Aller au contenu principal

Cobevial plus fort que la loi Egalim

Contractualiser avec ses adhérents en tenant des coûts de production pour une meilleure valorisation des bovins, c’est le pari qu’est en train de gagner progressivement la coopérative Cobevial. En porc, elle annonce des compléments de prix pour accompagner les éleveurs dans la mise aux normes «bien-être».

L’année 2020 s’est révélée particulièrement difficile pour l’activité porcine qui a subi à la fois les conséquences de la covid-19 et la peste porcine africaine.
L’année 2020 s’est révélée particulièrement difficile pour l’activité porcine qui a subi à la fois les conséquences de la covid-19 et la peste porcine africaine.
© Claudine Gérard

Avec un résultat d’exploitation positif de 544 000 E en 2020 et un excédent de quelque 6,4 millions d’euros à distribuer (en partie) à ses adhérents, on peut tout à fait considérer que la coopérative Cobevial a plutôt bien traversé la crise de la Covid-19 en 2020. En moyenne, chacun des 757 éleveurs adhérents devrait toucher un dividende d’un montant moyen de 4 100 €, pour un total de 3,1 millions d’euros, via différentes formules : dividendes (703 519 €), caisse de développement d’activités bovines et porcines (1,1 million), caisse de prix minimum garanti en production porcine (1 million), caisse de pérennisation de l’approvisionnement bovin (300 000 €).  Ces chiffres ont été validés par l’assemblée générale de la coopérative qui s’est tenue le 23 juin dernier. Que deviendront les 3,3 millions restants non distribués ? «Ils sont en réserve libre d’affectation», explique le directeur, Éric Bettens. «Il est important de garder des disponibilités financières si nous avions besoin d’investir.»

 

Progression en bovins

En ce qui concerne l’activité, les volumes commercialisés en 2020 ont progressé en porcs charcutiers (+ 1,03 %) et cochettes et verrats de reproduction (+ 2,87 %) dans un contexte compliqué en raison de la pandémie qui a amené certains outils d’abattage belges et allemands à fermer temporairement, à des exportations en berne, des reports d’enlèvements. Toutefois, «la coopérative a pris sur elle et a maintenu les prix aux éleveurs, calés sur le cadran breton, et aux mêmes conditions d’achat».

Concernant le secteur bovin de boucherie, Cobevial enregistre une nouvelle fois une progression de ses volumes (+ 4 %) grâce à des augmentations dans les catégories jeune bovin (JB), vaches de réforme et génisses. «La stabilité en JB n’était pas gagnée début 2020, mais les contractualisations basées sur les coûts de production engagent et rassurent les éleveurs», détaille M. Bettens. Dans les autres catégories d’animaux où l’on constate des progressions, prise en compte du coût de production et contractualisation via des démarches spécifiques – l’exemple de Ch’ti bœuf avec Lidl – servent aussi à expliquer la dynamique. «Quand on arrive à contractualiser en tenant compte du coût de production, c’est intéressant pour l’éleveur, explique le directeur de la coopérative. C’est rassurant et on est dans l’esprit de la loi Egalim. Pour la coopérative, cela permet aussi de connaître à l’avance le volume qu’on aura à commercialiser et cela amène de la régularité.» 60 % des volumes de viande bovine vendus par Cobevial sont, à ce jour, contractualisés avec des éleveurs adhérents. Seul regret pour son directeur : ne pas réussir à étendre ce type de démarche à tous les acheteurs. La progression en veaux de 15 jours se poursuit elle aussi (+ 8 % en 2020). Enfin, en bovins maigres, le gros des volumes reste représenté par les broutards (5 326 animaux, + 2 %), avec une forte progression (+ 11 %) des génisses de race charolaise, «principalement pour le dossier Lidl».

 

Prise en compte du coût de production

Le nombre d’adhérents, quant à lui, continue de progresser : «Depuis quelques années, c’est vrai, on a des adhérents supplémentaires, reconnait Éric Bettens. Mais rien ne veut dire que cela continuera encore les années suivantes…» Pour expliquer cette tendance, il met en avant plusieurs raisons. Sa politique commerciale, d’abord : «Pour profiter d’un contrat avec un prix garanti, il faut être adhérent…» Sur l’activité «bovins maigres», la coopérative avance aux éleveurs les fonds nécessaires pour qu’ils puissent mettre en place des animaux, mais là encore, «il faut être adhérent…» Enfin, précise-t-on chez Cobevial, la manière dont la coopérative redistribue son résultat participe grandement à son attractivité : «Avec un rendement du capital social de 30 %, cela veut dire qu’un adhérent qui a 100 de capital social va toucher 30 », détaille Éric Bettens. Simple, mais efficace. Enfin, en parallèle, «depuis 8-9 ans on distribue des compléments de prix... uniquement aux adhérents». En 2021, ces compléments de prix sont de 2 € par porc charcutier - dont 1 € de manière exceptionnelle pour accompagner l’investissement bien-être -, de 0,5 € par porcelet couplé, de 5 € par coche, ou encore de 10 € par bovin. 

 

Un ciel nuageux

Après une année 2020 où il aura fallu batailler pour sauver les meubles, 2021 s’annonce en demi-teinte. En ce qui concerne l’activité porcine, Éric Bettens n’est pas vraiment optimiste : «L’année a mal démarré, constate-t-il. Heureusement, on a trouvé depuis mars dernier des places pour abattre en France. Les volumes 2021 devraient être au rendez-vous, mais sur le prix, il est difficile d’être optimiste avec le retrait du marché de la Chine, un marché allemand qui ne tire pas.» Fort judicieusement, dans un contexte comme celui qu’on a connu en 2020, l’export reste un débouché marginal pour la Cobevial : «Sur les 400 000 porcs que l’on commercialise, seuls 20 000 partent à l’export. Et quand on le fait, c’est pour gagner quelque chose, souligne M. Bettens. L’autre facteur dont il faut tenir compte : un prix de l’aliment élevé. 65 % du coût de production est lié à l’alimentation alors, forcément, quand les matières premières montent, cela se ressent.» En élevage bovin, le directeur de Cobevial est plus serein : «Il semblerait qu’il n’y a plus tellement de stocks de viande congelée. Le marché tire à nouveau avec la réouverture des restaurants, même si nous avons encore plein d’interrogations sur les effets de la Covid vis-à-vis de la consommation.» Pour l’heure, Éric Bettens est toutefois «plutôt optimiste» et partage sa hâte à «reprendre une vie normale d’avant Covid-19». Les 150 adhérents de la Cobevial qui se sont retrouvés le 23 juin dernier à Ramecourt (62) étaient, quant à eux, «très satisfaits de se retrouver, même s’il fallait porter un masque et respecter la distanciation sociale», a encore souligné le directeur de la coopérative.

Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout {nom-site}.

Les plus lus

Le sol doit être ressuyé pour la préparation du lit de semences et suffisamment réchauffé pour optimiser la levée des plantes.
Lin fibre de printemps : bien préparer son semis

Le semis est une étape essentielle pour la réussite de la culture. Il conviendra d’assurer une bonne structure en travaillant…

Pour Julie Macron, membre des Jeunes agriculteurs de la Somme, cet après-midi  a permis de «familiariser les enfants avec notre quotidien d’agriculteurs».
Quand la visite à la ferme rime avec découverte et transmission

Le 10 mars, les élèves de CE1-CE2 de l’école de Bernaville ont enfilé leurs bottes pour une immersion à la ferme de Julie…

Violence dans les champs
« Violence dans les champs » : à quoi s’attendre avec ce documentaire engagé sur l’agriculture française

Diffusé ce dimanche 3 mai sur France 5 (21h05), Violence dans les champs revient sur les transformations de l’…

Isabelle Dumont vend toutes ses fraises en direct, à la ferme et aux marchés.  Un contact avec les clients qu’elle adore.
Les fraises du Santerre rougissent à Crémery depuis près de cinquante ans

En cette fin de semaine, c’est la première cueillette de la saison aux Fraises du Santerre, à Crémery. Pierre Dumont y a fait…

Denis Bully, président de la FDSEA de la Somme : en 2026 plus encore qu'en 2025, il ne faut planter que ce qu'on est  sûr de vendre.
Denis Bully : «Gérer la crise de la pomme de terre et ne pas l’amplifier»

Face à une crise inédite des excédents de pommes de terre, la filière s’organise pour écouler des volumes considérables en un…

Champagne : 40 % des bourgeons gelés

En zone champagne, 40 % des bourgeons auraient été détruits par le gel, selon l'interprofession. 

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 1 € par semaine
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Action Agricole Picarde
Consultez les versions numériques de l'Action Agricole Picarde et du site, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters de l'Action Agricole Picarde