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Assises de l'eau du bassin Artois-Picardie : se projeter dans l'avenir

Que se passera-t-il demain pour la ressource en eau ? Le point avec Bertrand Galtier, directeur général de l’Agence de l’eau Artois-Picardie.

Bertrand Galtier, directeur général de l’Agence de l’eau Artois-Picardie.
Bertrand Galtier, directeur général de l’Agence de l’eau Artois-Picardie.
© F. G.



Quels sont les points faibles du territoire en matière de ressources en eau ?

Notre territoire est très plat et très artificialisé. De ce fait, les écoulements conduisent à des colmatages de l’eau. S’ajoutent à cela les pressions liées au passé industriel, ainsi qu’à la démographie. L’un des territoires les plus vulnérables est la métropole lilloise par rapport à sa consommation d’eau. On arrive encore à l’approvisionner mais, sur le plan de la quantité, c’est tout de même très juste.
Autre territoire vulnérable, du côté de Watringues, en raison de la baisse du niveau de mer ouvrant la porte à des intrusions salines. Par ailleurs, le Plateau picard, autour de l’Avre, manque de plus en plus d’eau. Aussi s’interroge-t-on sur la possibilité de déplacer les captages agricoles un peu plus loin de ce qu’ils sont aujourd’hui. En d’autres termes, on est toujours sur le fil du rasoir.

Qu’en est-il de la qualité de l’eau dans le bassin ?
La question la plus épineuse est incontestablement celle des phytos, qui sont très diffus sur le territoire. Beaucoup de cultures sont très consommatrices de ces produits dans le bassin Artois-Picardie. 88 % des stations de mesure des eaux de surface présentaient, en 2017, une concentration cumulée en pesticides supérieure à 5 µg/L, ce qui impacte la qualité de l’eau. Or, la qualité et la quantité d’eau sont très liées. J’ajouterais que si, pour l’heure, la quantité d’eau disponible pour ce secteur n’est pas un sujet qui se pose, il est cependant nécessaire de l’anticiper.

Qui dit qualité de l’eau, dit aussi des besoins en captage. Leur nombre est-il suffisant ?
Le territoire dispose de 1 100 captages d’eau. Il est important de les sécuriser pour maintenir la qualité de l’eau. Des opérations de reconquête de la qualité de l’eau (Orque) ont été entreprises sur tout le territoire. Une grande majorité des opérations est en cours, d’autres ne sont pas encore terminées. Des aides directes et des incitations fiscales peuvent être apportées pour la mise en place de captages. Mais, pour une meilleure répartition de l’eau, il en faudra d’autres.

Quelles sont les pistes pour sécuriser la ressource en eau ?
La prospective s’impose. Outre le fait qu’il est impératif de travailler sur les économies d’eau et de réviser son partage avec tous les acteurs concernés, il faut aussi intégrer à la réflexion les conséquences du dérèglement climatique. Parmi les pistes à explorer, des solutions fondées sur la nature peuvent apporter des réponses intéressantes, à savoir les techniques d’infiltration des eaux de pluie à la parcelle comme dans les villes. Autres pistes :  la gestion des zones humides, la restructuration des cours d’eau pour éviter les inondations, soit autant de solutions qui ne coûtent pas cher. Un travail sur la qualité des sols à partir de méthodes agro-écologiques doit également se développer, comme sur la biodiversité.

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