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Betteraves : début de campagne perturbé

Épidémie de Covid-19 et, surtout, attaques de jaunisse virale : la campagne sucrière 2020-2021 s’ouvre dans un contexte inédit. Les sucreries s’adaptent et innovent.

Dans la plupart des sucreries, les dates d’arrachage ont été repoussées pour accorder un délai supplémentaire de croissance aux betteraves.
Dans la plupart des sucreries, les dates d’arrachage ont été repoussées pour accorder un délai supplémentaire de croissance aux betteraves.
© Réussir



Le puceron vert a fait la triste actualité betteravière de cette campagne. Partout dans les parcelles, des ronds jaunes, signes de jaunisse virale que transmet cet insecte piqueur-suceur, sont visibles. Les groupes sucriers de la région doivent donc s’adapter.
Chez Tereos, décision a été prise de retarder le calendrier de démarrage des activités industrielles dans les régions touchées. «Cette mesure vise à permettre aux associés coopérateurs affectés de disposer d’une période de végétation plus longue, favorable au rendement», précise le groupe dans un communiqué. Les usines des Hauts-de-France ont démarré leur campagne le 18 septembre pour Attin et Boiry-Sainte-Rictrude (62), et le 22 septembre pour Lillers (62). Suivront celles de Bucy-le-Long (62) et de Chevrières (60) le 28 septembre, d’Escaudœuvres (59) et d’Origny le 29 septembre.
Les surfaces emblavées par les coopérateurs Tereos sont en croissance de 3,5 %, mais à cause des impacts conjugués de fortes attaques de jaunisse virale et de la sécheresse, la perte moyenne de rendement est estimée à environ 12 % par rapport à la campagne 2019-2020. «Elle est marquée par de fortes disparités régionales, précise-t-on chez Tereos. Dans les ré-gions les plus affectées, la baisse peut dépasser les 30 %.» Les volumes de betteraves en France de Tereos pour la campagne sont ainsi attendus en baisse de 9 % par rapport au niveau de la campagne 2019, deuxième meilleure performance historique du groupe en France.
La baisse de rendement attendue ne doit pas impacter l’innovation «bien au contraire». Tereos poursuit donc ses actions de décarbonation des transports, grâce à son système digital Logismart, «qui vise à optimiser en temps réel l’acheminement des betteraves depuis plus de 26 000 silos jusqu’aux neuf usines, et qui est étendu à toutes les sucreries cette année». Un nouveau projet digital, l’application «Mes Silos by Tereos», permettra par ailleurs aux agriculteurs d’échanger en temps réel avec les équipes Tereos à chaque étape de la campagne, de la constitution de leurs silos géolocalisés à l’enlèvement de ces derniers. «À la clé, des gains de temps et une plus grande agilité et réactivité», assure la coopérative.
Concernant les sucreries, «celle de Lillers inaugure deux nouvelles chaudières haute-pression et Attin traitera la deuxième campagne de production de sucre de betterave bio, avec un élargissement de la gamme de produits à destination de la Grande Distribution (marque Béghin Say)». Une première campagne test de production de sucre de betterave HVE (Haute valeur environnementale) sera également réalisée à Artenay.

Meilleure rémunération chez Crital Union
Chez Cristal Union, on se désole aussi des ravages de la jaunisse : «la situation est grave et inédite et les agriculteurs pourraient subir des pertes de rendement de l’ordre de 30 à 50 %», est-il annoncé dans un communiqué du 14 septembre. Dans l’usine samarienne de Sainte-Émilie, «le démarrage de la campagne a été repoussé au maximum pour accorder un délai supplémentaire de croissance aux betteraves». Elle devrait démarrer dans les tout premiers jours d’octobre.
Pour rassurer les planteurs, les annonces sont fortes : «nous serons en mesure de proposer à nos planteurs une meilleure rémunération de leurs betteraves, y compris dans les sections les plus touchées par la sécheresse et la jaunisse virale». Cela grâce à un outil de production compétitif, après de lourds investissements, assure Jérôme Fourdinier, président du conseil de section Cristal Union de Sainte-Émilie : «avec l’augmentation de nos surfaces travaillées, la sucrerie de Sainte-Émilie dispose d’atouts de taille pour tirer son épingle du jeu de la concurrence internationale».
Parmi les derniers investissements réalisés à Sainte-Émilie : la nouvelle cuite de 500 hectolitres en remplacement d’une ancienne de 180 hectolitres pour augmenter les capacités de cristallisation de l’usine, le démantèlement du four à chaux historique et de la cheminée de l’ancienne chaufferie, la mise en service d’un nouveau laveur de gaz, un nouveau trommel laveur de betteraves ainsi que la première phase du projet de nouvel atelier de décalcification des jus avant évaporation (opérationnel pour la campagne 2022) pour une parfaite maîtrise de la qualité des jus. Parallèlement, les surfaces ont été largement étendues cette année, avec l’accueil d’une centaine de nouveaux coopérateurs à proximité de l’usine, «qui vont permettre d’optimiser les capacités et coûts de production de l’usine pour cette campagne 2020». Chez Saint Louis Sucre, la campagne débute lundi 28 septembre à Roye et mardi 29 à Étrepagny.

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