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Faune sauvage
Comment l’OFB lutte contre le trafic d’animaux dans la région

Tigres, singes, papillons rares, ivoire ou coraux protégés : en cinq ans d’enquêtes, les inspecteurs de l’Office français de la biodiversité (OFB) ont mis au jour de multiples trafics dans l’Oise.

Le 29 mai 2025, un contrôle conjoint entre les inspecteurs de l’environnement  de l’OFB et les douaniers des brigades de Beauvais et de Nogent-sur-Oise a permis la saisie de 78 animaux protégés et parties d’animaux mis en vente illégalement lors de la Foire-aux-puces de Crèvecœur-le-Grand.
Le 29 mai 2025, un contrôle conjoint entre les inspecteurs de l’environnement de l’OFB et les douaniers des brigades de Beauvais et de Nogent-sur-Oise a permis la saisie de 78 animaux protégés et parties d’animaux mis en vente illégalement lors de la Foire-aux-puces de Crèvecœur-le-Grand.
© OFB – SD 60

Dans l’Oise, les inspecteurs de l’environnement de l’Office français de la biodiversité traquent depuis plusieurs années un commerce souvent discret : celui d’animaux sauvages ou de leurs dérivés. Entre 2020 et 2025, le service départemental – composé de 13 inspecteurs, appuyés par deux référents régionaux CITES – a conduit 54 procédures judiciaires sous l’autorité des procureurs de Beauvais, Compiègne et Senlis.

Au total, ces enquêtes ont permis la saisie de 89 animaux vivants et 1 154 animaux morts ou parties d’animaux. Parmi les animaux vivants récupérés figurent 32 oiseaux, 38 tortues et 19 mammifères, dont un singe et dix tigres. Du côté des objets et spécimens saisis : crânes de grands prédateurs, peaux d’animaux protégés, ivoire d’éléphant, papillons rares ou encore bijoux en corail.

Dix tigres retirés à un dresseur

Parmi les opérations les plus marquantes menées dans le département, l’OFB revient sur une affaire datant de décembre 2020, visant un dresseur d’animaux.  Après plusieurs mois d’enquête et une plainte d’association, les inspecteurs de l’OFB sont intervenus pour la saisie de dix tigres. L’enquête a mis en évidence des mauvais traitements et l’exploitation irrégulière d’un établissement détenant des animaux d’espèces non domestiques. Après plusieurs années de procédure, la cour d’appel a confirmé le 28 janvier 2026 la condamnation du dresseur à 12 mois de prison avec sursis, 2 ans d’interdiction d’exercer une activité liée aux animaux, 333 962 € de frais de gardiennage à rembourser au refuge ayant accueilli les félins et la confiscation définitive des tigres.

Des singes vendus illégalement sur internet

Une autre affaire concernant des animaux a également été mis au jour par l’OFB. Après plusieurs mois d’investigations menées conjointement par la brigade de recherches de la gendarmerie de Senlis et l’OFB, un homme est interpellé en mars 2025. Les enquêteurs découvrent qu’il vendait ou proposait à la vente plusieurs espèces protégées, notamment des ouistitis à toupet blanc, des ouistitis de Geoffroy ou encore des tamarins aux mains rousses. En septembre 2025, le tribunal a condamné le détenteur à huit mois de prison avec sursis et 5 000 € d’amende.

En mai 2025, c’est enfin lors de la foire aux puces de Crèvecœur-le-Grand qu’une opération conjointe entre l’OFB et les douanes révèle l’ampleur du commerce clandestin d’objets issus d’espèces protégées. Au total, 78 spécimens ou objets ont été saisis sur plusieurs stands. Parmi eux, des oiseaux naturalisés, des coraux et coquillages bénitiers, des peaux de crocodile et de python, des objets en écaille de tortue marine ou encore de nombreux objets en ivoire d’éléphant.

Un trafic qui menace directement la biodiversité

À l’heure de dresser le bilan de ses opérations de contrôle, l’OFB rappelle que la réglementation qu’elle applique vise à limiter la capture d’animaux dans la nature, éviter l’introduction d’espèces exotiques et protéger les espèces menacées. Car malgré ces règles, le trafic reste extrêmement lucratif à l’échelle mondiale. Pour l’ivoire par exemple, entre 20 000 et 30 000 éléphants sont encore abattus illégalement chaque année en Afrique.

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