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Bastien Commecy : le psy des chevaux… et des cavaliers

Les chevaux passionnent Bastien Commecy depuis toujours. Voilà désormais trois ans que le cavalier international samarien monte et enseigne pour son propre compte. Une pédagogie fondée sur le mental.

© Alix Penichou


Des chevaux bien dans leur tête et bien dans leur peau. C’est ce qui occupe constamment l’esprit de Bastien Commecy. «Les solutions, je les trouve toujours dans la confiance du cheval», confie-t-il, avec ce regard enjoué qui ne le quitte jamais.
Voilà huit ans que le cavalier professionnel et enseignant d’équitation de trente ans a posé ses valises et celles de ses chevaux à Bouzincourt, près d’Albert. Une carrière de sable aménagée, transformation de l’ancienne salle des fêtes en écurie, et le tour était joué. Une licence Staps à Amiens «pour faire plaisir aux parents qui souhaitaient que je fasse des études», un BPJEPS activités équestres à Compiègne, pour pouvoir enseigner l’équitation, trois ans en tant que moniteur salarié au Centre équestre de Picardie, à Boves, et, depuis trois ans, il a monté sa propre société, «Commecy comme ça équitation», à Bouzaincourt.
Dès la semaine prochaine, une nouvelle aventure attend Bastien, car la quinzaine d’équidés, un peu trop à l’étroit dans cet unique hectare de terrain, déménage dans des écuries plus spacieuses, au hameau de Val de Maisons, à Talmas. Un ami, Clément Buire, y mènera une activité de pension de chevaux. Bastien, lui, aura une partie du terrain à sa disposition et dispensera des cours aux propriétaires. «Les installations de qualité me permettront de travailler dans de bien meilleures conditions.»

Casse-cou ? Non !
Son filon est de «récupérer des pauvres chevaux loupés, pourtant très bons, et les rendre pratiques». Entendez que Bastien accueille dans ses écuries les montures dont plus personne ne veut, car trop vives, trop stressées, immontables. Et, à force de patience, il en tire le meilleur. «Ils arrivent complètement craintifs. Ils finissent tous par être très câlins.» Son secret : «Il faut juste leur expliquer. Un cheval qui ne comprend pas ne peut pas bien faire.» Cette activité lui vaut bien souvent la réputation de casse-cou. Adjectif qu’il réfute : «Je n’aime pas qu’on dise ça, parce que je sais très bien mesurer les risques. Je ne vais jamais plus vite que ce que le cheval permet. Finalement, je chute très rarement.»
Les défis, Bastien se les lance aussi en compétition. Elle a toujours fait partie de sa vie. En équitation, mais pas seulement. Il a été athlète de haut niveau, avec pour spécialité le 400 mètres, jusqu’au championnat de France. «Je courrais avec les meilleurs. Toujours un peu derrière, mais avec eux quand même», rit-il. Le problème est qu’il passait «plus de temps à l’infirmerie que sur une piste». Alors lorsqu’il a fallu choisir entre le cheval et l’athlétisme pour des raisons de santé, «le choix a été vite fait».

Le respect de l’animal avant tout
Il pratique aujourd’hui le concours complet (dressage, saut d’obstacles et cross) à niveau international (2 et 3*) avec son cheval de quatorze ans, Pulu du Neblon. «Je l’ai acheté tout petit, pour trois fois rien. Il ne ressemblait vraiment à rien !», plaisante-t-il. Personne n’aurait pu parier qu’ensemble, ils participeraient aux réputés concours de Chatsworth, en Grande-Bretagne, du Haras de Jardy, du Haras du Pin, ou encore dernièrement de Waregem, en Belgique. Mais le cavalier ne mise pas tout sur sa carrière sportive, «parce qu’être performant à haut niveau avec beaucoup de chevaux implique d’en amener certains dans la souffrance». Ces événements lui coûtent bien plus qu’ils ne lui rapportent.
Pourtant, presque tous les week-ends, Bastien et sa compagne, Pauline Pluquet, cavalière passionnée qui l’accompagne partout, prennent le camion, leurs chevaux, et en route pour une bonne bouffée d’adrénaline. «Ce sont nos vacances ! Tout notre argent passe dans le cheval», rient-ils. Ce qu’il ressent, lancé en plein galop, en parcours de cross, et qu’il franchit troncs, trous, gués, haies et autres obstacles naturels impressionnants ? «Ce n’est que du plaisir !» Bastien ne connaît pas le stress. Ni la peur. «Je sais que je maîtrise ce que je fais. Alors, il n’y a pas de raison d’avoir peur» , assure-t-il.
Sa réussite, le bosseur la doit à son sérieux, caché derrière l’humour. «Je n’ai jamais eu d’excellents chevaux, parce qu’ils coûtent très cher. Mais le travail permet d’améliorer beaucoup de choses. Je suis persuadé que la plupart des chevaux sont exploités à à peine 60 % de leur potentiel.»

Préparation mentale
Pour Bastien, c’est le cavalier lui-même qui impose des limites à leurs chevaux. «J’adore prouver au cavalier que le problème de son cheval vient en fait de lui-même !» En plus du travail de ses chevaux et de ceux qu’il a en pension (généralement, il est à cheval le matin, dès l’aube), Bastien donne des cours à domicile ou dans d’autres écuries presque tous les après-midis.
Pauline confie qu’il est «un coach exigeant, mais juste. Nous, on se cantonne à ce qu’on croit être nos limites. Lui nous pousse à nous surpasser, parce qu’il sait qu’on peut faire plus». Pour cela, il se consacre beaucoup à la préparation mentale. Il utilise des méthodes inédites, parfois surprenantes. «Un jour, je leur ai fait faire le parcours de saut d’obstacle à pied. Ils reproduisaient tous le comportement de leur cheval. C’était flagrant !» Des techniques qu’il apprend beaucoup lors de formations : méthode Blondeau (basée sur la confiance cheval - cavalier), et auprès d’autres cavaliers professionnels.
Cette semaine, Pauline et Bastien étaient au Salon du cheval Equita’Lyon, «surtout pour s’y promener». Puis, ce samedi soir, Bastien courra son premier cross indoor, à Saumur. Un événement de plus en plus apprécié du grand public pour son côté spectaculaire. Bastien y participe, «pour le plaisir», bien sûr !

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