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Assemblée générale FNO

Ce mardi 2 avril avait lieu l’assemblée générale régionale de la Fédération nationale ovine (FNO), à Amiens.

Une assemblée parsemée pour l’assemblée générale régionale de la FNO.
Une assemblée parsemée pour l’assemblée générale régionale de la FNO.
© A. M.



Un bilan assez mitigé pour les sections syndicales ovines des Hauts-de-France côté activité. En effet, trois des cinq départements n’ont plus d’activité réelle depuis déjà quelque temps. Et pourtant, des éleveurs il y en a ! Alors quel est le diagnostic ? Alors que les réunions historiques des sections ovines faisaient salle comble, aujourd’hui, l’assemblée régionale a eu du mal à motiver : seuls quatre éleveurs ont fait le déplacement. Un groupe d’élus qui se fatigue, qui peine à trouver une nouvelle génération, et des animateurs qui ont peu de temps alloué aux sections ovines sont très certainement les raisons de ce déclin. Pourtant, les problématiques sont réelles : aides européennes ovines en baisse, attractivité du métier en berne.
Un portrait bien terne pour un métier au grand air, avec des compétences techniques intéressantes et fait d’hommes et de femmes passionnés. Willy Balderaqui, éleveur dans l’Oise et administrateur à la FNO, déplore que «les jeunes ne reprennent pas le flambeau syndical, car le boulot et la famille priment avant tout». Marc Dubiquet, président de l’Association ovine Nord Picardie, ajoute que ce qui fait peur c’est qu’ «il faut savoir perdre trois plumes pour se refaire un beau plumage par la suite».
Le collectif apparaît pourtant comme la meilleure des solutions pour une filière qui souffre d’une mauvaise visibilité, et parce que tout seul on va vite, mais ensemble on va plus loin !

Plan de filière en région
Sabine Delmotte de la Chambre d’agriculture de l’Aisne, responsable Ovin viande et réseau à l’échelle des Hauts-de-France, a présenté le contrat de filière ovine développé dans la région. Les enjeux principaux de ce plan sont le renouvellement des générations et la garantie d’un prix. Pour arriver à cela, plusieurs axes sont développés : la communication autour de la production (Atouts filière, attractivité, émergence nouveaux projets), l’accompagnement technique (suivi GTE, accompagnement au développement de projet), l’amélioration de la productivité des troupeaux (rentabilité atelier, encouragement à l’achat de reproducteurs) et le soutien aux investissements bâtiments et troupeaux.
Au national, le travail n’est pas éloigné avec cinq axes de réflexion. Objectif numéro 1 : être en phase avec les attentes de la société, c’est le déploiement du Pacte en lien avec la commission «enjeux sociétaux», les autres sections d’Interbev et les concertations avec les ONG menées par Interbev. Objectif numéro 2 : renouveler l’accompagnement technique, renouveler la contractualisation et donner une image attractive, selon trois axes de travail (un groupe de travail renouvelé ; l’accompagnement technique ; un groupe de travail «Nouvelle contractualisation» ; et, enfin, le programme Inn’Ovin). Objectif numéro 3 : plus de lien entre les secteurs lait et viande de la filière ovine, sous l’égide de FranceAgriMer. Objectif numéro 4 :
renouveler les consommateurs, révolutionner l’offre en utilisant le groupe de travail «communication opérationnelle» évoqué en section ovine. Et, enfin, diversifier les débouchés pour les agneaux des bassins laitiers, en créant un groupe de travail ad hoc.

EGA : prix de revient
L’interprofession travaille actuellement sur le choix des indicateurs de coût de production demandés à la sortie des Etats généraux de l’alimentation. Actuellement, quatre schémas de production types existent avec des écarts importants que les GMS souhaitent prendre en compte à l’inverse de la FNO. En effet, celle-ci redoute que, lors des négociations, le plus faible soit toujours choisi par la distribution. Dans la loi Alimentation, l’établissement du contrat n’est pas obligatoire, mais la FNO travaille sur la rédaction de clauses types qui devront être présentes. La notion de contrat en cascade sera aussi obligatoire, c’est-à-dire que la construction du prix débute du producteur et descend en cascade par tous les opérateurs de la filière. Enfin, la négociation du prix doit être argumentée par les partis pour, qu’en cas de refus de contractualisation, ce soit légal. L’objectif est aussi de prévoir des sanctions en cas d’abus de refus.
Un dernier élément pose question concernant les futures négociations, c’est l’annonce de résultats économiques négatifs des GMS il y a peu de temps. Y a-t-il un lien avec les négociations qui vont arriver ? Patrick Soury, SG de la FNO, se pose la question : «La loi Egalim est une première étape, mais y aura-t-il une suite positive ?»

Scénario du Brexit «no deal»

Le 12 avril prochain (au plus tard le 22 mai 2019), les Britanniques devront faire le choix de sortir de l’Union européenne avec ou sans l’accord proposé pour cette dernière.
Le dernier refus, dont il a fait preuve, est dû à l’existence d’un filet de sécurité obligatoire qui éviterait la remise en place de frontières réelles et physiques, chose que l’Angleterre, en majorité, refuse. Si l’Angleterre sort de l’Union européenne à Vingt-Sept, sans cet accord («no deal»), elle devient un pays tiers. Il y a alors remise en route des droits de douane sur les produits exportés. Quelles conséquences pour les producteurs et la filière ?
Les prix carcasse des agneaux seraient alors de 20 % plus élevés au prix français, donc une perte de concurrence énorme et une chute des envois de viande ovine vers la France. Le point positif, à court terme, est une augmentation du prix payé au producteur, mais la conséquence à long terme est une chute de la disponibilité en viande ovine sur le marché français. Il n’y a pas de solution à l’heure actuelle d’approvisionnement à hauteur de celui de l’Angleterre, donc moins de produit disponible et, au final, une baisse de consommation qu’on ne retrouvera plus (exemple de la FCO en 2001).

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