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Élevage
« Une race de branleurs » : pourquoi la salers gagne du terrain chez les éleveurs

Un reportage diffusé sur la radio Ici Limousin le 11 mai raconte comment et pourquoi la race salers progresse dans le centre de la France au détriment d’autres races. 

vache salers race de branleurs
La facilité de conduite du troupeau constitue un argument avancé par les éleveurs pour expliquer son développement.
© Pexels

Longtemps associée au Cantal et à la Xaintrie corrézienne, la race salers s’implante désormais dans de nouveaux secteurs du département. Autour d’Uzerche (19), plusieurs exploitants ont récemment choisi de se lancer dans cet élevage, comme l’ont rapporté il y a quelques jours nos confrères d’Ici Limousin

Le syndicat corrézien des éleveurs de salers y a organisé sa dernière assemblée générale chez l’un de ces nouveaux producteurs. Pour son président Jean-François Matthieu, la tendance se confirme malgré la baisse globale du cheptel bovin corrézien : « Le cheptel corrézien est en légère baisse, mais dans ce -0,8 %, la salers est en augmentation de 14 % sur 18 mois. »

« Une vache qui n’a pas besoin de beaucoup de charges »

Ici Limousin livre ensuite le témoignage d’un éleveur installé en élevage ovin, Romain Ferrière qui a acheté ses premières salers en 2022 avant d’agrandir progressivement son troupeau. Il explique avoir été rapidement convaincu par les performances de la race. « Au début je ne voulais pas en avoir beaucoup, pour faire manger un petit pré un peu excentré de l’exploitation. Et en fait elles font de supers GMQ. »

L’intérêt économique repose surtout sur l’autonomie alimentaire des animaux, nourris essentiellement à l’herbe. Interrogée dans le reportage diffusé par Ici Limousin, la conseillère agricole Marina Saillard insiste sur cet aspect : « On a des marges brutes et des résultats économiques énormes par rapport à ce qu’il se passe chez la limousine. »

« Elle vêle toute seule sans problème »

La facilité de conduite du troupeau constitue l’autre argument avancé par les éleveurs. La salers est réputée pour ses vêlages autonomes et sa rusticité. Jean-François Matthieu résume cette philosophie avec une formule volontairement provocatrice : « C’est une race de branleurs en fait. Et je me mets dans le lot ! » Avant de préciser : « C’est une race capable de produire des kilos de viande et du lait sans complémentation céréalière ou protéique. »

Dans un contexte agricole marqué par la recherche de rentabilité et d’un meilleur équilibre de travail, ce modèle attirerait de plus en plus d’éleveurs.

Selon le Herd-book Salers, le « berceau » de la race Salers part de l’Ouest du département du Cantal (15) pour s’étendre sur une partie plus ou moins importante des départements de la Haute-Loire (43), du Puy-de-Dôme (63), de la Corrèze (19), du Lot (46) et de l’Aveyron (12). Aujourd’hui, près de 60 % de l’effectif national se trouve dans le berceau de la race, « mais la Salers est présente sur l’ensemble du territoire français grâce à ses nombreuses qualités », se félicite le Herd-book. 

Elle est aujourd’hui la 5ème race allaitante au niveau national, derrière la charolaise, la limousine, la blonde d’Aquitaine et l’Aubrac, avec laquelle elle est au coude-à-coude.

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