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Au Royaume-Uni, les agriculteurs inquiets pour leurs subventions

Un an après le Brexit, les agriculteurs britanniques doivent eux aussi se convertir à l’agroécologie et s’inquiètent d’ores et déjà des conséquences que ce tournant pourra avoir sur les subventions que la Couronne britannique doit leur verser.

Brexit agriculture Royaume-Uni
En quittant l’Union européenne, le Royaume Uni s’est privé de plus de trois milliards d’euros de subventions par an.
© Pixabay

« Les agriculteurs attendent avec impatience des précisions de la part du gouvernement sur les changements imminents concernant le versement de leurs subventions, et beaucoup d'entre eux sont réticents à faire confiance au ministère de l'Environnement, de l'Alimentation et des Affaires rurales (Defra) pour gérer la transition », a déclaré Mark Tufnell, président de la Country Land and Business Association (CLA). Cette dernière regroupe environ 30 000 propriétaires de terres, de biens et d'entreprises dans les zones rurales d'Angleterre et du Pays de Galles.

Ils sont d’autant plus inquiets que le ministre de l’Environnement, George Eustice, a présenté le 2 décembre, un plan dans lequel les paiements agricoles de base devraient être réduits de 5 à 25 % dans les prochains mois, avant d'être entièrement supprimés au cours des six prochaines années. En quittant l’Union européenne, le Royaume Uni s’est privé de plus de trois milliards d’euros de subventions par an.

À l'avenir, il y aura des paiements « d'argent public pour des biens publics », a indiqué le ministère de l’Environnement. Autrement dit, les agriculteurs devront prendre des mesures pour restaurer la nature, nourrir les sols, améliorer la qualité de l'air et de l'eau, et fournir des habitats pour la faune et la flore, en échange d'un soutien financé par le contribuable dans le cadre d'un système de contrats de gestion environnementale des terres (Environmental land management-ELM). Ce qu’en France, on appelle paiement pour services environnementaux (PSE).

Ces contrats s’inscrivent dans le Sustainable Farming Incentive (SFI – programme d’incitation à l’agriculture durable). Le SFI incite 70 % des agriculteurs à couvrir 70 % de leurs terres en hiver des herbes, des haricots, des brassicas (choux) et des plantes aromatiques. Selon les premiers éléments, le gouvernement offrirait dans un premier temps 22 £ (environ 25 euros) par hectare pour un taux de couverture de 70 % des sols en hiver. Ils pourraient recevoir 58 £ (68 €)/ha s'ils couvrent 95 % de leur sol, avec 15 % de plantation nutritives pour les sols.

« Nivellement par le bas »

Plutôt favorables à ces ELM, les syndicalistes du CLA aimeraient en connaître un peu plus les détails, en particulier les nombreuses normes que le gouvernement souhaite mettre en place. Elles concernent notamment les terres arables et horticoles, les sols des prairies, les zones boisées, les zones tampons des cours d’eau…

« Au fur et à mesure de la progression du projet pilote, d'autres normes seront élaborées et introduites, augmentant ainsi le nombre de types d'actifs couverts ». Et c’est bien ce qui inquiète les agriculteurs de la CLA qui craignent un « nivellement par le bas ». Chaque norme a été élaborée sur la base de preuves et d'une expérience pratique en matière d'avantages environnementaux et « les paiements seront basés sur la combinaison des actions contenues dans chaque norme », précise le ministère de l’Environnement. Il leur sera très difficile de poursuivre leur activité agricole.

Mark Tufnell craint que les agriculteurs soient contraints de chercher d'autres sources de revenus. « Je pense qu'ils trouveront cela assez difficile, surtout s'ils ne reçoivent pas de soutien pour vendre leurs produits à l'étranger », a-t-il indiqué. La CLA regrette d’ailleurs que la promotion des produits agricoles britanniques à l’étranger soit si peu active. En effet, il n’y a que dix attachés agricoles à travers le monde. A titre de comparaison, ils sont un cinquantaine à travers le monde dans les ambassades de France à l’étranger.

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