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Assises de l’eau du bassin Artois-Picardie : saison 2

Que ce soit en qualité ou en quantité, la ressource en eau, mise à dure épreuve avec le dérèglement climatique, doit mobiliser tous les acteurs. Enjeux et actions pour le bassin Artois-Picardie.

La rivière L’Omignon, à Monchy-Lagache, dans la Somme.
La rivière L’Omignon, à Monchy-Lagache, dans la Somme.
© AEAP



Si notre région n’est pas, pour l’heure, impactée par le manque d’eau, le dérèglement climatique est à même de rebattre les cartes sous peu. D’ores et déjà, ce dérèglement «donne une dimension insoupçonnée, il y a encore quelques années, à la ressource en eau. La tâche à accomplir est immense. Il est impératif désormais d’anticiper les enjeux, en intégrant la problématique du dérèglement climatique, parce que les territoires sont en souffrance par rapport à cette ressource», prévenait André Flajolet, président du Comité de bassin Artois-Picardie, lors des Assises de l’eau du bassin Artois-Picardie, le 3 décembre, à Arras.

Caractéristiques du bassin
Actuellement, ce bassin possède, en moyenne, des ressources abondantes en eau. La pluviométrie moyenne est d’environ 745 mm par an, soit 200 mm par an de pluie efficace. Comprenez une pluie qui s’infiltre et recharge les nappes. Par ailleurs, la nappe de la craie constitue une réserve d’eau importante. C’est même le château d’eau du bassin pour 75 % de sa superficie. De plus, les eaux des rivières peuvent également être utilisées pour les besoins industriels et agricoles, mais aussi pour la production d’eau potable. Reste que la répartition des eaux est inégale sur le territoire, et peut donc poser localement des problèmes de disponibilité de cette ressource, notamment dans les zones urbanisées (agglomération lilloise, le Valenciennois, le Douaisis, bassin minier), comme dans les zones industrielles.

Impacts sur la ressource en eau
Si, depuis vingt-cinq ans, les rejets polluants industriels et domestiques ont fortement diminué, semblant même se stabiliser depuis quelques années, 88 % des stations de mesure des eaux de surface présentaient, en 2017, une concentration cumulée en pesticides supérieure à 5 µg/L, avec plus de dix pesticides différents quantifiés au cours de l’année.
De plus, les deux tiers des masses d’eau souterraines sont en mauvais état chimique. Les pesticides responsables de ces déclassements sont aussi bien des composés interdits que des substances encore utilisées soit en milieu urbain, soit en milieu agricole. Les nitrates peuvent aussi être responsables de ces déclassements.
Par ailleurs, l’imperméabilité des sols, constatée dans certaines zones, a également un impact majeur sur l’eau. Et pour cause. Elle limite la réalimentation des nappes. Elle amplifie le ruissellement, l’érosion et les inondations. Et, enfin, elle participe à la pollution des eaux par le débordement des réseaux.
Last but not least, les projections de l’étude «Explore 2070», incluant le dérèglement climatique, apportent aussi leur lot de risques majeurs. Entre une augmentation des températures de l’air et de l’eau, du niveau de la mer, et des baisses de la pluviométrie, du débit des rivières et de la recharge des nappes, les risques d’inondations, d’étiage, d’érosion, de submersion seront démultipliés, ainsi que le recul du trait de côte.
Quelles réponses apportées pour limiter les dégâts et préserver la ressource en eau ? Le 11e programme d’intervention prévoit des participations financières de 1 114 millions d’euros, de 2019 à 2024. Au menu : l’adaptation au changement climatique, favoriser la biodiversité et la préservation de la qualité de l’eau et des ressources. Autre problématique, et pas des moindres : le partage de l’eau. Avec, comme question sous-jacente : peut-on tout faire partout, sans tenir compte de la réalité de la ressource ? La réponse est évidente. Mais les pratiques ne sont pas toujours en concordance. Les règles de partage seront à revoir.

Chiffres clés

310 millions de m3 d’eau produits par an, dont 94 % d’origine souterraine par 1 100 forages et deux prises d’eau
481 millions de m3 d’eau prélevés en 2016, dont l’usage majoritaire est pour l’eau potable
6 % : prélèvements en eau pour l’agriculture

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