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Clim’Agri : mesurer les conséquences de l’agriculture sur le climat

A l’échelle des territoires, le secteur agricole peut représenter 40 à 50 % des émissions de gaz à effet de serre. Clim’Agri Hauts-de-France est un outil d’analyse des impacts de l’agriculture, qui devrait aboutir à un plan d’action adapté aux spécificités locales.

La demande en irrigation va exploser dans les prochaines années.
La demande en irrigation va exploser dans les prochaines années.
© D. R.



Quels impacts ont précisément les exploitations des Hauts-de-France sur l’environnement ? C’est la question à laquelle doit répondre Clim’Agri, un outil de diagnostic territorial. «Il a été créé pour répondre à la stratégie nationale bas-carbone, instituée par la loi de transition énergétique pour la croissance verte, précise Eric Demazeau, qui pilote le projet à la Chambre d’agriculture de l’Oise. Autrement dit, objectif - 40 % de ses émissions totales en 2030 par rapport à 1990, et - 75 % en 2050.
En pratique, Clim’Agri est un outil de type Excel, dans lequel est intégré un ensemble de données, qui caractérisent avec le plus de précision possible* l’agriculture territoriale. Un ensemble d’équations et de calculs aboutissent à un bilan initial «énergie – gaz à effet de serre», ainsi qu’à des indicateurs environnementaux, comme le stockage de carbone, les polluants atmosphériques, ou la production d’énergie renouvelable. «Il s’agit aussi d’une étude prospective, pour connaître la consommation alimentaire de demain.»
A partir de ce bilan initial, des scénarios d’atténuation sont définis. Ces derniers seront simulés dans l’outil Clim’Agri afin d’apprécier leurs effets, à la fois sur les économies de consommations énergétiques et les réductions d’émissions de gaz à effet de serre, tout en ayant un regard sur la production agricole (potentiel nourricier du territoire…).

L’irrigation : principal sujet
L’étude est toujours en cours, et un plan d’actions devrait se préciser d’ici le printemps prochain. Néanmoins, en termes de pluviométrie, une projection se dégage. «Il n’y aura pas de baisse du volume d’eau en un an, mais les précipitations seront réparties différemment», explique Eric Demazeau. Alors que l’hiver et le printemps devraient être de plus en plus humides, l’été et l’automne - moment où les cultures tardives (betteraves et pommes de terre par exemple) ont le plus besoin d’eau-, seront de plus en plus secs. Alors que les Hauts-de-France sont une des régions les moins irriguées du pays grâce à la pluviométrie régulière jusque-là, «la demande en irrigation va exploser dans les prochaines années».
L’enjeu repose donc sur des systèmes d’irrigation respectueux de l’environnement. «Pour éviter de pomper l’eau des nappes phréatiques, il faudra réfléchir au stockage de l’eau tombée l’hiver, en s’inspirant des modèles qui existent dans les régions du sud.» Des réflexions sur l’assolement, avec des rotations plus adaptées, ou encore des cultures à différents niveaux d’enracinement, sont aussi menées.
En attendant des pistes plus concrètes, le premier conseil que donne Eric Demazeau aux agriculteurs est de souscrire à une assurance multirisques récolte. «C’est la première mesure d’adaptation. De mauvaises années comme 2016 en céréales ou 2018 en pommes de terre seront des événements qui se répèteront !»

*Ce diagnostic est réalisé dans une logique de cycle de vie prenant en compte les intrants et les importations, mais en se limitant aux «portes de la ferme». Cela signifie que l’impact des transformations des divers produits agricoles n’est pas pris en considération.

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