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Bien chausser ses machines

Pneumatiques grand diamètre, technologie IF et chenilles constituent de nouvelles stratégies pour équiper des moissonneuses-batteuses de plus en plus lourdes tout en conservant un gabarit acceptable.

© New Holland - L. Vimond

La question des pneumatiques reste un sujet crucial lors de l’achat d’une moissonneuse-batteuse neuve. Plusieurs facteurs rentrent en compte : les coupes de plus en plus larges sont par conséquent plus lourdes. Les trémies offrent des capacités accrues, pouvant atteindre 14 100 litres.
Par ailleurs, les agriculteurs cherchent à limiter la compaction des sols, tandis que d’autres souhaitent ne pas dépasser les 3,50 m de large sur la route afin d’éviter l’escorte par un second véhicule. «Les réglementations régissant les groupes A et B des convois agricoles autorisent certaines largesses, explique Jacques Manet, chef produits moissonneuses-batteuses Case IH, puisque l’escorte n’est obligatoire qu’au-dessus de 3,50 m de large, contre 2,55 m auparavant. Mais elles donnent un cadre réglementaire strict, là où auparavant régnait une certaine souplesse. Aujourd’hui, la largeur des moissonneuses-batteuses figure comme un critère d’achat important pour un tiers de nos clients».

Des diamètres de roue plus importants
Pour répondre à toutes ces contraintes, on peut distinguer trois stratégies : augmenter le diamètre des roues pour augmenter la surface de portance, choisir des pneumatiques IF ou des chenilles caoutchouc pour offrir une plus grande surface de contact sans accroître le gabarit, afin de circuler sur la route.
Ces dernières années, les constructeurs ont fait évoluer leur machine pour pouvoir monter des pneumatiques de plus grand diamètre. Outre l’augmentation de charge par essieu, cette évolution permet d’accroître la surface de la bande de roulement sans changer le gabarit. Mieux, il est possible de passer d’une dimension «basse» et large à une dimension haute et moins large, tout en ayant une capacité de charge équivalente et une bande de roulement sensiblement de même surface. Ainsi, comparé à une taille 800/65R32 (1,85 m de diamètre), la dimension 680/85R32 (1,95 m de diamètre) permet à une moissonneuse-batteuse John Deere série S de rester dans un gabarit inférieur à 3,50 m tout en ayant une bande de roulement supérieure de 3 %. Mais ce diamètre accru ne concerne pas uniquement les pneumatiques avant. Sur ses Lexion 700, Claas propose des pneumatiques de 1,65 m, dont la dimension 500/85R30 qui reste dans le gabarit routier de 3,50 m. Par ailleurs, certains constructeurs proposent des pneumatiques dépassant les deux mètres de diamètre à l’avant.

Large empreinte avec les pneu IF
Parmi ceux-ci, une majorité exploite la technologie IF (Improved Flexibility – flexibilité améliorée), voire VF (Very improved Flexibility – flexibilité très améliorée). Cette dernière a été inaugurée sur les pneus de traction XéoBib de Michelin, avant d’être appliquée dans le monde de la récolte sur les CerexBib. Ces pneumatiques se caractérisent par leurs flancs très souples et par leurs capacités de charge élevées, notamment à faible pression. Le tableau illustre l’augmentation de la surface d’empreinte permise par cette nouvelle génération de pneumatiques, la réduction de la compaction du sol (pressions réduites) et les bénéfices en termes de gabarit routier. Aussi, ce qui prévaut sur les pneumatiques avant, vaut sur la monte arrière. L’équipementier français a récemment lancé des CerexBib VF (520/80R26 et 620/70R26).
Aujourd’hui, outre Michelin, plusieurs équipementiers (Continental, Goodyear, Trelleborg) proposent la technologie IF. Avec sa récente gamme TM3000, Trelleborg prévoit même une dimension 1050/50R32 pour l’année 2013, afin d’augmenter encore davantage la surface d’empreinte de ce pneumatique déjà plébiscité pour sa faible compaction.
Mais attention, les pneumatiques IF ont un coût. «Selon les marques, la différence de prix entre un 800/70R32 classique et son équivalent en IF varie de 2 000 à 4 000 euros», informe Guillaume Feys, chef produit moissonneuses-batteuses Claas.

Chenilles : l’équipement d’usine les rend plus accessibles
«Quand on a investi dans des pneumatiques IF, on a fait la moitié du chemin vers l’équipement en chenilles, estime Jacques Manet. Selon les marques et les largeurs, le surcoût par rapport à une monte de pneus classiques varie de 25 à 45 000 euros.
Certes, le coût reste élevé, «mais le surcoût se retrouve à la revente, argumente Guillaume Feys. Entre temps, les chenilles vont réduire la compaction au sol de 60 % par rapport à des pneumatiques de 800 mm, tout en restant dans un gabarit routier inférieur à 3,50 m. La logique veut bien sûr que l’on monte des pneumatiques Ultraflex ou de grand diamètre (1,65 m) sur l’essieu arrière».
«La chenille séduit, mais soulève aussi certaines craintes, qu’une démonstration finit d’effacer, avoue Jacques Manet. La première crainte concerne le confort. Les chenilles sont plus fermes, mais se révèlent plus stables : il y a moins de ballant sur la route et les cahots sont gommés au champ». Quant aux bandes caoutchouc, tous les constructeurs s’accordent à dire qu’elles n’usent pas plus qu’un pneu et qu’elles feront la durée de vie de la machine.

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