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Classement des mémoriaux de Villers-Bretonneux et le Hamel

Avis favorable du commissaire-enquêteur : malgré les réserves de la profession agricole.

Olivier Faict et Simon Catteau, respectivement président et vice-président de la commission environnement de la FDSEA.
Olivier Faict et Simon Catteau, respectivement président et vice-président de la commission environnement de la FDSEA.
© AAP


Face à ce nouveau zonage, les professionnels agricoles et les exploitants s’étaient fortement mobilisés lors de l’enquête publique. Les remarques portaient notamment sur l’importance du périmètre de 3 500 ha sur 12 km de long, sur la mise en place d’une réglementation supplémentaire qui va entraîner des contraintes, des restrictions, des difficultés, voire l’impossibilité d’obtenir un permis de construire. «Nous sommes très respectueux de ce souvenir de mémoire pour ceux qui se sont battus, mais nous ne pouvons pas accepter que ce paysage soit figé et que l’évolution de l’activité agricole se retrouve bloquée», précise Simon Catteau, président de la commission environnement de la FDSEA.
Pour les exploitants, c’est encore un nouveau zonage qui peut menacer la viabilité des exploitations qui ne pourront plus se diversifier. Les responsables professionnels agricoles avaient aussi dénoncé un traitement différent pour l’activité agricole, qui se retrouvait dans le périmètre alors que des zones urbaines avaient été exclues du périmètre pour permettre leur extension !
Face à ces enjeux agricoles et aux craintes de voir ce secteur se sanctuariser, les observations lors de l’enquête publique ont été nombreuses. Sur les quarante-six avis, on dénombre aucun avis favorable, quatorze avis défavorables et trente-deux avis réservés. Le commissaire-enquêteur a alors fait un bilan avantage-inconvénients pour conclure sur un avis favorable au projet de classement des mémoriaux de Villers-Bretonneux, le Hamel, visant la protection des monuments naturels et des sites, dont la conservation ou la préservation présente un intérêt général au point de vue artistique, historique, scientifique, légendaire ou pittoresque. Cet avis favorable est assorti de quatre recommandations et une réserve.
Pour le commissaire-enquêteur, le projet comporte des contraintes, mais il est de la responsabilité de tous les acteurs locaux d’en faire une opportunité. «Il est difficile d’en faire une opportunité alors que la profession «croule» déjà sous toutes les réglementations. Ce nouveau zonage va encore engendrer un étage supplémentaire avec des décisions qui seront prises par le ministère. Il faut donc s’attendre à tout !», indique Simon Catteau.

La suite ?
«La prochaine étape consistera à présenter le projet de classement et le rapport du commissaire-enquêteur auprès de la commission départementale nature, paysages et sites en mars ou avril 2016, puis à la commission supérieure des sites et des paysages et perspectives avant l’été. Le périmètre du projet reste inchangé pour l’instant. Les modifications évoquées dans le rapport du commissaire-enquêteur seront discutées lors des prochaines commissions précitées. Le projet suivra ensuite un parcours pour une instruction ministérielle qui se terminera, si tout se déroule correctement, par la prise d’un décret de classement en conseil d’Etat, en principe au printemps 2017», explique Christian Varlet, inspecteur des sites à la Dreal Nord-Pas-de-Calais-Picardie.
Pour ce qui est de recommandations concernant l’activité agricole, il est important que le prochain document d’urbanisme prévoit la création d’écrans végétaux pour améliorer la perception visuelle de certains bâtiments les plus «impactants» depuis les mémoriaux. Par ailleurs, la proposition de la Chambre d’agriculture, acceptée par la Dreal, et portant sur la réalisation d’une étude agricole doit être mise en œuvre. De même, il faut veiller à ce que les préconisations pour faciliter l’insertion des projets des bâtiments industriels, agricoles ou d’habitation ne remettent pas en cause l’économie et la faisabilité de ces derniers pour concilier au mieux les exigences paysagères et les contraintes techniques et économiques.
Une réserve dans tout cela : que les propositions modificatives de la Dreal, qui ont apporté des avancées déterminantes au cours de cette enquête, ne soient pas substantiellement remises en cause lors du processus d’approbation du site.

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