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Textile
Arnaud Van Robaeys, la fibre linière traduite au Grenier du lin

Héritier d'une dynastie du lin, Arnaud Van Robaeys s'est associé à son épouse Valérie pour développer le Grenier du lin en 2018. Rencontre avec un entrepreneur passionné et un amoureux des belles matières. 

«Je suis un affranchi du lin.» C’est l’une des nombreuses punchlines qu’affectionne Arnaud Van Robaeys. Une manière de capter l’attention de son interlocuteur et, pourquoi pas, de transmettre sa passion pour cette plante herbacée. Chez les Van Robaeys, le lin est une histoire de famille. Les fameux camions rouges Van Robaeys Frères filent à travers la plaine depuis des lustres, de la Seine-Maritime à la Flandre maritime, en passant par le Nord, le Pas-de-Calais et la Somme. «C’est comme cela que j’ai connu ma femme. Ses parents étaient agriculteurs. Je venais faire la récolte, vers l’âge de vingt ans, et j’expliquais à l’agricultrice comment ça fonctionnait… Et voilà, nous nous sommes mariés…», révèle Arnaud Van Robaeys. Invariablement, la récolte repartait ensuite dans le Nord. Le teillage, ou préparation du lin, se fait à Killem depuis 1917. Ainsi allait la vie dans la grande famille des liniculteurs. Arnaud a quitté l’entreprise familiale en 2018, soit plus de cent ans après la création de Van Robaeys Frères par Camille, son grand-père, et les frères de ce dernier.

Nous avons beaucoup de débouchés en Asie : Thaïlande, Vietnam, Inde et Chine.

Avec le Grenier du Lin, à Hondschoote (59), il a franchi le pas d’un entrepreneuriat vertueux et durable dans le textile avec son épouse Valérie, qui a créé la marque et le concept-store en 2004. Aujourd’hui, la marque Grenier du Lin, ce sont plusieurs magasins : Hondschoote, La Panne, et un troisième sur internet.

Le lin, plante de terroir en évolution 
«80 % du lin mondial pousse entre la Bretagne et les Pays-Bas. Question de climat, avec le Gulf Stream, d’hommes et de terroirs», souligne Arnaud Van Robaeys. Le cycle du lin dure cent jours, soit «moitié moins que le blé». «On est censés planter le lin au mois de mars. Si l’on a de mauvaises gelées en avril, tout le lin peut disparaître !», rappelle-t-il. D’un autre côté, le pire aujourd’hui, c’est la sécheresse du printemps. Le bon rouissage du lin, dépendant de la pluie d’été, déterminera également la finesse du textile. S’il est un peu plus raide, on recouvrira les fauteuils avec. On fait également du lin d’hiver, qui sera arraché au mois de mai, et craindra moins la chaleur. «On parie aujourd’hui sur des hivers où il ne gèlera plus», ajoute-t-il. «Nous sommes tributaires de la météo, y compris dans la vente — son métier aujourd’hui. Les meilleures journées de vente, c’est quand il fait canicule», admet le marchand de lin. Il fait le parallèle avec les destinations où la matière est prisée : «On vend du lin là où il fait chaud. Aujourd’hui, nous avons beaucoup de débouchés en Asie : Thaïlande, Vietnam, Inde et Chine», informe-t-il. La chemise en lin a un avenir radieux là-bas depuis les années 1990.

Un lieu de confection et de vente 
«Le Grenier du Lin est à la fois un lieu de vente et un lieu de confection. Nous sommes six employés, dont ma femme, ma couturière-vendeuse et moi. On habille à la fois les hommes et les habitations : rideaux, nappes, chemins de table, etc. On peut aussi habiller le box d’un cheval, les jardins… Le lin sous toutes ses formes !», détaille Arnaud Van Robaeys. Le magasin des Flandres, rempli de robes, chemises, t-shirts, housses de couette, taies d’oreillers, draps plats et autres bouillottes pour les nuits froides, regorge de couleurs et incite à toucher la matière, à explorer les créations. La grange, âgée de deux-cents ans, met en valeur le produit du terroir : des lins stonewashed. Le lin a été «assoupli de manière à ce que vous dormiez dedans comme un bébé !» Autre avatar du lin, issu de la graine et non de la tige : le savon, fabriqué à Coxyde (Belgique), est le prétexte à une gamme de soins pour le corps. Des produits à découvrir à Campigneulles-les-Petites (62), à Terre en Folie, les 23 et 24 août, lors d’un défilé de mode. «Nous sollicitons des mannequins issus du milieu agricole, comme à Lillers récemment, où les employés de la ferme ont défilé. Avec Miss Béthune en prime», souffle Arnaud Van Robaeys.

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80 % 
C'est la proportion de la production mondiale de lin qui pousse entre la Bretagne et les Pays-Bas.

C'est le nombre d'employés qui travaillent pour le Grenier du lin.

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Arnaud Van Robaeys en quatre dates


1984
Première année au teillage Van Robaeys Frères, à Quesnoy-sur-Deûle.
2004
Démarrage du Grenier du lin par Valérie, son épouse.
2016
Ouverture d'une deuxième usine ultramoderne Van Robaeys Frères, à Fortel-en-Artois, dans les 7 vallées.
2018
Reconversion au Grenier du lin et ouverture du magasin de La Panne  (Belgique).
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