Aller au contenu principal

Assemblée générale de la CGB

La CGB Somme organisait son assemblée générale ce mercredi matin. Elle a convié Timothé Masson, en charge du suivi des marchés à la CGB, à faire le point sur la situation économique de la filière.

Timothé Masson : «Nous devons conserver notre potentiel de production.»
Timothé Masson : «Nous devons conserver notre potentiel de production.»
© A. P.



Peut-on dire que la fin des quotas sucriers ont le même impact que celle des quotas laitiers ?

Toutes les deux ont été suivies d’une baisse des prix. Pourtant, les deux situations ne sont pas comparables. Un litre de lait sur 3,3 est produit dans l’UE. On peut donc dire que l’Europe laitière «fait» le marché mondial. A contrario, seul un morceau de sucre sur dix est produit en UE. L’Europe était à l’origine de 5 % des tonnages de sucre exportés lors du record 2017-2018. Elle subit en fait le marché mondial. Et celui-ci connaît une crise sans précédent : 290 €/t de sucre, c’est 25 % de moins que la moyenne dix ans. Ce qui signifie que la France est tout de même compétitive à long terme.

Comment expliquer cette crise mondiale ?
L’excédent 2017-2018 a été historique. Il provient notamment d’un effet «cycle indien» exacerbé. L’Inde a reçu des subventions publiques qui lui ont permis de produire 13 Mt de sucre en plus. Des plaintes ont d’ailleurs été déposées auprès de l’OMC. Cela a créé un excédent qui n’a pas été anticipé chez nous, notamment par les groupes, qui promettaient toujours des prix élevés aux planteurs. En 2019, en revanche, les surfaces ont diminué de 7 à 8 %. Cette crise doit nous permettre de tirer des leçons. La première est l’engagement : les groupes doivent demander aux betteraviers de planter la surface qui correspond à la demande du marché. Nous devons aussi absolument garder notre potentiel de production. Les chiffres prouvent bien que cette filière permet à tout le monde de gagner de l’argent en moyenne dix ans. C’est le message que nous faisons passer aux groupes qui ferment des sucreries.

A quoi peut-on s’attendre dans les prochains mois ?
Aujourd’hui, personne ne couvre ses coûts de production à l’échelle mondiale, donc personne n’investit. Les spéculateurs très présents sur le marché, continuent à anticiper la baisse des cours, et participent finalement à créer cette baisse. Pourtant, de nombreux phénomènes nous laissent présager un retour des prix à la hausse. La consommation mondiale devrait augmenter de 40 Mt d’ici dix à quinze ans. Paralèllement, la valeur du réal brésilien devrait augmenter et tirer les cours vers le haut. Idem pour les prix du pétrole, car lorsqu’ils sont en hausse, ceux de l’éthanol le sont aussi, et le Brésil, gros producteur, se met à faire plus d’éthanol que de sucre. Cet automne, on doit entrer dans une période déficitaire, qui doit permettre un rebond des cours. Le jour où les spéculateurs se rendront compte qu’on entre dans cette période déficitaire, il pourrait y avoir un rebond très fort…

Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout {nom-site}.

Les plus lus

Hutte Hable d'Ault
Un drame évité de justesse dans une hutte du Hable d'Ault
Deux chasseurs occupant une installation de chasse de nuit ont échappé la nuit dernière à l’intoxication par les fumées d’un…
Groupama Grand Est
Pour une erreur de calendrier, Groupama fait le buzz malgré lui
Les réseaux sociaux sont féroces et la moindre erreur de communication se paye au prix fort. C'est ce qu'a constaté au cours des…
Jean-Louis Bouthors a sauvé son exploitation par la remise en cause du poste d’alimentation, avec l’affouragement  en vert. Un défi qu’il a su relever avec le soutien de sa famille (ici ses enfants, Louis et Laura).
Eleveurs bovins (5/10). L’autonomie fourragère pour un élevage viable
Épisode 5/10. Ils sont éleveurs bovins par choix, et leur professionnalisme leur permet de vivre de leur métier. Chaque semaine,…
Aujourd’hui, Frédéric Gaffet est à l’aise avec ses pratiques qui lui ont permis de sauver sa ferme. Sa fille, Constance, pourrait même s’y installer à l’avenir grâce  à un projet de diversification.
Eleveurs bovins (7/10): "Si je n'étais pas bio, je n'existerais plus"
Épisode 7/10. Ils sont éleveurs bovin par choix, et leur professionnalisme leur permet de vivre de leur métier. Chaque semaine,…
Selon leur qualité, les pailles 2020 sont orientées vers la transformation la plus valorisante pour elles : un teillage classique ou un teillage toutes fibres. 
Mauvaise récolte 2020, teillage en souffrance en 2021
Depuis décembre, la Calira, à Martainneville, teille le lin récolté en 2020. Sans (bonne) surprise, la récolte est très mauvaise…
Pour Francis Pruvot et Nicolas Sangnier, l’élevage est une diversification intéressante qui assure l’équilibre de leurs exploitations.
Eleveurs bovins (6/10). Un Label rouge pour une meilleure valorisation
Épisode 6/10. Ils sont éleveurs bovins par choix, et leur professionnalisme leur permet de vivre de leur métier. Chaque semaine,…
Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 9.90€/mois
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Action Agricole Picarde
Consultez les versions numériques de l'Action Agricole Picarde et du site, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters de l'Action Agricole Picarde