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betteraves sucrières
Attendre le bon moment pour une levée optimale

À quelques jours du début des semis, la CGB 60-80 et l’ITB ont proposé une visioconférence animée par Yohan Debeauvais, responsable de la délégation Oise/Somme sur les semis.

La date de levée (et non de semis) conditionne le potentiel de rendement : l’idéal est que toutes les betteraves soient levées pour la fin mars.
La date de levée (et non de semis) conditionne le potentiel de rendement : l’idéal est que toutes les betteraves soient levées pour la fin mars.
© J.-C. Gutner

Bien que les conditions actuelles soient poussantes, Yohan Debeauvais conseille d’attendre avant de semer, et ce pour plusieurs raisons.

D’abord, les reliquats azotés de l’année sont plus élevés (45 u en moyenne) que l’année passée et la dose conseillée est plus faible, avec 60 unités en moyenne. «La minéralisation étant difficile à modéliser, je vous conseille de bien respecter la dose conseillée pour garantir la richesse de vos betteraves.» Mais l’important est surtout de bien positionner l’apport azoté avant le semis. «Huit jours pour une dose élevée sont conseillés afin d’éviter les brûlures.»

Les semis risquant de démarrer la semaine prochaine, Yohan Debeauvais conseille, en cas de dose forte, de fractionner l’apport en gardant une partie quand les betteraves seront levées.

Conditions d’implantation

Ensuite, il convient d’attendre que les conditions de semis soient optimales. L’objectif est d’avoir une levée homogène, des betteraves poussantes, et aucun manque à la levée.

La date de levée (et non de semis) conditionne le potentiel de rendement : l’idéal est que toutes les betteraves soient levées pour la fin mars. Si les betteraves tardent à lever, par exemple car elles ont froid, la perte de rendement peut s’élever à 20 %, soit 540 €/ha !

Il faut que le sol soit suffisamment ressuyé, et pas seulement en surface (10 cm, c’est bien) pour éviter le risque de montée à graines et il faut s’assurer qu’il n’y aura pas de pluie pendant un ou deux jours après le semis. Attention aussi aux risques de lissage en profondeur qui empêcheraient le développement et généreraient des betteraves fourchues.

Yohan Debeauvais en convient : «Depuis quelques années, on peut semer plus tôt, généralement autour du 10 mars. Pourquoi pas cette année, mais attention aux précipitations froides qui pourraient suivre et empêcher les betteraves de se lever. Il faut être sûr d’avoir un temps poussant après semis.»

Chacun doit adapter ses pratiques aux conditions du moment. Ouvrir le labour d’hiver peut aider au ressuyage et au réchauffement du sol, mais attention au vent de nord ou d’est qui dessèche. Un sol correctement préparé doit présenter 1/3 de terre fine et 2/3 de mottes pour limiter les risques de battance.

Semer à la juste dose

Sur un sol bien nivelé, bien rappuyé, semer 1,15 dose par hectare suffit. L’objectif est d’avoir à terme 100 000 pieds/hectare et augmenter la densité de semis n’augmente pas le rendement final, mais a un coût estimé à 
30 €/ha. Tous les essais de densité montrent qu’entre 80 000 et 120 000 pieds par hectare, le rendement est équivalent.

La graine doit être enterrée à 2,5 cm, le semis plombé pour assurer le contact graine-sol. «Veiller au bon entretien du semoir, à ses réglages et choisir la vitesse de semis adaptée. Il ne faut pas se précipiter. La réussite du semis commence dès le labour d’hiver, puis se poursuit par une bonne préparation du sol pour assurer une levée homogène et rapide. Il faut savoir être patient.»

 

Gérer les cordons de déterrage

Les cordons non gérés sont des réservoirs aux virus de la jaunisse et de la cercosporiose qui se maintiennent sur les repousses de betteraves. Il faut donc détruire au maximum les repousses, avec la même rigueur que celle des producteurs de pommes de terre.
Des prélèvements effectués par l’ITB montrent que 67 % des échantillons issus de cordons de déterrage sont positifs à au moins un virus de la jaunisse et que 37 % des betteraves présentes en culture de céréale post-betterave sont contaminées.
Est possible la destruction mécanique en retournant les andains de déterrage lorsque la terre est suffisamment sèche et maniable.
Pour une destruction chimique, il est possible de procéder à une application de glyphosate sur les bandes de déterrage, en respectant deux conditions : l’usage réglementaire qui dépend de la zone sur laquelle le produit est appliqué (à l’intérieur de la parcelle ou en bord de champ) et la spécialité à base de glyphosate doit être homologuée pour l’usage réglementaire.

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