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Bio : un marché toujours en croissance

Le 15 septembre, l’Agence Bio a présenté les chiffres de la filière pour le 1er semestre 2017. Si la filière continue de s’étendre, elle doit aussi relever de nouveaux défis.

Florent Guhl (directeur de l’Agence Bio) et Gérard Michaut (président de l’Agence Bio) à Paris, le 15 septembre, 
à l’occasion de la présentation des chiffres de la filière bio pour le 1er semestre 2017.
Florent Guhl (directeur de l’Agence Bio) et Gérard Michaut (président de l’Agence Bio) à Paris, le 15 septembre,
à l’occasion de la présentation des chiffres de la filière bio pour le 1er semestre 2017.
© AAP

D’après les chiffres de l’Agence Bio, portant sur le premier semestre 2017, présentés le 15 septembre à Paris, la production bio est toujours en forte croissance. Au premier semestre 2017, 51 490 opérateurs se sont engagés dans le bio, soit 9,3 % de plus que fin 2016. 1,77 million d’hectares étaient en agriculture biologique, une augmentation de 15 %, ce qui représente 6,5 % de la surface agricole utile (SAU) et 8 % des exploitations désormais en agriculture biologique. 2 965 producteurs se sont engagés dans la démarche d’AB entre janvier et juin contre 2 996 au premier semestre 2016.
Le nombre de conversions augmente, notamment en culture légumière, viticole et avicole. Les conversions se maintiennent pour les grandes cultures et l’élevage bovin allaitant. En revanche, elles ralentissent en bovin laitier et en ovin allaitant. L’observatoire enregistre également, par rapport à fin décembre 2016, une croissance du marché du bio de plus de 420 millions d’euros en six mois avec, notamment, l’ouverture de 130 magasins spécialisés. Les ventes ont augmenté de 18 % en GMS et de 12 % dans les magasins spécialisés.
Dans un communiqué daté du 15 septembre, le ministre «se félicite de cet essor de l’agriculture biologique». Le bio est bien implanté dans l’alimentation française, puisque neuf Français sur dix consomment au moins une fois du bio dans l’année et 15 % tous les jours. Il obtient la confiance de 82 % des Français mais, pour Florent Guhl, directeur de l’Agence Bio, «il est important de maintenir cette confiance qui peut être fragile». Si les Français plébiscitent le bio, ils sont 73 % à en vouloir davantage en GMS et 44 % à souhaiter les trouver plus chez les artisans de proximité. Pour le directeur de l’Agence Bio, «le bio peut donc être un moteur pour redynamiser les commerces de proximité, qui sont souvent en perte de vitesse dans les agglomérations de tailles moyennes».

118 00 emplois directs
A l’occasion de la présentation de ces chiffres, l’Agence Bio a aussi divulgué ses propositions pour les Etats généraux de l’alimentation. Son objectif est d’amplifier le développement de la filière dans tous les domaines, de l’amont à l’aval, afin que la France soit «autosuffisante en produits bio». Une autosuffisance sur la bonne voie, puisque 71 % des produits bio consommés en France sont produits sur le territoire, sachant que 43 % des imports concernent les produits exotiques (banane, cacao, café…) ou purement méditerranéens (olives, agrumes), et la moitié des importations provient de l’Union européenne.
Pour le ministre, «les agriculteurs français montrent qu’ils se mobilisent pour répondre à la demande, puisque plus de 80 % de la consommation de produits bio (hors produits exotiques) sont issus des fermes françaises. Le défi des années à venir est donc d’amplifier les efforts de tous pour que la croissance du marché bénéficie aux acteurs de l’agriculture biologique dans les territoires français, ainsi qu’aux consommateurs».
Dans le cadre des Etats généraux de l’alimentation, l’Agence Bio demande notamment le maintien des dispositifs d’aide aux producteurs ; la «priorisation» de l’accès au foncier pour les jeunes agriculteurs qui veulent s’installer en bio ; l’introduction progressive de 20 % de produits bio dans la restauration collective d’ici 2022 ; le doublement du fonds «Avenir bio» et l’orientation des outils de financement privés vers le bio comme, par exemple, le Livret de développement durable.
Le ministère semble soutenir l’agence dans ses démarches, puisque dans un communiqué daté du 15 septembre, le ministre affirme qu’il est «primordial de préparer l’agriculture biologique de demain pour l’Etat et les régions». Stéphane Travert missionne d’ailleurs l’Agence Bio pour «renforcer son rôle dans la structuration des filières, en associant les Régions et les Agences de l’Eau, ainsi que tous les acteurs de l’accompagnement du bio».
Fin 2016, 118 000 emplois étaient pourvus au sein de la filière, soit une progression de 8 % par an. Une problématique importante pour l’Agence Bio est donc aussi de travailler sur la formation des futurs travailleurs de la filière, qu’ils soient de jeunes diplômés ou des personnes en reconversion professionnelle.

Bio et abordable
Les produits issus de l’agriculture biologique sont souvent critiqués pour leurs prix trop élevés, et donc leur non-accessibilité pour les publics les plus modestes. Une étude de l’Anses montre bien que les cadres et professions libérales sont la catégorie de population qui consomme le plus de produits bio, et ce sont les ouvriers qui en consomment le moins. Cependant, les professions intermédiaires, les agriculteurs et les retraités, ne sont pas en reste. Si 60 % des cadres en consomment, c’est aussi le cas de 40 % d’agriculteurs et de près de 50 % des personnes dans les professions intermédiaires. Reste tout de même que la question de l’accessibilité des produits bio est un enjeu fort.


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