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Bonduelle et ses producteurs trouvent un accord

Le transformateur de légumes Bonduelle a annoncé le 16 décembre une revalorisation des prix d’achat aux producteurs de légumes verts des Hauts-de-France.

Le geste consenti par Bonduelle aux producteurs d’Oplinor et d’OPL Vert s’inscrit dans une démarche de revalorisation progressive des prix engagée au début de l’année 2020.
Le geste consenti par Bonduelle aux producteurs d’Oplinor et d’OPL Vert s’inscrit dans une démarche de revalorisation progressive des prix engagée au début de l’année 2020.
© A. P.

«Sans rémunération, il deviendra difficile de trouver des hectares pour faire pousser des légumes…». Cette phrase, prononcée le 16 décembre dernier, n’est pas celle d’un des responsables des deux organisations de producteurs de légumes des Hauts-de-France (OPL Vert et Oplinord) livrant les usines Bonduelle, mais elle est signée Jean-Christophe Sibileau, directeur général Bonduelle Europe Long Life. Ce dernier réagissait à l’accord qui a été trouvé un peu plus tôt portant sur une revalorisation des prix pour les récoltes 2021. Pour les producteurs des Hauts-de-France, il y aura donc bien une meilleure rémunération à la clé, et ce, dès la prochaine campagne, comme le demandaient les organisations OPL Vert et Oplinord, fin novembre (L’Action agricole picarde du 27/11). Président de l’OPL Vert, Éric Legras expliquait à cette époque dans les colonnes de la presse agricole des Hauts-de-France que la campagne passée a été «très difficile» pour des producteurs ayant dû «mettre plus de moyens pour obtenir au final une récolte décevante». Il soulignait, dans le même temps, que le recours à l’irrigation, aux techniques culturales alternatives et l’impact des aléas climatiques sur les rendements «rendent la culture de légumes de plus en plus difficile, et de moins en moins rentable».

Des défis multiples
Dans son communiqué du 16 décembre, le leader mondial du légume transformé justifie ce geste par une volonté de compenser des aléas climatiques qui ont pesé sur la récolte 2020, mais pas seu-lement. Pour les producteurs, cet espoir d’une meilleure rémunération coïncide, en effet, avec plus d’exigences en matière de transition agroécologique. Il rappelle également que le geste consenti s’inscrit dans une démarche de revalorisation progressive engagée au début de l’année 2020. Ce premier accord d’il y a quelques mois prévoyait, en effet, «une augmentation du revenu à l’hectare» des agriculteurs et devait leur permettre «d’accélérer la transition agroécologie avec pour objectif la certification HVE». Un peu plus loin dans sa communication, Bonduelle explique être en train de travailler également à un accord de revalorisation des prix de contrats pour d’autres légumes verts produits dans le sud-ouest de la France. Avec 18 000 hectares en production, OPL Vert et Oplinord représentent, quant à elles, 25 % des surfaces contractualisées en France par Bonduelle.

Un appel à la grande distribution
Si industriel et producteurs s’accordent sur le besoin d’une revalorisation, reste désormais à convaincre un autre maillon de la chaîne – et ce n’est pas le moindre –, de cette nécessité : la grande distribution. Fin novembre, OPL Vert et Oplinor assuraient ainsi que «la valeur des produits finis est insuffisante», appelant «les acteurs de la grande distribution à se rallier aux efforts nécessaires pour soutenir une filière essentielle à la souveraineté alimentaire française (…) Nous avons impérativement besoin du soutien de tous les acteurs de la filière, industriels et distributeurs pour revaloriser le revenu agricole. Sans un soutien significatif, la filière légumes sera amenée à disparaître petit à petit». Il y a quelques jours, c’est Bonduelle qui enfonçait le clou en appelant «l’ensemble des partenaires de la grande distribution à poursuivre leur soutien (…) qui permettra de maintenir une filière de légumes de qualité et accessibles à tous en France». Cette demande partagée entre industriel et producteurs intervient au moment même où la FNSEA veut «mettre en garde les acteurs de la chaîne alimentaire» sur une guerre des prix qui semble faire son retour depuis quelques semaines.

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