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Colza
Charançon du bourgeon terminal et larves de grosse altise : évaluer le risque avant d’intervenir

La maîtrise de l’altise d’hiver et du charançon du bourgeon terminal repose en premier lieu sur la combinaison de leviers agronomiques destinés à limiter le recours aux insecticides disponibles. 

La notion de seuil de traitement (ou d’intervention) est remplacée par celle d’analyse de risque qui intègre en plus du niveau d’infestation, un risque agronomique à la parcelle. Terres Inovia fait le point sur l’évaluation du risque à la parcelle et les insecticides à n’utiliser qu’en dernier ressort, lorsque la situation l’exigera.

 

Insecticides en dernier recours

La récente autorisation de mise sur le marché à titre de dérogation pour une période de 120 jours de la spécialité commerciale Minecto Gold - s.a. cyantraniliprole - (art 53 REG 1107/2009) est limitée aux régions Grand-Est, Bourgogne-Franche-Comté, Île-de-France, Centre-Val-de-Loire et les départements de l’Allier et de l’Aisne, concernés par les phénomènes avérés de forte résistance des grosses altises aux pyréthrinoïdes.

Cette autorisation ne change pas la stratégie qui s’inscrit dans une transition agroécologique. Les recommandations en matière de protection insecticide vis-à-vis des altises d’hiver et du charançon du bourgeon terminal s’inscrivent inévitablement dans un contexte de raisonnement qui se fonde tout particulièrement sur la réussite ou non de l’implantation d’un colza robuste ; de la culture, non pas qu’à un instant T, mais sur toute la phase automnale du cycle ; le diagnostic de présence / absence d’insectes ou de dégâts causés par ces insectes.

 

Des OAD pour évaluer le risque à la parcelle

Pour évaluer le risque charançon et larves d’altises à la parcelle, Terres Inovia a développé des outils d’aide à la décision «Colza Risques» en libre accès sur www.terresinovia.fr. L’estimation du risque global à la parcelle est associée, si elle est nécessaire, à une recommandation de lutte insecticide. 

 

Une nuisibilité accrue sur un colza peu développé

Les larves de charançon du bourgeon terminal restent dans les plantes et ne sont pas atteignables par les insecticides. Le traitement vise ainsi les adultes avant la ponte. 

Si un risque est avéré sur la parcelle, il faut raisonner l’intervention en surveillant ses cuvettes et en consultant le nouvel outil de prédiction de vol disponible sur www.terresinovia.fr ainsi que les réseaux régionaux de piégeage (BSV) qui renseigneront en plus de la dynamique de vol sur le risque d’entrée en ponte dans certaines régions.

Même en présence de mutation KDR, le niveau de résistance du charançon du bourgeon terminal reste faible. Les pyréthrinoïdes demeurent efficaces. Utiliser un pyréthrinoïde autorisé comme la lambda-cyhalothrine, la deltaméthrine ou la cyperméthrine. L’étofenprox affiche un niveau d’efficacité inférieur. En raison de l’absence de références, l’esfenvalérate n’est pas recommandé contre le charançon du bourgeon terminal.  

Dans les situations où le risque agronomique est faible (développement précoce, croissance continue à l’automne et reprise précoce au printemps) et la nuisibilité historiquement peu à moyennement fréquente une impasse peut s’envisager. 

 

Larves de grosse altise, préjudiciable en cas de forte pression

Quelle que soit la région et les résistances présentes, n’intervenir qu’après l’évaluation du risque à la parcelle (OAD «Colza Risques larves de grosse altise»). Lorsqu’elle est nécessaire, la protection est à appliquer avant l’hiver, courant novembre à début décembre. En l’absence de risque agronomique le seuil est de cinq larves par plante et en cas de risque agronomique identifié, le seuil est de trois larves d’altises par pied. 

Nos conseils insecticides tiennent compte de l’état des résistances aux pyréthrinoïdes, de l’AMM dé-rogatoire Minecto Gold entre le 10 octobre 2023 et le 31 décembre 2023 sur un colza à partir du stade 6 feuilles (conditionnée par la réalisation d’un test berlèse et une intervention raisonnée selon l’estimation du risque par les outils d’aide à la décision disponibles) et des enjeux liés à la pression de sélection (cf. tableau). 

 

Quel pyréthrinoïde si besoin ? 

Nos essais montrent qu’en l’absence de résistance forte SKDR, la lambda-cyhalothrine (Karaté Zéon dans nos essais) est le pyréthrinoïde le plus efficace, supérieur à la cyperméthrine. La deltalméthrine (Decis Protech dans nos essais) est intermédiaire.  Les pyréthrinoïdes particuliers etofenprox, taufluvalinate, esfenvalérate sont en retrait. 

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