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Au lycée du Paraclet : la ferme est au cœur de l'établissement

Résolument tournée vers des pratiques "durables", l'exploitation du lycée du Paraclet près d'Amiens s'affirme comme un bon support pédagogique pour les élèves et les étudiants des sept filières de formation de l'établissement.

© AAP


A l'exploitation du lycée agricole du Paraclet on est précurseur dans la politique agro-écologique lancée par Stéphane Le Foll, actuel ministre de l'Agriculture, politique qui se concrétise par des pratiques et des démarches conciliant agriculture productive et meilleur respect de l'environnement. "Cela fait déjà près de dix ans que nous avons pris ce tournant. Nous anticipons, nous échangeons avec d'autres agriculteurs, différents partenaires. Et nous arrivons à des résultats", explique Michel Bellanger, le directeur de l'exploitation.

Ecophyto avant la lettre
Il affirme ainsi avoir réduit de 40% l'usage des produits phytos. Comment ? Par tout un ensemble de moyens. "On pratique l'ultra bas volume où on est descendu à 30 l/ha, on met des adjuvants, on fait beaucoup de tours de plaine pour anticiper au maximum le moment du traitement, on profite au maximum de la météo, on traite tôt le matin et jamais en dessous de 75% d'humidité, on traite très vite, à 30 km/h, avec l'automoteur de pulvérisation ", répond-t-il en vrac.
Michel Bellanger met également en œuvre toute une batterie de moyens agronomiques : rotation sur sept ans, non labour, engrais verts, compostage (800 tonnes par an)... sans oublier le recours aux carabes et syrphes pour réduire la pression des pucerons et autres ravageurs des cultures (le Paraclet fait partie du réseau Auxiprod).
Au fil des années des haies ont été installées. Un verger conservatoire a été créé avec une production de cidre bio et depuis cette année de jus de pomme. 16 ha sur les 133 que compte l'exploitation ont été converties au bio en 2010. "Nous n'opposons pas le conventionnel et le bio, au contraire, c'est un enrichissement réciproque dans le travail mené sur l'exploitation", souligne Godfrey Browne, le directeur du lycée.

Nantaises, Flamandes et Prim'Holstein
Le Paraclet exploite en bio par ailleurs 50 ha en zone humide à La Chaussée-Tirancourt. Un troupeau de Nantaises, une race bovine adaptée à ce milieu y a été installée. L'élevage classique est représenté par un atelier laitier : un quota de 300 000 litres avec l'ambition de le doubler d'ici deux à trois ans, et un troupeau constitué pour un tiers de Flamandes et pour deux tiers de Prim'Holstein. L'exploitation dispose également d'un atelier volaille de chair et d'un atelier porc, tous deux de plein air. "Là aussi, nous ne voulons pas que cultures et élevages soient menés indépendamment les unes des autres, mais au contraire qu'ils soient valorisés réciproquement au sein de l'exploitation", commente Godfrey Browne.

Un magasin de vente directe
L'ouverture au public est un souci constant. Le Paraclet est proche de l'agglomération amiénoise, les promeneurs sont nombreux le week-end aux alentours de l'exploitation. "Nous avons confectionné un "chemin de l'agriculture durable", un ensemble de panneaux qui montrent aux citadins comment nous pratiquons l'agriculture", indique Michel Bellanger.
C'est dans cet esprit d'ouverture mais aussi de diversification que le Paraclet projette l'ouverture d'un magasin de vente directe. "Nous vendons déjà de la viande en caissette provenant de l'élevage des Nantaises et nous sommes un point de retrait de Somme produits locaux. Maintenant, l'objectif est d'avoir un véritable magasin sur le site", explique le directeur du lycée.
Ce magasin, où d'autres producteurs pourront venir vendre, sera installé sur 400 m2, dans l'ancien bâtiment d'élevage de lapins.
170 m2 seront affectés à la vente proprement dite. Un atelier de découpe de porc et de volaille est prévu, en association avec d'autres agriculteurs. Cette installation devrait être opérationnelle d'ici 2015 avec l'aide du Conseil régional. Mais la vente directe devrait démarrer dès septembre prochain dans un bâtiment provisoire. Cette opération va s'accompagner du déplacement des installations de la ferme (atelier lait et cultures) qui bénéficieront aussi de nouveaux locaux.

Développer le maraîchage
Un autre projet, mené avec la chambre d'agriculture de la Somme, est la création d'une "couveuse maraîchage". Il s'agit de favoriser l'installation de maraîchers toujours dans une optique de commercialisation en circuit court. Le lycée va mettre des terres à disposition ainsi qu'un encadrement technique. Le démarrage est prévu en avril sur un hectare. Les produits seront vendus ensuite au magasin de la ferme.
"Nous voulons mettre la ferme au cœur de l'établissement", conclut Godfrey Browne. "L'exploitation doit être en rapport direct avec nos formations, et ceci dans une cohérence d'ensemble : comment apprendre à produire autrement et comment appren­dre à enseigner autrement. C'est une approche système globale ".

Le Paraclet en chiffres

• 350 élèves et étudiants
• 200 apprentis
• 50 stagiaires en formation continue
• 130 personnes travaillent dans l'établissement

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