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Bilan fourrager : essentiel aujourd’hui, incontournable demain

Pour beaucoup d’éleveurs, la période d’ensilage du maïs est un moment important en matière d’approvisionnement fourrager. Même si les rendements sont au rendez-vous cette année, la récolte est l’occasion de vérifier avec un bilan fourrager si le stock est suffisant pour subvenir aux besoins des animaux. 

Le calcul du stock de fourrages et sa mise à jour régulière est utile pour anticiper un éventuel déficit et réagir à moindre frais. 
Le calcul du stock de fourrages et sa mise à jour régulière est utile pour anticiper un éventuel déficit et réagir à moindre frais. 
© D. R.

Calculer les besoins pour les confronter aux stocks. La méthode du bilan fourrager est bien connue. Toutefois, sans y revenir en détail, il faut être averti de la variabilité qui peut exister entre la consommation d’une vache laitière qui produit 7 000 litres de lait par an et une autre qui produit 9 ou 10 000 litres. À cela s’ajoute le niveau de complémentation et la densité énergétique du fourrage. Pour ne pas se tromper, il est préférable de faire le point sur ces éléments et il est même recommandé de faire analyser les fourrages.

 

De la rigueur mais sans excès

Pour estimer le stock, l’excès de simplification peut généralement être source d’erreurs. La «méthode» qui consiste à comparer la hauteur du tas par rapport à une année normale est, certes, très rapide mais aussi très aléatoire. Pour être plus exact, il faut ramener le silo à une forme élémentaire dont le calcul du volume est possible après en avoir mesuré les dimensions. Différentes tables de densité indiquent ensuite un coefficient multiplicateur moyen pour obtenir le tonnage en stock.

 

L’heure du bilan, le temps des questions

C’est à l’issue de la comparaison entre besoins et stocks que les questions se posent réellement. Dans le cas d’un bilan excédentaire ou équilibré, la conduite technique du troupeau pourra être menée normalement en répartissant les fourrages en fonction de leurs qualités selon les besoins des animaux. À l’inverse, un bilan déficitaire doit interroger. La météo est souvent mise en cause lorsqu’elle pénalise les rendements, mais si cette situation est récurrente d’une année sur l’autre il y a inévitablement des causes annexes. L’augmentation des effectifs sans augmentation des capacités de stockage a parfois réduit la marge de sécurité et pénalisé la qualité du stockage. De même, la SFP n’a peut-être pas suivi ce supplément d’effectif dans des proportions identiques afin de pas pénaliser les cultures de vente. Trois vaches supplémentaires à la traite consomment l’équivalent d’un hectare de maïs. 

Le stade de récolte peut également être en cause, particulièrement cette année où la somme de températures a évolué moins rapidement. Si chaque année, l’ensilage est récolté tardivement à un stade un peu juste (moins de 30-32 % MS), en 2021, le stock de matière sèche (MS) risque d’être encore plus pénalisé. Cela doit inciter à revoir le choix variétal pour assurer la maturité du maïs et donc son rendement : 1 point de MS représente 200 kg de MS par hectare…

 

Prendre des décisions

Le calcul renseigne sur les proportions de fourrage manquant et, donc, sur l’échéance de la fin du stock et pour quels animaux. Ces informations sont précieuses, d’autant plus lorsqu’elles sont connues longtemps à l’avance. Un constat précoce permet, par exemple, d’anticiper un achat si une opportunité se présente. De même, il peut influencer le choix des variétés de maïs de la prochaine récolte, en optant pour une implantation un peu plus précoce et un indice moins élevé afin de récolter plus tôt. Moduler l’effectif, récolter des céréales immatures, implanter des méteils, acheter un complément de fourrage… les solutions d’adaptation sont finalement assez nombreuses lorsque le déficit est anticipé.

 

Optimiser l’herbe

Avec certaines adaptations, quelques hectares d’herbe peuvent fournir le supplément de fourrage pour un report de stock, voire une fermeture du silo, et cela, sans modifier la SFP. Suivre précisément la croissance de l’herbe, respecter les stades d’entrée et sortie des animaux et les temps de repos, veiller au chargement sont souvent les pistes à prioriser. La réorganisation des paddocks peut aussi être source d’un pâturage plus efficace.

Qu’elle soit organique ou minérale, la fertilisation des prairies peut également être une bonne voie d’amélioration du rendement. Pour les prairies permanentes, il peut être judicieux de prévoir une analyse foliaire au printemps pour s’assurer de la fourniture en P et K. À partir des résultats, il est possible de mieux orienter la fertilisation de l’année suivante en privilégiant d’abord les déjections animales de la ferme.

Le calcul du stock de fourrages et sa mise à jour régulière est utile pour anticiper un éventuel déficit et réagir à moindre frais. Cette gestion mérite une attention particulière et une mise à jour à chaque moment clé qui correspondent aux récoltes majeures. Le bilan fourrager est donc un outil de conduite d’élevage incontournable pour permettre à l’éleveur d’adapter son système à l’actualité. Les événements climatiques augmentent l’incertitude et la variabilité des rendements fourrager. Dans ces conditions, le stock fourrager devrait assurer treize à quatorze mois de consommation pour faire face aux aléas à moindre frais. 

 

Le «Nutriscore» des fourrages

Les analyseurs infrarouges ont nettement fait baisser le coût d’une analyse de fourrage. Cela doit inciter les éleveurs à mieux connaitre les valeurs alimentaires de leurs récoltes pour adapter la distribution et affiner le calcul des stocks. Pour les fourrages fermentés, il faut attendre la stabilisation, soit quatre semaines minimum après la récolte. Malgré tout, il est conseillé de réaliser une ou plusieurs analyses complémentaires pendant la consommation du silo ou à l’entame d’un autre. 
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