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Betteraviers : la CGB envisage un pacte syndicalisme/coopération

Après des tensions survenues avec la crise de gouvernance chez Tereos, la CGB (betteraviers) envisage un pacte entre syndicalisme et coopération. Elle défend une contractualisation rénovée entre planteurs et fabricants, alors que le revenu betteravier plonge.

Eric Lainé, président de la CGB : «Le moment est venu de lutter contre l’individualisme qui pénètre aussi notre secteur agricole : c’est le pire ennemi de notre profession».
Eric Lainé, président de la CGB : «Le moment est venu de lutter contre l’individualisme qui pénètre aussi notre secteur agricole : c’est le pire ennemi de notre profession».
© Gabriel Omnès



«Le moment est sans doute venu de mettre en place un pacte avec la coopération», a déclaré le président de la CGB, Eric Lainé, lors de l’assemblée générale le 18 décembre, annonçant par ailleurs vouloir passer le flambeau en janvier après onze ans à la tête de la confédération.
Il s’agit de «redéfinir précisément les rôles et missions de chacun», selon lui. Après l’exclusion en août de trois frondeurs chez Tereos, la CGB était montée au créneau, déplorant un manque de conciliation entre la coopérative et ses adhérents. «Nos groupes coopératifs betteraviers doivent répondre aux multiples défis d’associer les agriculteurs de tous leurs territoires et de leur donner les outils de gouvernance pour adapter la stratégie de leur entreprise à un environnement de plus en plus complexe et en mutation de plus en plus rapide», a déclaré le 18 décembre Eric Lainé.
Philippe Mangin, le président d’InVivo et vice-président de la Région Grand Est, s’est livré à un vibrant plaidoyer en faveur de liens étroits entre syndicalisme et coopération. «Le moment est venu de lutter contre l’individualisme qui pénètre aussi notre secteur agricole : c’est le pire ennemi de notre profession, a-t-il dit. L’heure est venue de solidifier les ponts entre syndicalisme et coopération. Dans votre filière, où 80 % des planteurs sont coopérateurs, vous y parviendrez bien plus que dans tous les autres secteurs.»

Appel à rétablir «un vrai projet interprofessionnel»
Par ailleurs, la CGB s’est prononcée pour «un vrai projet interprofessionnel», alors que la chute des cours du sucre fait plonger le revenu betteravier dans le rouge. «Avec la fin des quotas, (…) il est urgent de rétablir un vrai projet interprofessionnel où le collectif appui les stratégies de chacun», a déclaré le président Eric Lainé. Le syndicat défend au sein de l’AIBS (interprofession) la construction d’indicateurs de marché «pour faciliter la construction du partage de la valeur». Problème, «les discussions sont aujourd’hui bloquées», a indiqué Eric Lainé, promettant la diffusion par la CGB de ses propres indicateurs si l’interprofession n’avance pas.
La confédération réclame en outre au ministère de l’Agriculture un décret sur les conditions de reconnaissance des organisations de producteurs (OP) dans la filière betterave et sucre : «Ces OP peuvent donner de plus larges facultés de négociation, avec un poids plus fort» des planteurs face au fabricant quant à la rémunération de la betterave. Et d’en justifier la création par des difficultés cette année au sein d’«un grand groupe privé», sans doute Saint Louis Sucre : «la commission de répartition de la valeur n’a pas pu négocier, et les planteurs se sont trouvés en situation de se faire imposer leurs conditions de vente», selon Eric Lainé.
Cela intervient dans un contexte économique difficile pour le secteur. Les rendements 2018 ont été durement affectés par la sécheresse et «les prix du sucre sont à des niveaux jamais vus en Europe», a indiqué Eric Lainé. Conséquence, les planteurs affichent en moyenne une perte de 400 €/ha, d’après ses chiffres.

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