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Chasse des oies en février, c’est encore non

Les responsables de trois associations de chasseurs de gibier de la Somme ont rencontré des membres du cabinet de la secrétaire d’État chargée de la biodiversité au sujet de la chasse des oies au-delà du 31 janvier et la réponse des pouvoirs publics reste la même d’une année sur l’autre.

Cette année encore, la fermeture  de la chasse aux oies en France restera bien fixée au 31 janvier. 
Cette année encore, la fermeture de la chasse aux oies en France restera bien fixée au 31 janvier. 
© Pixabay

La manifestation pendant la réunion informelle des ministres européens de l’Écologie à Amiens dont certains rêvaient pour demander une prolongation de la chasse des oies en février s’est finalement muée en une rencontre avec des représentants du cabinet de la secrétaire d’État chargée de la biodiversité, Bérangère Abba. Si d’autres sujets ont pu être évoqués, c’est bien celui emblématique des oies qui a focalisé les attentions.

 

Chasser plutôt que gazer

Au cours de cet entretien, Logan Laurent, Nicolas Lottin et Jean-Louis Soufflet ont donc évoqué «la fermeture des oies grises en février» en témoignant de «l’incompréhension et du sentiment d’injustice qui existent chez les chasseurs de gibier d’eau face à un Conseil d’État qui s’évertue chaque année à casser les décisions gouvernementales autorisant la chasse des oies en février», selon un communiqué des trois associations représentées (DPM littoral picard Sud, baie de Somme et Sauvaginiers des 3 vallées). Mais la réponse du ministère est inflexible : la fermeture de la chasse aux oies en France restera bien fixée au 31 janvier. Pour ces chasseurs, le morceau est d’autant plus difficile à avaler «qu’il se gaze plus de 200 000 oies chaque année rien qu’aux Pays Bas». Pour justifier leur demande de prolongation, les associations samariennes ont rappelé que «le prélèvement français n’était qu’à peine 3 % de ce chiffre du temps où la chasse était autorisée» ; autant dire «une goutte d’eau». 

 

Glissement sur le terrain politique 

À quelques mois de l’élection présidentielle, alors que plusieurs candidats ont lancé leur campagne, les associations DPM littoral picard Sud, baie de Somme et Sauvaginiers des 3 vallées jugent sévèrement le bilan du chef de l’État, Emmanuel Macron. «Le bilan des promesses de début de mandat du Président Macron était loin d’être positif après la perte des chasses traditionnelles, du transport des appelants, de la chasse à l’oie, du moratoire sur le courlis cendré…», rapportent les trois associations dans leur communiqué. D’autres associations de chasseurs de gibier d’eau et de migrateurs – dont au moins une dans le sud-ouest de la France – ont depuis embrayé le pas aux chasseurs picards, focalisant leurs critiques sur… le président de la Fédération nationale des chasseurs, Willy Schraen. 

Dans une lettre ouverte, l’association des chasseurs de tonne de la Charente-Maritime regrette «que la fin de saison arrive sans qu’aucune communication ne soit faite concernant la chasse des oies en février». Dans ce courrier, l’ACTCM relate une rencontre organisée le 17 janvier entre «plusieurs associations spécialisées du sud-ouest ainsi que les fédérations départementales de chasseurs de Gironde et de Charente-Maritime», et menace désormais directement le président des chasseurs de France : «Nous nous souvenons bien des promesses que vous avez faites en janvier 2018 (…) Les chasseurs de gibier d’eau sont nombreux et pugnaces. Si vous ne voulez pas qu’ils vous jugent responsables des déboires actuels de la chasse aux migrateurs, il va falloir leur prouver par des actes forts et des résultats (…) Nous vous demandons de faire le nécessaire afin de respecter vos engagements, sans quoi nous ne pourrons répondre de l’exaspération de nos chasseurs.» 

Plus modérée, d’envergure nationale, l’Association nationale des chasseurs de gibier d’eau (ANCGE) s’est elle aussi fendue d’un communiqué sous forme de lettre au président de la fédération nationale des chasseurs : «Depuis bien trop longtemps, le sujet de la chasse des oies en février provoque l’indignation des chasseurs de gibier d’eau de France», relate l’ANCGE. Et d’évoquer une «impasse». Bien que le contexte soit «incertain», «l’ANCGE réaffirme sa volonté de pouvoir chasser les oies jusqu’au 10 février inclus», et demande «une solution transitoire cette année en attendant la mise en place d’un plan de gestion européen».

 

La Cour des Comptes recadre la Fondation Assistance aux animaux

Dans un récent rapport de 88 pages, la Cour des Comptes critique sévèrement la gestion de la Fondation Assistance aux animaux (FAA). En dehors de «l’étonnante» permanence de la gouvernance de l’association, transmise de mère en fils et d’un mode de direction «peu collégial», les magistrats du chiffre s’étonnent de l’important matelas financier dont l’association dispose. En effet, sa trésorerie affiche la coquette somme de 46,3 millions d’euros (M€) et elle dispose d’importants immeubles lé-gués par de généreux donateurs dont un à Cannes d’une valeur de 3,2 M€. Cependant, avec tout cet argent, seuls 2 000 animaux sont pris en charge dans les 17 centres dont l’association dispose sur le territoire national. En revanche, la fondation consacre près du quart des dons «à l’acquisition d’immeubles de rapport et à l’accumulation de réserves financières». La Fondation a investi près de 4 M€ entre 2015 et 2019 dans l’immobilier, pointent les magistrats. C’est bien là où le bât blesse : la fondation protégerait plus son patrimoine que les animaux… 
En 2016, la Cour des Comptes avait déjà épinglé cette fondation pour avoir manqué à certaines de ses missions notamment concernant la délivrance de soins gratuits, et pour avoir pris une distance trop importante avec ses statuts officiels… 
Dans un communiqué, la Fondation Assistance aux Animaux souligne que les «réserves émises ont été entendues et sont d’ores et déjà pour partie résolues à l’heure où ce rapport est publié». Créée en 1989, la FAA a été la première association de protection des animaux à être reconnue d’utilité publique.
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