Transport
Avec les barrières de dégel, l’alimentation animale craint la rupture
Neige, gel puis restrictions de circulation : la succession d’épisodes hivernaux fait redouter une crise d’approvisionnement en aliments du bétail. Les fabricants, relayés par la FDSEA de la Somme, alertent le Département et la préfecture sur les risques sanitaires et économiques pour les élevages.
Neige, gel puis restrictions de circulation : la succession d’épisodes hivernaux fait redouter une crise d’approvisionnement en aliments du bétail. Les fabricants, relayés par la FDSEA de la Somme, alertent le Département et la préfecture sur les risques sanitaires et économiques pour les élevages.
Les fabricants d’aliments du bétail tirent la sonnette d’alarme. Après plusieurs jours de neige et de gel intense, la mise en place annoncée de barrières de dégel dans la Somme fait craindre une paralysie durable des livraisons vers les exploitations agricoles.
Dans un communiqué daté du 7 janvier 2026, les industriels de la nutrition animale des Hauts-de-France, du Grand Est et de la Haute-Normandie, réunis au sein de l’association NutriArche, décrivent un enchaînement météorologique « assez rare » qui pénalise fortement les élevages.
« Les journées des 5, 6 et 7 janvier 2026 ont été marquées par des épisodes neigeux assez forts, empêchant techniquement ou administrativement la circulation de nos camions qui approvisionnent les élevages », soulignent-ils.
Des élevages menacés de rupture d’aliments
À peine les routes commencent-elles à être praticables que la perspective des barrières de dégel vient aggraver la situation. Sans dérogation spécifique, les camions d’aliments risquent de circuler en demi-charge, rendant impossible le rattrapage des retards accumulés.
« Certains sites, non approvisionnés depuis plusieurs jours, sont ainsi exposés à de véritables menaces sanitaires voire à une importante mortalité des animaux », alerte NutriArche, qui évoque clairement des risques pour le bien-être animal, voire la survie des troupeaux.
La FDSEA de la Somme confirme ce constat de terrain. Dans un courrier adressé au Département et à la préfecture, son président Denis Bully rappelle que « l’approvisionnement en aliment du bétail est quasi inexistant depuis le début de la semaine ».
Une demande de dérogation
Face à l’urgence, les fabricants et les syndicats agricoles demandent une clause d’exception permettant aux camions d’aliments du bétail de circuler à pleine charge pendant la période de dégel.
NutriArche en appelle à « la prise en compte de la spécificité de cette industrie » et demande que « la circulation à pleine charge soit rendue possible pour rattraper, partout où cela est possible, les retards de livraison qui mettent en danger la survie des élevages ».
Des arguments techniques avancés par la profession
Les acteurs régionaux de l’alimentation animale mettent également en avant leurs équipements. « Les acteurs régionaux de l’alimentation du bétail sont souvent équipés de matériels de transport homologués à 44 tonnes, avec un essieu supplémentaire, ce qui abaisse au final la charge par essieu », rappelle Denis Bully. Un point qui, selon la FDSEA, renforce la faisabilité d’une dérogation ciblée.
Dans l’attente d’une réponse des pouvoirs publics
Alors que les décisions de restrictions de circulation sont imminentes, la profession espère une réaction rapide des autorités. L’enjeu dépasse la simple logistique : il touche à la continuité des élevages, au bien-être animal et, à terme, à la pérennité des filières.
« Le tout, dans un esprit d’apaisement et de prise en compte des règles élémentaires de bien-être et de survie des animaux concernés », conclut NutriArche, alors que l’hiver n’a pas encore livré tous ses effets.