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Commercialisation
Brexit : «Notre principal enjeu, c’est la fluidité»

Préserver la fluidité des échanges commerciaux, malgré le rétablissement des contrôles aux frontières avec le Royaume-Uni : c’est tout l’enjeu pour les services de l’État, en ébullition à l’approche du Brexit qui aura lieu le 31 décembre.

Le Brexit fait craindre à la CCI Hauts-de-France des conséquences pour les entreprises de la région.
© D. R.

13 000 véhicules légers, 12 000 poids lourds et 60 000 passagers. C’est le flux quotidien de véhicules et de passagers qui devront se soumettre au contrôle des douanes à chaque traversée de la Manche à partir du 1er janvier 2021 dans les ports de la Côte d’Opale. Après presque trois ans de tergiversations, l’issue est désormais certaine : un «hard Brexit» sans accord.

Avantage compétitif
Dans les Hauts-de-France, qui voient passer 70 % des échanges entre Union européenne et Royaume-Uni, la question est prioritaire. Avec une urgence : éviter les ruptures dans les approvisionnements. «C’est la première fois qu’on remet une frontière, observe Jean-Michel Thillier, directeur interrégional des douanes et droits indirects des Hauts-de-France, à la conférence de presse donnée à la préfecture de Lille le 14 décembre. Le mouvement général allait jusqu’ici à les effacer.»
«Nous ne devons par perdre l’avantage compétitif que la géographie nous a légué», martèle pour sa part Michel Lalande, préfet de région, soulignant que ses services «œuvrent depuis trois ans pour une approche commune» de la gestion du Brexit. «Nous avons tout fait pendant quarante ans pour que la compétitivité soit un atout. Rétablir des frontières ne doit pas nous freiner. Les Britanniques resteront nos premiers voisins.»

40 millions dans les ports
Pour ce faire, les autorités portuaires ont investi 40 millions d’euros dans les ports de Dunkerque, Calais et Boulogne, sans compter le renforcement des équipes avec des agents supplémentaires. «L’État apportera sa contribution», a promis le préfet. Parmi les nouvelles infrastructures : quatre postes vétérinaires frontaliers (à Boulogne, Calais port, Calais tunnel et Dunkerque), qui verront transiter chevaux, vaches, moutons…

Frontière intelligente
Principale innovation mise en avant par les services de l’État : la création d’une «frontière intelligente». En réalité des procédures d’allègement administratif par le numérique. «La frontière intelligente, c’est éviter de faire trop de bureaucratie, résume Michel Lalande, les entreprises pourront anticiper les formalités. Tout ce qui peut concourir à laisser rouler un camion, c’est bon.» 
Une solution à la mesure des enjeux : 80 à 85 % des liaisons de ferry avec le Royaume-Uni passent par la région, avec des fréquences de rotation élevées et un temps de traversée extrêmement court (entre 35 minutes et 1h30), qui ne laisse pas le temps de rattraper d’éventuels contrôles.
«Notre principal enjeu, c’est la fluidité», résume Philippe Hourdain, président de la CCI des Hauts-de-France, qui confie cependant une inquiétude pour les six mois à venir : «Les entreprises françaises sont-elles prêtes ? Les grandes oui, elles ont les moyens de l’être. Mais les petites ? Les trésoreries sont déjà abîmées par la Covid-19, j’ai bien peur que le Brexit n’arrange pas cela.»

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