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Humour
Comment la Sotizerie a (re)propulsé le C15

Depuis les réseaux sociaux, La Sotizerie a largement contribué à faire sortir le C15 du bois en faisant de ce véhicule iconique de la campagne un marqueur de son univers humoristique décalé. Rencontre avec Riton, l’un des animateurs de cette communauté qui compte plusieurs milliers de followers.

Quand on tape C15 dans la barre de recherche des réseaux sociaux (Facebook, Instagram, Twitter), la page La Sotizerie est systématiquement associée. Qu’est-ce qu’est la Sotizerie ?
Qui sont les animateurs de cette page ? En gros, qui êtes-vous ?

La Sotizerie, c’est des gens du bourg, des copains, qui s’amusaient via les réseaux sociaux à s’échanger des conneries. On a créé une page parce qu’on en avait marre de passer par les messageries et l’audience s’est peu à peu élargie. À cette époque-là, c’était il y a dix ans, personne ne parlait aux jeunes des campagnes. On a pris ce créneau et on est devenu le compte à suivre quand on est à la campagne, qu’on vit campagne et qu’on y fait tout un tas de conneries. On a créé des personnages - Riton, La Momone, la Cindy, le Kévin -, pour incarner ça. Aujourd’hui, on répond à pas mal d’interviews, mais on sort cagoulé. On veut garder un côté mystérieux et on ne veut pas être pris pour des stars. Ce qui compte, c’est la déconne avant tout.

 

Pourquoi avoir choisi le C15 comme marqueur de votre communauté et ne pas avoir choisi un autre véhicule ? Un tracteur, par exemple ?

Depuis qu’on publie des vidéos de C15, ça remonte maintenant à dix ans, sa côte a monté ! Il y a dix ans, personne ne s’intéressait au C15. Mais dans un bourg, il y a toujours un C15 qui roule, en plus ou moins bon état. Pour les gars de La Sotizerie, c’est une madeleine de Proust. Nos grands-pères en avaient un, nos pères aussi. On a fait nos premières conneries et nos premières virées avec un C15. Tu vois un autre modèle que le C15 pour représenter le bourg ? Nous, non.

 

Aurait-on assisté au même phénomène avec un autre véhicule que le C15 ?

Pourquoi pas, mais on ne s’est jamais posé la question. Des véhicules comme le C15, il y en a d’autres, mais ils ne sont pas pareils… Renault a par exemple l’Express, mais c’est de la merde (sic). Nous, on l’appelle l’Express de ses morts. Il est bon à rien comparé au C15. Ce qui peut se faire avec d’autres véhicules ne nous fait pas autant rire que ce que l’on fait avec le C15.

 

La Sotizerie, c’est une communauté sur les réseaux sociaux, puis il y a eu l’édition d’une première bande dessinée, puis d’un second album. Comment faites-vous pour vous renouveler sans perdre votre âme ?

On a fait une BD, c’est vrai, parce qu’on aime écrire des conneries, même si on n’est pas des écrivains. Mais chez nous, le post est aussi important que la vidéo. Une maison d’édition nous a contacté et on a dit banco parce qu’on a un univers qui nous est propre et parce qu’on a peur de rien. Le premier volume a cartonné, personne ne s’attendait à ça et n’était prêt… Alors on a fait un second album. On reçoit des tonnes de propositions pour des codes-promo, des trucs loin de nous. Et on refuse parce qu’on n’est pas des influenceuses de Dubaï. On a la chance d’avoir une communauté qui nous envoie des vidéos, des images, et on a aussi nos propres idées. On en a encore dans le sac ! Mais une chose est sûre, dans tout ce que l’on fait, il faut que ça parle aux gens de la campagne.

 

Comment expliquez-vous que des jeunes qui ont aujourd’hui la moitié de l’âge du C15 soient à ce point intéressés par le modèle ?
C’est vrai, on connait des jeunes qui ont quinze ans et qui ont déjà un C15… Pour déconner dans la cour de ferme ou dans les chemins de terre, il n’y a pas mieux ! Ca permet de se faire la main en mécanique. C’est une bagnole facile à bricoler. On peut la retourner sans avoir besoin de casser le PEL pour la remettre en état. Pour un jeune du bourg, c’est une bonne première voiture.

 

Que se passera-t-il pour La Sotizerie le jour où il n’y aura plus de C15 sur les routes ? On le dit «indestructible», mais avez-vous déjà envisagé la fin du C15 ?
Il va en rester encore quelques-uns pendant encore quelques années… Mais on fait aussi pression sur Citroën pour qu’ils fassent quelque chose. Leurs véhicules électriques, et tout ça, ce n’est pas pour les gens du bourg. On a déjà eu des échanges avec eux et on leur a dit : ressortez-nous un C15 et ça cartonnera ! D’autres constructeurs remettent bien au goût du jour d’anciens modèles, mais ce sont des voitures de citadins… Nous, au bourg, on croit et on veut le renouveau du C15.

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