Aller au contenu principal

Aménagement du territoire
Chantier du canal Seine-Nord, on y est… presque

La phase de présentation au public du chantier du canal Seine-Nord Europe a fait étape mardi soir à Péronne, avec un focus sur la partie «Somme» de l’ouvrage. Une centaine de personnes y ont participé. 

Aujourd’hui montré en 3D, le canal Seine-Nord est sur les rails pour une mise  en service d’ici 2030. Dans la Somme, la Société du Canal Seine-Nord veut faire du pont-canal un ouvrage «emblématique».
© Société du Canal Seine Nord Europe

Le chantier de construction du canal Seine-Nord Europe est bel et bien lancé et, sauf cataclysme, rien ne devrait plus désormais l’arrêter. Pas même les quelques voix (encore) qui parlent d’une «aberration» comme on l’a entendu mardi soir dernier à Péronne lors d’une réunion publique de présentation du projet. Si les travaux ont commencé dans l’Oise, dans la Somme et les autres départements des Hauts-de-France traversés par le canal, «les études se poursuivent», a ainsi résumé Pierre-Yves Biet, directeur «partenariats et territoires» au sein de la Société du canal Seine-Nord Europe. Dans le Santerre et la Haute-Somme, si les travaux ne sont pas encore vraiment visibles, «cela fait deux ans qu’on a commencé les sondages géotechniques et on fait aussi des diagnostics archéologiques», a exposé le responsable de la société du canal Seine-Nord. Le gros des travaux devrait, quant à lui, y débuter dans le courant du deuxième semestre 2024. Avant de poursuivre la présentation du déroulé de la réalisation secteur par secteur, M. Biet est revenu sur différents aspects du projet - financement, alimentation en eau, impact pour l’agriculture et l’environnement et même opportunité de ce canal à grand gabarit -, comme une manière de lever les doutes. 

 

Limiter les impacts

En ce qui concerne le financement du projet, «il y a eu de longues discussions, mais il est bouclé depuis le 27 juin 2019», a ainsi détaillé Pierre-Yves Biet. Cofinancé par l’Union européenne, les Régions Hauts-de-France et Île-de-France, l’État et les départements des Hauts-de-France, le projet de canal affiche un montant d’un peu plus de 5 milliards d’euros. Pour l’alimentation en eau du canal Seine-Nord, «le sujet a été pris en compte dès le début», rappelle encore M. Biet. Et d’assurer «qu’on ne puisera pas les nappes pour remplir le nouveau canal, mais dans les eaux de surface». Le futur tracé devrait ainsi être alimenté par l’Oise ainsi que par une réserve installée sur les communes d’Allaines et de Bouchavesnes-Bergen. Dans sa conception, le canal a aussi été imaginé pour être «économe» grâce à un système de recyclage au niveau des écluses et l’installation de dispositifs d’étanchéité «performants». En matière d’agriculture, «nous avons travaillé dès le début avec la profession agricole pour limiter l’emprise. L’objectif est de ne pas déstabiliser les exploitations agricoles du territoire». Enfin, en matière d’environnement, «1 100 ha d’aménagements écologiques vont être réalisés : berges lagunées, création de zones humides, reboisements…» Malgré tout, «oui, il y a aura des impacts, mais nous sommes attachés à les réduire autant que possible et compenser avec une réglementation qui s’est durcie», a dit le directeur «partenariats et territoires» au sein de la Société du canal Seine-Nord Europe.

 

Compensation écologique

Pour Pierre-Yves Biet, si le temps du débat a été «long» et le ton des échanges parfois «vif», «il a été tranché» et «la responsabilité de la société du canal Seine-Nord est désormais de faire en sorte qu’il devienne réalité». À une époque où la notion souveraineté est de quasiment tous les discours, «nous sommes convaincus que ce canal est une part modeste de la réponse à apporter», a défendu M. Biet. Rien qu’en matière logistique, «il va permettre de massifier les flux. Un bateau à grand gabarit, c’est trois à cinq fois d’émissions de CO2 à la tonne transportée qu’un transport routier». De quoi ravir les défenseurs d’une nécessaire transition écologique des transports. 

 

Un pont-canal pour quoi faire ? 

C’est l’un des ouvrages qui devrait faire beaucoup parler de lui et déjà beaucoup de questions se posent autour de sa réalisation. De quoi s’agit-il ? Du pont-canal de la Somme qui doit enjamber la vallée de la Somme à hauteur des communes de Cléry-sur-Somme, Biaches et Péronne. D’une longueur de 1 330 m avec une largeur en eau de 34 m, il sera ainsi «le plus long d’Europe». Pour le directeur du secteur pont-canal de la Somme du canal Seine-Nord Europe, Éric Vachet, «le but de cet ouvrage va être de traverser la vallée de la Somme en passant au-dessus». Justifiée par une volonté de réduire l’empreinte écologique du canal sur le milieu naturel, la prouesse est d’abord technique : «Quelques décennies plus tôt, nous n’aurions pas pu le faire ainsi», a déclaré M. Vachet. Et de préciser : «Le pont-canal est en soi une mesure d’atténuation de l’impact du canal dans la vallée de la Somme». Les travaux de cet ouvrage devraient débuter en 2025 pour une durée de quarante mois. Toujours selon les responsables du projet, «on va accorder une grande importance à l’esthétique. Il devra être intégré dans le paysage tout en ayant un côté exceptionnel.» De part et d’autre de la voie d’eau, les promoteurs du projet promettent l’aménagement d’accès de service à vocation récréative. Pour la Société du canal Seine-Nord, le pont-canal de la Somme a vocation à devenir un site «emblématique pour la région Hauts-de-France (…) au même titre que le viaduc de Millau pour l’Occitanie».
Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout {nom-site}.

Les plus lus

Les premières livraisons de betteraves sur le site Cristal Union de Sainte-Émilie ont débuté en milieu de semaine.
Chez Cristal Union, marché du sucre et interdiction des NNI boostent le prix
La coopérative Cristal Union a annoncé le 27 janvier dernier une revalorisation du prix des betteraves récoltées en 2023. Une…
Jaunisse de la betterave
La Cour européenne de justice casse l'attente d'une dérogation pour l'utilisation des NNI
La Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) vient de conclure dans un arrêt du 19 janvier que les États membres ne peuvent ré…
L’AG était l’occasion de valider la fusion avec La Flandre. De gauche à droite, Alexandre rivenet, ancien président  de La Flandre, David saelens, président de Noriap, et  Damien François, DG de Noriap.
Noriap tire son épingle du jeu dans le tumultueux contexte
Crise énergétique, hausse des matières premières, filière œuf à la peine, mais aussi projets, innovation, fusion… Noriap dressait…
Selon la coopération agricole, la production porcine bio représente 30 à 40 % de volume en trop.
De grands opérateurs encouragent les déconversions bio
Porc, lait, œuf ou volaille de chair : dans les filières biologiques en difficulté, de grands opérateurs encouragent les…
Tereos
Les outils de Tereos pour faire face à l’interdiction des NNI
Chez Tereos, pas d’augmentation de prix en vue pour les betteraves qui seront récoltées en 2023, mais des engagements techniques…
Concurrence d’autres cultures plus rentables, sécheresse en 2022, hausse des coûts des intrants…  Face à ces faits, les producteurs sont de plus en plus nombreux à se détourner de la fécule.
Fesneau reconnait un risque de «désengagement» des producteurs de fécule
Le 27 octobre 2022, le sénateur (LR) de la Somme Laurent Somon avait adressé une question écrite au ministre de l’Agriculture…
Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 9.90€/mois
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Action Agricole Picarde
Consultez les versions numériques de l'Action Agricole Picarde et du site, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters de l'Action Agricole Picarde