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À Bezencourt, le plus petit musée de France célèbre ses morts

Il y a quatre-vingt un ans, les hommes du 67e bataillon des chasseurs alpins perdaient la vie à Bezencourt (Hornoy-le-Bourg). Un musée, le plus petit de France, leur est dédié, et une cérémonie est donnée chaque premier dimanche de juin en leur honneur.

Juin 1940. La Wehrmacht franchit la Somme et fonce tout droit vers Paris. Les chasseurs alpins  débarquent en urgence à Dieppe. Ils viennent de Narvik, en Norvège, où ils ont participé à la victoire sur l’armée allemande sur la «route du fer». Les 6 et 7 juin, une terrible bataille éclate dans la région du Liger, notamment à Bezencourt, qui est la cible des Allemands. Quatre-vingt-dix-neuf hommes perdront la vie sur le territoire de la commune, presque tous du 67e BCA (bataillon des chasseurs alpins). 

Si cette histoire et celle des hommes qui l’ont vécue est si bien connue aujourd’hui, c’est grâce au travail de mémoire que mènent les adhérents de l’Amicale du souvenir de la bataille de Bézencourt. «Mon grand-père a organisé la première commémoration de la bataille en juin 1941. Elle a lieu tous les ans depuis, chaque dimanche le plus proche de la date anniversaire», explique Thibaud Du Passage, son président. Comme l’année dernière, la commémoration 2021 aura lieu en tout petit comité à cause des contraintes sanitaires. «Mais nous comptons bien marquer le coup l’année prochaine.»

Seize chasseurs reposent encore dans le carré militaire construit en 1957 : le lieutenant Pierre Moch, le sergent Pierre Beaumont, le lieutenant Joseph Eyraud et les chasseurs Luc Pillet, Pierre Bevillard, Lucien Laperrousaz, Georges Posch, Coutoz Maillet, Pierre Pelissier, Joseph Choco, André Verneide, Michel Bron, Elie Falconet, Paul Loubière, Marcel Mary et Jean Brao. «Les tombes sont entretenues par la commune. Elles sont ornées de fleurs jaunes et bleues, les couleurs des chasseurs alpins.» En 1957, la commune a aussi érigé un monument aux morts en leur honneur, en granit de Savoie. 

«La seule valeur du souvenir»

Depuis les années 1980, le musée du souvenir des chasseurs alpins, le plus petit de France puisqu’il fait moins de 9 m2 - leur est dédié. «C’était la volonté du frère du lieutenant Moch qui a fait un don à la commune pour cela», explique Véronique Du Passage, sœur de Thibaud et membre de l’amicale. À l’intérieur, toute une série d’objets donnés par des habitants et des familles des soldats sont exposés : photos, médailles, éclat d’obus, gourde percée d’une balle… «Ces choses n’ont aucune valeur, si ce n’est celle du souvenir», sourit Thibaud Du Passage. Le lieu est ouvert chaque samedi et dimanche d’été. «Nous accueillons quelques randonneurs, cyclistes et touristes curieux
qui ont eu connaissance du musée par les professionnels du tourisme.
»

 

Émouvantes histoires 

Le travail de souvenir que mène l’amicale a permis à quelques familles de chasseurs décédés de comprendre ce qui était arrivé à leur proche, voire même de les retrouver. «Il y a dix ans, lors de la  soixante-et-onzième cérémonie, une petite dame s’est jointe à nous. Il s’agissait de la sœur de Jean Brao, un des seize chasseurs enterrés à Bezencourt. Elle venait de découvrir que son corps reposait ici. Elle a déposé de la terre de Savoie en symbole. C’était terriblement émouvant», raconte Thibaud Du Passage. Le fils du lieutenant Bois, un des rares survivants de la bataille, a aussi assisté à une des commémorations il y a quelques années. «Il nous a confié que le nom de Bezencourt était interdit à la maison après-guerre, car il rappelait trop de mauvais souvenirs à son père.» Le commandant Eard, lui aussi survivant, avait, fait le choix de s’installer à Hornoy-le-Bourg après la guerre. «Il voulait être proche de ses hommes tombés au combat.»

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