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Syndicalisme
Après leur rendez-vous avec Lecornu, FNSEA et JA maintiennent la pression

Une délégation de la FNSEA conduite par son président, Arnaud Rousseau, a été reçue le 19 décembre par le Premier ministre, Sébastien Lecornu, à Matignon. La colère ne retombe pas.

rencontre entre Sébastien Lecornu et les organisations syndicales agricoles
© FNSEA

« Le Premier ministre s'est engagé, d'ici ce soir, à nous fournir un courrier avec l'ensemble des intentions de Matignon », a déclaré Arnaud Rousseau, président de la FNSEA à sa sortie d’un rendez-vous avec le chef du gouvernement à Matignon. Ce dernier était entouré de la ministre de l’Agriculture Annie Genevard et du ministre du Commerce extérieur, Nicolas Forissier. 

Arnaud Rousseau était notamment accompagné par le secrétaire général, Hervé Lapie, le président de la Fédération nationale des producteurs de lait (FNPL) Yohann Barbe, celui de la Fédération nationale bovine (FNB), Patrick Bénézit et par le président de l’Association générale des producteurs de blé, Éric Thirouin. 

Une délégation de jeunes Agriculteurs (JA) conduite par son président, Pierrick Horel et le secrétaire général, Quentin Le Guillous, avait été reçue peu auparavant. 

Les responsables agricoles ont fait part à Sébastien Lecornu du malaise chronique dont souffre la profession depuis des années et des non-réponses concrètes des différents gouvernements qui se sont succédés. « C’est le sixième gouvernement que je vois depuis ma nomination il y a deux ans et demi. J’ai besoin de preuves concrètes, tangibles », a affirmé Arnaud Rousseau sur le perron de Matignon. Il était venu « avec la ferme intention d’obtenir un certain nombre de décisions claires ». 

« Réalités du terrain »

La FNSEA a demandé un courrier écrit qui détaille ce que le gouvernement entend mettre en œuvre pour sortir le secteur des nombreuses crises qu’il traverse (Inflation post-Covid, conséquences de la guerre en Ukraine, crises sanitaires, crises économiques, surtranspositions, baisse de revenus, etc.). L’objectif de cette lettre est de « confronter la parole publique » aujourd’hui très décriée « aux réalités du terrain », ont fait connaître les responsables syndicaux. Les attentes sont importantes dans la profession, car depuis 2017 et son discours de Rungis, le président de la République n’a pas donné de vision politique et économique très claire sur l’agriculture. 

Le Premier ministre qui s’est rendu discrètement le 18 décembre à Pamiers (Ariège) pour rencontrer les deux frères dont le troupeau de plus de 200 vaches a été abattu à Bordes-sur-Arize, a donné rendez-vous à la FNSEA et à JA en début d’année prochaine pour travailler sur la vision de l’agriculture française, très certainement aux environs du 8 janvier. 

« Nous voulons continuer à produire pour nourrir les Français et nous avons besoin d’un cap et d’engagements clairs », a martelé Arnaud Rousseau. L’objectif est d’obtenir des « réponses d'ici le Salon de l'agriculture » sur de nombreux dossiers encore en suspens : la crise viticole, l’accès aux moyens de production que sont en particulier l’eau et les produits phytosanitaires, ainsi que les fertilisants dont le coût va irrémédiablement croître dès le 1er janvier avec l’instauration des mesures d’ajustement carbone aux frontières.

De son côté, le gouvernement a fait savoir par l’entremise de sa porte-parole Maud Brégeon qu’il ne tolérera plus de nouveaux blocages à l’approche des fêtes de Noël. Invité de France Info avant son rendez-vous à Matignon, Arnaud Rousseau a indiqué qu’il espérait aussi une « trêve » de Noël, à la condition que le rendez-vous avec le chef du Gouvernement porte ses fruits. 

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