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Bilan de campagne 2017 de l’ITB

Thierry Leclère, délégué de l’ITB dans la Somme, fait le point sur les enseignements techniques à tirer de la campagne 2017.

Un semoir bien réglé permet de semer avec précision, et donc d’optimiser les rendements.
Un semoir bien réglé permet de semer avec précision, et donc d’optimiser les rendements.
© J.-C. Gutner

«2016 a été une année catastrophique en termes de rendements en blé, avec 59 quintaux de moyenne dans la Somme. Cela explique des reliquats azotés très élevés en sortie d’hiver, à 136 unités/ha en moyenne sur
90 cm», assure Thierry Leclère, de l’ITB. L’hiver doux et sec n’a rien arrangé : pendant les quatre mois d’hiver, de novembre à février, un manque de 35 % de pluviométrie a été relevé à la station de Saint-Quentin, et de 27 % à celle d’Abbeville, par rapport à la moyenne des dix dernières années.
L’ITB a donc fixé la dose conseillée (DC) médiane d’azote à 30 unités de N/ha. Le spécialiste précise : «Sur certaines parcelles, il était même possible de faire l’impasse, tant le total des fournitures était élevé, parfois jusqu’à 345 u/ha.
Et fournir plus d’azote que 250 u/ha n’apporte rien pour les betteraves, si ce n’est une dépense supplémentaire !» Même constat pour l’apport en sodium : «L’effet est simplement visuel. Il n’y a pas d’effet notable, ni sur la quantité, ni sur la qualité.»

Bien préparer son sol
Pour Thierry Leclère, «la préparation du sol et les semis sont un grand pas vers les rendements finaux». Cela commence par un labour régulier, dès l’automne, surtout pour les sols argileux, avec une charrue bien réglée pour un labour régulier. Ne pas travailler trop profondément, 20 à 25 cm suffisent. Et surtout, éviter de trop affiner. Pour les limons battants, mieux vaut attendre que le sol se ressuie pour éviter le tassement.
Il s’agit ensuite d’observer l’état du labour en sortie d’hiver. Pour la préparation du lit de germination, qui se situe à 5 ou 6 cm de profondeur, il faut éviter l’utilisation d’instruments qui écrasent le sol, «mais pour tout type de sol, le rappuyage est primordial !».
L’agilité du planteur réside surtout dans son adaptation aux conditions du moment. Un hiver sans gel est le cas le plus difficile. «L’objectif est alors de fabriquer une terre un peu plus fine. Mais les passages supplémentaires, fortement rappuyés ne sont pas idéaux. Le manque de contact de la terre avec la graine provoque des levées échelonnées et favorise les dégâts de rongeurs.»
Lors de vent froid et desséchant, il faudra adapter le travail du sol pour éviter l’assèchement du lit de semence. En cas de manque d’eau, l’irrigation est intéressante si la population est faible : prévoir un à deux passages à 15 mm d’eau en fines gouttes, lorsque le vent est tombé. «Mais cette pratique doit rester exceptionnelle, car elle est compliquée à mettre en œuvre.»

Optimiser les semis
La plupart des semis s’effectuent entre le 20 mars et le 15 avril, lorsque il n’y a plus de risque de fortes gelées et que les conditions climatiques le permettent. Il faut que la terre soit suffisamment réchauffée pour permettre la germination des graines (7°C environ).
Un semoir bien réglé est indispensable ! Il convient aussi d’adapter sa vitesse ; 9 à 10 km/h pour un semoir mécanique et 3 à 6 km/h pour un semoir pneumatique. Cela permettra de semer le plus précisément possible : une distance de semis autour de 17 et 18 cm sur le rang, et 45 cm entre les lignes.
Une profondeur de 2 à 2,5 cm convient à toutes les situations. Elle permet de mettre la graine en contact avec la terre humide, et donc une humection de la semence, une reprise rapide du métabolisme et un développement du radicale, puis de l’hypocotyle. «Si le profil est desséché, opter pour le travail du chasse-mottes. La graine sera dans l’humidité lorsqu’une petite épaisseur de sol sera enlevée.»

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