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Cédants et porteurs de projets espéraient un coup de cœur au farm’dating

Tous se présentaient plein d’espoirs : les uns cherchent un candidat motivé pour reprendre les rênes de la ferme, les autres cherchent la ferme qui leur permettraient de s’épanouir. Cédants et porteurs de projets avaient rendez-vous ce 15 novembre, à Beaucourt-en-Santerre, pour le deuxième farm’dating de la chambre d’agriculture régionale. 

Sur soixante-dix inscrits, dix exploitations et seize candidats à la reprise étaient sélectionnés.
Sur soixante-dix inscrits, dix exploitations et seize candidats à la reprise étaient sélectionnés.
© A. P.

Philippe Codron parle de sa ferme maraîchère du Cucq (62), comme de son bébé. «C’est une exploitation familiale depuis quatre générations, qui comprend 10 ha de cultures légumières diversifiées, avec un débouché de vente directe qui fonctionne très bien», présente-t-il. Lui, comme la dizaine d’agriculteurs proches de la retraite ou en recherche d’associé, fondait beaucoup d’espoir dans le farm’dating qu’organisaient la Chambre d’agriculture Hauts-de-France ce 15 novembre, à la distillerie d’Hautefeuille de Beaucourt-en-Santerre. 

«Sur la formule du speed dating, l’objectif est d’organiser des rencontres entre agriculteurs et candidats à la reprise ou à l'association d'exploitation», présente Julie Potier, conseillère installation-transmission. L’enjeu est de taille. «D’ici 2026, plus de 30 % des chefs d’exploitation atteindront l’âge de la retraite. Un cinquième des terres vont changer de main d’ici cinq ans. Il est urgent de relever le défi du renouvellement des générations, en encourageant des projets d’installation et en incitant les agriculteurs à anticiper leur transmission», introduit France Theret, présidente de la commission Hommes et entreprises à la chambre d’agriculture. Le format farm’dating semble séduire. Sur soixante-dix inscrits, dix exploitations et seize candidats à la reprise étaient sélectionnés. 

L’exercice n’est cependant pas simple. Sept minutes de tête à tête pour convaincre. Au retentissement du jingle, les candidats sont priés de changer de table. «C’est un premier contact. Si le courant passe bien, une deuxième rencontre peut alors s’organiser à  l’exploitation», précise Julie Potier. Philippe Codron aimerait céder à un jeune motivé. «Il y a de quoi faire dans cette ferme maraîchère. Un des gros avantages est la relation avec la clientèle du Touquet notamment, en vacances, régulièrement en résidence secondaire, qui a envie de se faire plaisir avec des bons produits.» Lui continue de faire évoluer son entreprise. «Je travaille à la création d’un site pour développer les commandes en ligne.»

 

Entre activité spécifique et projet défini 

Ferme horticole à 15 km de Lille avec «gros potentiel de vente au détail», entreprise de vente d’aliments d’animaux familiers et d’élevage de volailles près de Moreuil, ou encore atelier de multiplication porcin dans le même secteur… Ces fermes, qui proposent une activité économique tout à fait viable, sont cependant parfois très spécialisées, et ne collent pas toujours au projet déjà bien défini des candidats. Fanny cherche une exploitation de polyculture et élevage laitier, dans lequel elle pourra développer la transformation. «Ce projet est une reconversion. Je me suis formée pour cela et j’ai réalisé six mois d’immersion pour être certaine que mon rêve colle à la réalité.» Aujourd’hui, elle est à la recherche de la ferme idéale. «J’ai été surprise par la taille des exploitations, qui sont assez lourdes à reprendre, et par le faible nombre d’opportunités», confie-t-elle. Dylan est aussi confronté à ce manque de possibilité de reprise. Voilà sept ans qu’il cherche sa perle rare dans le Nord. «Mon grand-père, ex-éleveur ovin, m'a transmis sa passion. Pour moi, il y a une vraie cohérence entre les moutons et les cultures, dans la valorisation des couverts, les engrais fertilisants…»

 

Le temps de la réflexion

Tout le monde n’avait pas trouvé chaussure à son pied à l’issue de l’après-midi, mais tous conservaient leur optimisme. «J’ai été agréablement surprise de l’ouverture d’esprit des candidats, note Agnès Bonne-Duacheux, qui exerce avec passion son métier d’éleveuse porcin spécialisée en multiplication. Les jeunes ne restent pas cantonnés à un schéma initial. Peut-être que la présentation de nos activités fera naître une réflexion qui cheminera dans leur esprit…»

 

Un répertoire pour trouver repreneur

La chambre d’agriculture multiplie les outils pour favoriser la transmission. L’un d’eux est le répertoire départ installation (RDI). Avec l’aide d’un conseiller, le cédant dépose une annonce en ligne qui précise le projet de cession : activité, biens à céder, conditions de reprise, profil du candidat recherché… Le contact du candidat se fait via le conseiller. «Les échanges entre agriculteur et conseiller sont confidentiels et les offres publiées respectent l’anonymat des cédants», précise la chambre. 
Depuis 2019, 46 % des fermes qui sont passées par le RDI auraient trouvé un repreneur. C’est le cas de Christophe et Nicolas, polyculteurs-éleveurs laitiers du Boulonnais, qui ont cédé leur exploitation à Jean-Emmanuel. «Lorsqu’on prend la décision de transmettre, on met le cap sur l’inconnu. L’accompagnement nous a aidé à mener les démarches en confiance», confie Nicolas. 

Contact : Pauline Singez, service installation-transmission, 06 42 15 89 32 ; pauline.singez@npdc.chambagri.fr
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