Aller au contenu principal

Bruxelles veut ouvrir le marché européen à Kiev dès le mois de juin

L’accord commercial entre l’Union Européenne et l’Ukraine se précise.

Les modalités de l’ouverture du marché de l’UE aux importations en provenance de l’Ukraine ont été précisées par la Commission européenne, après que les chefs d’État et de gouvernement des Vingt-huit, réunis le 6 mars à Bruxelles, aient confirmé que «l’Union entend adopter des mesures unilatérales qui permettraient à (ce pays) de bénéficier de manière substantielle des avantages offerts par la zone de libre-échange approfondi et complet». Cette libéralisation du commerce bilatéral est prévue par l’accord d’association qui a été paraphé en novembre dernier et que les dirigeants de l’UE souhaitent maintenant signer «au plus tard à la fin du mois d’août 2014». Le premier ministre ukrainien, Arseni Iatseniouk, a assuré le que le volet politique de cet accord d’association serait signé dans les prochains jours.

Procédure accélérée
Le commissaire européen au commerce, Karel de Gucht, demande même au Parlement d’adopter par anticipation cette proposition. Ainsi, dès le mois de juin, l’Union Européenne pourrait engager unilatéralement la réduction ou l’élimination des droits de douane sur les marchandises ukrainiennes.
Ces préférences resteront en place jusqu’au 1er novembre, en attendant la signature de l’accord de libre-échange, précise Bruxel­les, et l’Ukraine ne sera pas tenue, de son côté, de fournir un accès supplémentaire aux exportations de l’UE pendant cette période.

Un avantage annuel de 400 millions €
La Commission ajoute que des contrôles de «sauvegarde» seront mis en place pour prévenir d’éventuelles pressions anormales sur le marché qui, provoquées par les concessions tarifaires octroyées à l’Ukraine, auraient un impact sur les entreprises de l’UE, y compris le secteur agricole. Selon le président de l’exécutif européen, José Manuel Barroso, cette ouverture du marché européen «représentera un bénéfice économique pour l’Ukraine d’environ 500 millions € par an», dont 400 millions € pour le seul secteur agricole. 82,3 % (en valeur) des produits agricoles exportés par ce pays pourront entrer librement sur le marché communautaire.

Mise en garde des organisations agricoles de l’UE
En réaction, les organisations et coopératives agricoles de l’UE recommandent de ne pas mettre en œuvre cette anticipation. Par exemple, dans le secteur des céréales, le Copa-Cogeca, considère que l’environnement commercial «défavorable» et le «manque de transparence» des opérateurs de ce secteur en Ukraine ne permettent pas d’assurer que l’agriculture de ce pays en bénéficiera. Pour les viandes, il met en garde contre l’incapacité de l’Ukraine à «faire face à l’extension de la crise de la peste porcine africaine». Pour la volaille et les œufs, ce sont les normes de production dans ce pays, inférieures à celles de l’UE, qui sont mises en cause. L’application anticipée de l’accord dans ces secteurs «ne pourra avoir que des impacts négatifs sur les agriculteurs ukrainiens et ceux de l’Union», conclut le Copa-Cogeca.

Les quotas pour les produits sensibles

Les quotas communautaires à droit zéro pour les produits sensibles en provenance de l’Ukraine sont les suivants (quantités annuelles) : viande bovine 12 000 tonnes, viande porcine 20 000 t, viande porcine sauf jambon et filet 20 000 t, viande ovine de 1 500 t à 2 250 t au bout de cinq ans, viande de volaille et préparations de 16 000 t à 20 000 t, viande de volaille (carcasses congelées) 20 000 t, lait et crème, lait condensé et yogourts de 8 000 t à 10 000 t, poudre de lait de 1 500 t à 5 000 t, beurre et pâtes à tartiner laitières de 1 500 t à 3 000 t ; œufs et albumines de1 500 t à 3 000 t, oeufs en coquille 3 000 t ; miel de5 000 t à 6 000 t ; blé tendre, farines et agglomérés (pellets) de 950 000 t à 1 million de tonnes ; orge, farine et pellets de 250 000 t à 350 000 t, avoine 4 000 t, maïs, farine et pellets de 400 000 t à 650 000 t, gruaux et préparations d’orge et céréales autrement préparées de 6 000 t à 7 500 t, malt et gluten de blé 7 000 t, amidons 10 000 t, sons et résidus de 15 000 à 20 000 t ; sucre 20 000 t, autres sucres de 10 000 t à 20 000 t, sirops de sucre 2 000 t ; ail 500 t, champignons 500 t, champignons frais 500 t, tomates transformées 10 000 t, jus de pommes et jus de raisin de 30 000 t à 40 000 t.

Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout {nom-site}.

Les plus lus

Cette rencontre de Bérangère Abba qui fait bondir les chasseurs
La secrétaire d’État chargée de la Biodiversité est la cible d’une campagne de déstabilisation d’une partie de la communauté…
Une conversion bio à grande échelle dans le Santerre
Adeptes de la protection intégrée et de la conservation des sols, les associés du GIE Les sources du Santerre ont entamé une…
Mickaël et Pauline ont à cœur de transmettre leur métier. Deux apprentis travaillent chez eux, et leur nièce (photo) et leurs trois enfants y passent leur temps libre.
Eleveurs bovins (10/10) : Un bâtiment adapté au bien-être animal… et de l’éleveur
Ils sont éleveurs bovin par choix, et leur professionnalisme leur permet de vivre de leur métier. Fin de notre série à la…
Agr’Innov emploi : le recrutement massif est lancé en Haute-Somme
Les exploitations agricoles du secteur de Péronne ont un besoin conséquent en main-d’œuvre, qu’elles n’arrivent pas à combler. C’…
L’animatrice du programme phare de M6 qualifie affectueusement  Hervé «le picarde» de «Tanguy des champs». 
L'Amour est dans le pré : trois millions de fans ont découvert Hervé «le picard»
Pour la première émission de la saison 16 de «L’amour est dans le pré» au cours de laquelle on a pu découvrir 6 des 12 candidats…
Les connaissances scientifiques concernant l’impact des champs électromagnétiques sur la santé des animaux d’élevage doivent largement être approfondies.
Les champs électromagnétiques, maux du XXIe siècle chez les animaux
Ils seraient des centaines d’éleveurs à témoigner de souffrance de leurs animaux à cause d’installations électriques à proximité…
Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 9.90€/mois
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Action Agricole Picarde
Consultez les versions numériques de l'Action Agricole Picarde et du site, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters de l'Action Agricole Picarde