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Géopolitique
Ce que la guerre de Trump contre l’Iran coûte à l’agriculture régionale

La guerre menée par les États-Unis contre l’Iran provoque un choc économique qui se répercute directement sur l’agriculture des Hauts-de-France. Entre flambée des prix de l’énergie et des intrants, les exploitations céréalières régionales voient leurs charges grimper de manière significative.

© Image générée par IA

La guerre menée par les États-Unis de Donald Trump contre l’Iran a mobilisé une partie des échanges lors de la dernière session de la Chambre d’agriculture de la Somme, le 16 mars dernier. Car bien que le conflit ne soit pas géographiquement proche, il a bel et bien des conséquences sur l’agriculture européenne, et donc sur celle des Hauts-de-France. Cheffe du service «stratégie et prospective» de la Chambre d’agriculture régionale, Pascale Nempont n’y est pas allée par quatre chemins : «Le risque avec la guerre contre l’Iran, c’est clairement la hausse des charges agricoles.»

Depuis la tenue des dernières rencontres régionales de l’économie, où un chapitre était consacré à l’agriculture, «la guerre en Iran et la fermeture du Détroit d’Ormuz sont un nouveau choc géopolitique», a souligné Pascale Nempont. Le Détroit d’Ormuz est en effet une zone stratégique pour l’énergie mondiale, considérant que 30 % du pétrole mondial y transite. Entre l’avant-déclenchement de la guerre et le 7 mars, le prix du baril de pétrole est passé de 65 dollars à 90 dollars. Selon certaines hypothèses, si le conflit dure — ce qui semble être le cas —, ce prix pourrait osciller entre 95 et 110 dollars. Quant au gaz, il n’est pas non plus épargné, compte tenu que 20 % du gaz naturel liquéfié transite par le Détroit d’Ormuz. Le prix du gaz européen est ainsi passé de 32 €/MWh à 53 €/MWh au 9 mars.

Pétrole, gaz, engrais à la hausse 

En ce qui concerne les engrais, sans surprise, le conflit américano-iranien a aussi des conséquences, puisque le Détroit d’Ormuz, décidement au cœur, concentre 30 % des flux mondiaux d’urée et 20 % de l’ammoniac. L’Égypte, fournisseur d’engrais de la France, produit de l’urée à partir du gaz provenant de la zone de conflit…

Une fois ces chiffres posés, le service «stratégie et prospective» de la Chambre d’agriculture régionale n’a pas eu de mal à quantifier l’incidence économique pour l’exploitation moyenne céréalière des Hauts-de-France.

+ 51 €/ha pour une ferme céréalière

Si la guerre n’affecte pas les postes «coût du travail», «foncier et capital», «frais de gestion» et «bâtiment», il en est autrement en ce qui concerne les postes «mécanisation» (+11 €/ha) et «approvisionnements» (+40 €/ha).
Selon Pascale Nempont, le surcoût — à date — est de «51 € par hectare», «ce qui n’est pas négligeable». La ferme céréalière moyenne des Hauts-de-France s’étendant sur une surface de 214 hectares, le «coût de la guerre» est pour l’heure de 10 914 €.

Pour Françoise Crété, présidente de la Chambre d’agriculture de la Somme, l’impact de ce nouveau conflit est à prendre au sérieux : «Si la hausse du pétrole se poursuit, il va avoir un effet sur nos fermes, a-t-elle regretté. Toutes nos fermes, y compris d’élevage et cela est inquiétant», s’est émue Mme Crété. Et de souligner que l’étude réalisée par la Chambre régionale d’agriculture devait être présentée l’après-midi même du 12 mars au préfet de la région Hauts-de-France.

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