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Biométhane injecté : maintenir la dynamique en région

Maintenir la position de leader des Hauts-de-France en matière de biométhane injecté et faire le point sur la dynamique sur le territoire : c’était l’objet du premier webinaire d’une série organisée par Rev3 et dédiée à la méthanisation.

28 unités sont en cours de construction, dont 20 seront mises en service cette année. Et 57 projets sont en phase d’étude, voire plus dans la région.
28 unités sont en cours de construction, dont 20 seront mises en service cette année. Et 57 projets sont en phase d’étude, voire plus dans la région.
© D. R.

Être la première région européenne en matière de biométhane injecté : c’est l’objectif désormais bien connu de la région, qui s’est donné les moyens via le Collectif opérationnel régional du biométhane injecté (Corbi) d’accompagner le déploiement des unités. Le collectif a créé une marque, Méta’morphose, ainsi qu’un événement qui se déroule tous les deux ans.

 

120 unités dans l’année

Président de Rev3, mouvement régional pour impulser la Troisième révolution industrielle dans les Hauts-de-France, Philippe Vasseur a introduit le premier webinaire d’une nouvelle série le 11 mars. Elle sera dédiée à la méthanisation, et jalonnera l’année 2021 jusqu’à l’organisation en décembre de la troisième édition du salon Méta’morphose. «Quand fin 2013, avant la fusion des régions, nous avons lancé la Troisième révolution industrielle en Nord-Pas-de-Calais, nous avions prévu à l’horizon 2021 d’avoir 40 unités en fonctionnement, dénombre Philippe Vasseur. On en compte aujourd’hui 35. 28 sont en cours de construction, dont 20 seront mises en service cette année. Et 57 projets sont en phase d’étude, voire plus. Cela fait donc 120 unités en service ou programmées de façon certaine.»

 

Facteur d’acceptabilité

L’un des points mis en avant par l’événement en ligne : l’une des clés pour désamorcer le plus grand frein à la construction des unités : l’acceptation des projets par les riverains. «À Volckerinkove (59), l’unité de méthanisation Biogaz Liévin va permettre de desservir une mairie et une école, explique Nathacha Lecerf Noël, directrice générale du syndicat intercommunal d’énergie des communes de Flandre (SIECF). Grâce à la méthanisation, ces bâtiments vont pouvoir abandonner le fioul pour passer au gaz vert produit localement. C’est un puissant facteur d’acceptabilité.»

 

Le bio GNV à la pompe

Autre sujet d’importance pour le développement de la filière : le développement de stations de bio GNV permettant de faire le plein de véhicules adaptés directement à la sortir des cuves, encore peu nombreuses dans la région à l’exception notamment de celle ouverte à Arques en novembre dernier par AgriOpale. «On est très en retard par rapport à la Belgique. J’ai des collègues dont les bus au biogaz vont se recharger en Belgique», affirme, d’un ton inquiet, Michel Decool, président du SIECF et maire de Cappelle-Brouck (59). Ça tombe bien : le conseil régional va prochainement lancer un appel à projets pour la construction d’un réseau de stations. «Le biométhane contribue à la mobilité verte avec le développement du bio GNV. Cela implique la création d’un réseau de stations en Hauts-de-France», a conclu Philippe Vasseur.

 

Les professionnels du gaz demandent que le bioGNV ait sa «juste place»

À l’heure où le Parlement s’apprête à travailler sur le projet de loi Climat, les filières de la méthanisation agricole, du GNV/bioGNV (Gaz naturel véhicule) et de l’énergie du gaz en général se mobilisent «pour promouvoir le biogaz en particulier dans la mobilité». L’AAMF (agriculteurs méthaniseurs), l’AFGNV (gaz naturel pour véhicules) et l’AFG (Association française du gaz) demandent «une règlementation qui donne aux carburants renouvelables et notamment au bioGNV leur juste place». Ces trois organisations ont appelé à la prise en compte de «l’ensemble des émissions de CO2 sur tout le cycle de vie des véhicules», le 11 mars. «Le gaz naturel et, de plus en plus, le biométhane, jouent un rôle croissant dans la transition énergétique. Pourtant, trop de décisions publiques les mettent de côté sans raison objective et optent pour des choix dangereux pour la sécurité des systèmes énergétiques.» Or, le gaz vert produit localement et porté par les agriculteurs «est efficace pour décarboner le secteur des transports durablement», ont déclaré les trois associations.
Jean François Delaitre, président de l’AAMF a conclu en indiquant que la filière a décidé de montrer l’exemple avec «100 stations d’ici 2024».
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