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Bêcher plutôt que labourer ?

Peu répandue en France, la machine à bêcher est un outil de pseudo-labour aux multiples atouts.

Alternative au labour, les rotobêches génèrent des mottes de plus petites dimensions. Plus la vitesse d’avancement est faible, plus les couches de terre bêchées et les mottes qui en découlent sont fines.
Alternative au labour, les rotobêches génèrent des mottes de plus petites dimensions. Plus la vitesse d’avancement est faible, plus les couches de terre bêchées et les mottes qui en découlent sont fines.
© Falc

Également appelée machine à bêcher, la rotobêche est peu répandue en France, avec un marché autour de 150 machines neuves chaque année. Une grande majorité des rotobêches évoluent sur des sols très argileux. C’est un outil de pseudo-labour capable d’évoluer dans des conditions de sol humide où la charrue ne peut plus travailler correctement. En effet, contrairement à la charrue, la machine à bêcher ne demande pas de traction, il est donc inutile de lester le tracteur pour l’optimiser. Grâce à un jeu de bielles, les bêches découpent des tranches verticales de 20-25 cm de profond (voire plus) avant de les projeter vers l’arrière contre une grille pour émietter. Cette cinématique tend même à pousser le tracteur. De ce fait, l’absence de patinage garantit une profondeur de travail constante.

Trois avantages
Mais les machines à bêcher n’évoluent pas uniquement dans les conditions difficiles. Les cons­tructeurs avancent ainsi trois principaux avantages agronomiques à la machine à bêcher.
Le premier concerne l’absence de semelle de labour. La rotobêche travaille par arrachement et ne lisse pas. Mieux, les vibrations ont même tendance à fissurer le sol sous l’épaisseur travaillée.
Deuxièmement, les mottes derrière la rotobêche sont moins grossières qu’après une charrue : le gel hivernal n’en sera que plus efficace.
Dernier argument, avec la machine à bêcher, les résidus de récolte sont mélangés sur toute la profondeur travaillée. Ils se dégradent plus facilement que lorsqu’ils sont enfouis dans le fond du sillon. Il ne reste pas plus de 10 % des résidus qui affleurent, même derrière un couvert bien broyé.
Alors comment expliquer le fait que la rotobêche reste encore un marché de niche ? Le principal inconvénient que l’on donne aux rotobêches, c’est leur faible vitesse de travail. C’est un peu en décalage avec les outils de travail du sol qui évoluent à des vitesses de plus en plus élevées. C’est ce qui explique que ces appareils sont cantonnés aux conditions extrêmes. Pourtant, certaines bêches de 6 m de large permettent de travailler tout de même 1,5 ha/h. De plus, si l’on ramène à la puissance de traction, une rotobêche de 4 mètres nécessite un tracteur de 120 ch pour travailler à 25 cm de profondeur et réaliser 1 ha/h : un tel débit de chantier n’est pas toujours assuré avec une charrue.
D’un point de vue de l’entretien, le nombre de points d’articulation (4 bêches par mètre) peut faire peur au premier abord. Mais les constructeurs tendent à choisir des technologies espaçant les graissages, voire les en dispensant.

Economie de carburant
Quant aux pièces d’usure, il n’y a pas de surprise. Là où les terres sont usantes pour la charrue, elles le sont pour les bêches.
Un jeu de bêches sur une machine de 4 m durera entre 250 et 500 ha, suivant les conditions : comptez entre 150 et 200 euros de bêche par mètre de largeur. Pour ce qui est du travail en sols caillouteux, les bêches sont montées sur sécurité à boulon.
Au tarif, il faut compter entre 13 000 et 22 000 euros pour une machine de 3 mètres (suivant les gammes) et de 23 000 à 29 000 euros pour une machine de 4 mètres. Si le prix d’achat est sensiblement plus élevé qu’une charrue à débit de chantier comparable, les utilisateurs s’y retrouvent sur l’usure du tracteur, notamment en pneumatique, mais aussi et surtout sur la consommation de carburant, quasiment deux fois moindre.

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