place. Ce seuil de maintien tient compte des capacités de rattrapage des plantes (reprise du tallage, système racinaire en place et fonctionnel), mais aussi du surcoût engendré par le remplacement de la culture, ça n’assure évidemment pas l’atteinte d’un rendement maximum. Ce seuil est cependant à moduler en fonction du contexte de chaque parcelle :

Si la structure du sol a été dégradée lors de l’implantation, les capacités de rattrapage seront limitées.

Si la parcelle est très enherbée et non désherbée, la nuisibilité directe et indirecte sera telle que le remplacement de la culture est à envisager (ou sa valorisation en fourrage ou méthanisation avant épiaison des ray-grass).

Si la culture est conservée, le désherbage doit être réfléchi : une parcelle clairsemée risque de se salir rapidement, mais appliquer un herbicide sur des plantes fragiles et dans des conditions encore froides peut accentuer les dégâts. Le choix du produit et des conditions d’application sont donc primordiaux. Il est important de ne pas stresser davantage les plantes en appliquant une spécialité provoquant une phytotoxicité.

 

Quelle culture de remplacement choisir ?

Si après dénombrement et analyse de la situation, il nécessaire de retourner la culture de céréale en place, tous les choix ne sont malheureusement pas à votre portée pour la culture de remplacement. En effet, pour réimplanter une culture de printemps, la persistance des herbicides utilisées à l’automne est à considérer afin d’éviter tout effet de phytotoxicité résiduel. En cas de mélange, le produit le plus restrictif déterminera le niveau de risque global du mélange (ou du programme), même si des nuances existent. Dans certains cas, un travail du sol spécifique peut apporter de la souplesse dans le choix.

Liste des cultures de remplacement possibles après une céréale d’hiver désherbée à l’automne.
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