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Blé tendre : quelles maladies craindre ?

Les conditions climatiques des prochaines semaines seront déterminantes pour le développement de la plupart des maladies du blé : septoriose, rouille jaune, rouille brune. 

Ces dernières années, les printemps plus secs, en particulier sur le mois d’avril, ont tendance à retarder l’arrivée de l’épidémie de septoriose.
© ARVALIS

En ce mois d’avril, la plupart des blés ont atteint le stade épi 1 cm. Les parcelles se portent bien. Les conditions plutôt fraîches et humides du mois de mars ont ralenti leur développement. Le stade 2 nœuds doit être atteint, et le stade dernière feuille pointante devrait l’être fin avril/début mai. L’année 2021 est donc proche des références pluriannuelles, avec une cer-taine variabilité selon le secteur, la variété ou encore la date de semis. Les conditions clima-tiques de ces prochains jours pourront faire évoluer ces prévisions.
Le premier critère du risque rouille jaune reste la sensibilité variétale. Une grande majorité des variétés cultivées dans la région sont peu sensibles (note de 7 et plus : Chevignon, Fructidor, KWS Extase, Rubisko…), et l’analyse de risque peut attendre le stade 2 nœuds.  Pour les va-riétés sensibles (note < ou égale à 6), l’analyse de risque débute à partir du stade épi 1 cm. Précisons que les cotations ont été remises à jour cet hiver. 
La cotation de certaines variétés a été réajustée de +/- 1 point, sans que cela change fortement sa classifcation. (-1 point pour Amboise, RGT Sacramento, LG Absalon, RGT Libravo… ;  +1 point pour RGT Lexio, Complice, KWS Ultime, RGT Perkussio…). Seul Campesino a perdu 2 points, passant d’une note de 7 à 5 suite à l’observation de symptômes fréquents l’année dernière.
Le modèle Yello, utilisé dans les BSV, estime un niveau de risque climatique relatif à la rouille jaune en fonction de la date de semis et de plusieurs variables climatiques pour indiquer des dates de visites sur les parcelles mais sans tenir compte de la sensibilité variétale. Cette année, le modèle prévoit un risque bien plus faible que l’année de référence haute 2014 et 2020. Les périodes de gel en février ont abaissé le risque et les conditions toujours assez fraîches en mars ne l’ont pas fait fortement progresser. Il faudra rester vigilant et aller observer les parcelles dès que les conditions climatiques redeviendront plus favorables avec la remontée des températures sur les situations les plus à risque (bordure maritime, semis précoces et variétés sensibles).
L’inoculum de septoriose estimé au stade épi 1 cm est plutôt faible cette année, mais il est rarement limitant dans notre région. Il dépend notamment des contaminations hivernales qui ont eu lieu suite aux précipitations importantes de décembre et janvier. Cependant, ce sont les conditions climatiques à partir du stade
2 nœuds qui seront déterminantes dans le développement de la maladie et la nuisibilité finale. Pour l’instant, les conditions de début montaison sèches et assez fraîches ne sont pas favorables à un développement précoce de la maladie. Il faudra être vigilant autour de la dernière feuille pointante pour les variétés sensibles, et dernière feuille étalée pour les variétés peu sensibles.

Miser sur la tolérance variétale
L’impasse du T1 devient la règle pour les variétés peu sensibles à la septoriose - hors risque rouille jaune. Un grand nombre de variétés cultivées dans la région présentent ce profil, à la fois peu sensible à la septoriose (note ≥ 6,5) et à la rouille jaune (note ≥ 7) (type Chevignon, KWS Extase…). Leur résistance permet d’éviter de systématiser le premier passage au stade «1-2 nœuds» (T1). Par ailleurs, ces dernières années, les printemps plus secs, en particulier sur le mois d’avril, ont tendance à retarder l’arrivée de l’épidémie de septoriose. Toutefois, les variétés les plus sensibles à la septoriose (note < 5,5) sont tout de même à surveiller en fonction du climat à venir et les outils d’aide à la décision peuvent permettre de s’ajuster au contexte de l’année.

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