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Chasse : une saison 2020-2021 particulière à bien des égards

Après une saison 2020-2021 marquée par les restrictions liées à la Covid-19 et à la grippe aviaire, les chasseurs samariens espèrent plus de sérénité. 

Le président de la fédération départementale des chasseurs de la Somme, Yves Butel, comme le président national des chasseurs, Willy Schraen, ont tous deux rappelé l’importance «d’être unis pour faire face aux attaques contre la chasse et les chasseurs". 
Le président de la fédération départementale des chasseurs de la Somme, Yves Butel, comme le président national des chasseurs, Willy Schraen, ont tous deux rappelé l’importance «d’être unis pour faire face aux attaques contre la chasse et les chasseurs".
© FDC 80

L’an dernier, contexte sanitaire obligeant, il avait fallu se résoudre à annuler l’assemblée générale de la fédération des chasseurs de la Somme pour la remplacer par un «simple» conseil d’administration. «L’annonce du confinement, l’an dernier, a été un coup de massue», se souvient ainsi Thierry Delefosse, le directeur de la FDC 80. Cette année, c’est dans un format inédit qu’elle a pu se tenir puisque les compte-rendu des différentes commissions comme le formalisme réglementaire se sont tenus par visio. Pour le président de la FDC 80, qui souhaitait une assemblée générale «ouverte à tous, chasseurs ou pas», la promesse a donc été tenue. Même sentiment en ce qui concerne la réalisation des missions qui incombent à une fédération de chasseurs. «La Covid-19 ne nous a pas abattu», a déclaré M. Butel. Avec 21 000 chasseurs, la fédération de la Somme reste dans le peloton des cinq premières fédérations françaises.

 

Amertume pour le gibier d’eau

Si la saison dernière laisse un goût amer aux chasseurs de gibier d’eau, pour le reste, l’essentiel a pu être maintenu : «Nous pouvons remercier la préfète de la Somme qui nous a permis de sauver ce qui pouvait l’être», a ainsi reconnu Yves Butel. Bien que perturbée, la chasse en battue a pu être pratiquée dans le respect d’un protocole sanitaire strict ; la régulation des espèces susceptibles de causer des dégâts, comme la chasse du grand gibier ont-elles aussi pu se poursuivre. «Sans cela, je n’ose imaginer le niveau des dégâts qu’auraient eu à régler les chasseurs», a souligné le président de la FDC 80. 3 800 chevreuils et quelque 4 200 sangliers ont été tués. Son directeur rappelle que le service «prévention des dégâts» - autrement dit, celui chargé de la pose de clôtures -, a été le premier à reprendre du service. «C’est là que nous avons vu à quel point il était essentiel», détaille Thierry Delefosse. Et de citer le chiffre de 700 kilomètres de clôtures posés chaque année par la fédération. En matière d’aménagement des territoires, 420 hectares de jachères et de bandes d’intercultures d’intérêt faunistiques sont implantés. Une vingtaine de kilomètres de haies ont été plantées, «ce qui est du jamais vu», s’est réjoui pour sa part Nicolas Portois, président de la commission «aménagement» de la FDC 80.

 

Un contexte hostile

En ce qui concerne la chasse du gibier d’eau, «une fois encore, ils ont été les dindons de la farce, estime-t-on à la fédération des chasseurs. La réglementation que nous avions aidé à bâtir lors des premiers épisodes de grippe aviaire s’est retourné cette année contre nous», regrette Yves Butel, en écho aux contraintes qui avaient été dictées aux chasseurs. La présence d’une personnalité «hostile à la chasse» à la tête du ministère de la Transition écologique, en la personne de Barbara Pompili, n’arrangerait «en rien les choses», selon le président des chasseurs samariens. Et ce dernier de dénoncer une «propagande antichasse» qui se banalise, «se cachant partout». L’écho à la dernière campagne de communication de la Fondation Brigitte Bardot, tout comme aux tweets de Rigaux, Clément et autre Dombreval est évident.

 

Pour 57 % des Français, la chasse participe à la vie rurale 

Dans le cadre du débat sur la place des chasseurs dans la société française, leurs pratiques et leur impact sur l’environnement, l’Ifop a réalisé pour la Fédération nationale des chasseurs une enquête auprès de 2 000 Français afin de recueillir leur opinion sur ce sujet. Les résultats de cette étude ont montré que la chasse est une pratique méconnue en France, malgré une large présence des chasseurs au sein de la société. Ces derniers sont certes considérés comme ayant des actions positives sur les milieux naturels mais la chasse conserve une image relativement négative.
L’enquête de l’Ifop révèle une assez large présence des chasseurs dans le tissu social puisque 38 % des Français déclarant connaître au moins un chasseur dans leur entourage. Rapporté à l’ensemble de la population du pays, on peut estimer les chasseurs ou anciens chasseurs à environ 4 millions de personnes, ce qui va bien au delà du million de chasseurs qui valident annuellement leur permis avec, ici aussi, des surreprésentations au sein de certaines catégories identifiées comme les indépendants (18 %) et les Français issus des classes populaires (10 %) contre seulement 3 % à 4 % parmi les professions intermédiaires et les cadres.
La pratique de la chasse souffre toutefois d’une large méconnaissance au sein de la population française. En effet, à peine un tiers des personnes interrogées (34 %) s’estiment bien informées sur la chasse, révélant une importante marge de progrès sur ce point.
49 % de personnes déclarant connaître un chasseur se disent bien informés sur la chasse, contre seulement 24 % parmi ceux n’en connaissant pas. Les Français estiment très largement (88 %) que les chasseurs doivent mieux informer les habitants en période de chasse et qu’ils devraient communiquer davantage sur leurs actions et pratiques (74 %). 
Dans le même temps, les Français se montrent majoritairement hostiles à la chasse. C’est ainsi l’opinion partagée par 55 % d’entre eux, contre seulement 18 % des personnes interrogées s’y déclarant favorables. Le quart restant (27 %) y étant indifférents. Pour six personnes interrogées sur dix (60 %), les chasseurs se montrent toutefois utiles pour l’entretien des espaces naturels. De la même manière, plus de sept sur dix (73 %) jugent positives les actions des chasseurs dans la plantation des haies. Cette opinion illustre parfaitement le rôle des chasseurs comme acteurs reconnus dans la gestion de la biodiversité ordinaire dans les territoires ruraux. Sur le plan de la «production» issue de la chasse, 63 % des Français se déclarent prêts à acheter du gibier français, dont plus d’un quart (27 %) y seraient même «tout à fait prêts», ce noyau très attiré par la viande de gibier présente un marché potentiel de près de 10 millions de consommateurs. Deux tiers des Français (67 %) reconnaissent, par ailleurs, que les chasseurs sont indispensables pour limiter la prolifération d’espèces sauvages comme les sangliers pouvant provoquer d’importants dégâts dans les cultures agricoles ou causer des accidents de la circulation. Enfin, pour plus de trois quarts des Français (77 %) «il est nécessaire de conserver nos traditions». 56 %
des personnes interrogées estiment clairement que les chasseurs sont avant tout des passionnés de nature attachés à leurs valeurs rurales. Dans le même esprit, 57 % des Français jugent que la chasse participe à la vie rurale et vont plus loin en considérant qu’ils contribuent aussi au maintien du lien social.

 

Une campagne pour la chasse à la télévision 

Faut-il y voir une réponse du berger à la bergère ? Alors que la Fondation Brigitte Bardot a fait parler d’elle copieusement au cours des dernières semaines pour avoir affiché un peu partout en France son rejet de la chasse et des chasseurs sur des affiches en 4x3, la Fédération nationale des chasseurs (FNC) vient à son tour de s’offrir une campagne de promotion… à la télévision. Depuis le mardi 27 avril, et jusqu’au 24 mai, un spot de trente secondes est à retrouver sur plusieurs chaînes hertziennes privées – TF1, M6, CNews, C8, CStar -, à une heure que l’on a l’habitude de qualifier «de grande écoute». Sur la chaîne TF1, le spot est en effet à découvrir après C’est Canteloup entre 20h50 et 21h. Sur M6, la diffusion est programmée vers 20h25, avant Scènes de ménage. La particularité de cette campagne de promotion inédite est, selon la FNC, de «donner à voir de vrais chasseurs, et non des comédiens, dans leur environnement naturel, heureux de partager ensemble ces moments «grandeur nature» avec le téléspectateur».
En ce qui concerne les images, celles-ci ont été rigoureusement sélectionnées pour ne montrer que des instants de convivialité, de fierté et respect. Si armes et animaux prélevés à la chasse n’apparaissent pas, «c’est parce que cela est interdit par l’autorité de la régulation de la publicité», explique sobrement la FNC. Et d’ajouter que cela est aussi «une preuve supplémentaire que la chasse ne se résume pas qu’à cela». En parallèle au spot TV, une version longue de trois minutes a également été réalisée. Elle est destinée à une diffusion sur les plateformes digitales et les réseaux sociaux.
Président de la Fédération nationale des chasseurs, Willy Schraen dit «espérer que cette campagne interpellera positivement les téléspectateurs et l’opinion publique en leur faisant partager notre passion au plus près de nos terroirs. L’enjeu est de montrer la chasse telle qu’elle est, car elle n’a pas besoin d’être défendue mais expliquée».
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