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Comment se rapprocher de l’autonomie fourragère

Parmi les préoccupations des éleveurs, il est fréquemment évoqué le souhait d’être plus autonome en matière d’alimentation animale. D’où vient cette dépendance et comment améliorer l’autonomie fourragère ? Le point avec le Gnis.

L’autonomie alimentaire passe en premier lieu par une augmentation du temps de pâturage... lorsque cela est possible.
L’autonomie alimentaire passe en premier lieu par une augmentation du temps de pâturage... lorsque cela est possible.
© François d’Alteroche



Plusieurs conditions sont nécessaires pour réussir à atteindre l’autonomie fourragère. La première est de disposer de fourrages et de concentrés produits sur l’exploitation avec un rapport PDI/UFL qui corresponde aux besoins des animaux. Ces aliments peuvent être utilisés en pur ou combinés entre eux. L’autre condition est de produire des fourrages avec un taux d’encombrement le plus faible possible afin que l‘animal en consomme la plus grande quantité. Une fois rassasié, si les besoins de l’animal ne sont pas satisfaits, l’aliment concentré permettra d’équilibrer la ration. Or, c’est cet aliment concentré qui est le plus coûteux, d’autant plus s’il est riche en protéines.

Attention aux coûts de production
Lorsque l’on aborde le sujet de l’autonomie fourragère, il faut estimer également le coût de la récolte. En effet, avec le coût du stockage, les frais viennent tripler le coût alimentaire, en comparaison à un fourrage pâturé. Généralement sur l’exploitation, ce sont les fourrages riches en protéines qui font défaut. Pour les animaux ayant des besoins élevés en protéines comme les vaches laitières, ceux-ci peuvent atteindre 120 grammes de protéines par kg de matière sèche ingéré pour une vache produisant 30 kg de lait. Peu de plantes atteignent cette valeur. Mais si les fourrages principaux de la ration s’en rapprochent, la dépendance pourra être sensiblement réduite.
Pour les autres catégories d’animaux, génisses, vaches allaitantes, les besoins en protéines se situent entre 80 et 100 grammes de PDI par UFL et l’autonomie est plus facile à atteindre.
Parfois ce peut être l’énergie qui est déficitaire. Il est alors plus facile de palier à ce manque grâce à des céréales ou de la betterave fourragère produites sur l’exploitation.

Produire des fourrages de qualité
C’est souvent l’encombrement élevé du fourrage qui fait que les besoins des animaux ne sont pas satisfaits. Plus le fourrage est encombrant, moins l’animal consomme de kg de matière sèche. Or, il y a une corrélation étroite entre valeurs alimentaires et encombrement : moins un fourrage est  encombrant, plus la ration sera concentrée en énergie et protéines (cf. graphiques joints).

Favoriser le pâturage
L’autonomie alimentaire passe donc d’abord par la production d’herbe de qualité, exploitée en pâturage à un stade optimum et ce, le plus grand nombre de jours par an. Pour cela, des espèces et des variétés ont été sélectionnées. En les choisissant judicieusement en fonction des conditions pédoclimatiques, on peut obtenir de l’herbe de qualité tôt au printemps, de l’herbe capable de produire en conditions estivales ou, enfin, plus tard à l’automne. Il est donc essentiel de prendre connaissance du comportement individuel de chacune de ces espèces et au sein de l’espèce, de connaître les critères de comportement des variétés.
Pour les périodes particulièrement difficiles, sécheresse, canicule, on peut évoquer la technique du stock d’herbe sur pied. Cette technique consiste à laisser pousser l’herbe, puis à organiser un pâturage au fil avancé quotidiennement de cette végétation plus haute. Mais la qualité doit être malgré tout la première préoccupation. Pour ce faire, il est nécessaire d’avoir effectué au moins un déprimage, d’avoir une proportion de légumineuses, trèfle blanc, lotier, luzerne en mélange et des graminées à longue souplesse d’exploitation et résistantes aux maladies.
Les sites www.prairies-gnis.org et www.herbe-book.org sont à disposition pour choisir les espèces et les variétés. Sur le site de l’Association française pour la production fourragère (AFPF), un dossier de préconisations pour concevoir des mélanges pertinents est également disponible. D’autres espèces fourragères peuvent se pâturer : choux, betteraves fourragères, sorghos, colza. Ces plantes sont d’ailleurs en général très appétentes et de bonnes valeurs alimentaires (énergie et protéines).

Et les fourrages stockés ?
Pour les fourrages à récolter, plusieurs paramètres sont à estimer pour se rapprocher de l’autonomie fourragère : avoir une plante adaptée aux conditions pédoclimatiques, au mode de récolte, facile à conserver, productive, de bonne valeur alimentaire et appétente. Toutes ces attentes sont prises en compte par les sélectionneurs et l’information est disponible sur le site www.herbe-book.org : comportement individuel de chaque espèce et critères variétaux. Toutefois, la productivité est le premier levier de la réduction du coût de récolte. Il faut également citer l’incontournable betterave fourragère qui ne cesse d’étonner ses utilisateurs par sa productivité (15 à 18 000 UFL/hectare) mais on oublie souvent son très faible encombrement : 0,6 UEL. Ceci permet d’en faire consommer une quantité importante sans trop pénaliser la quantité consommée des autres fourrages grossiers de la ration, souvent du bon foin.  

Ne pas oublier les légumineuses
Les légumineuses sont l’épicentre de l’autonomie fourragère. Cultivées en pur ou associées, pour du pâturage ou pour constituer des stocks, elles ont une fonction agronomique essentielle dans la rotation. De plus, elles ont une fonction diététique importante dans la ration. Est-ce nécessaire de rappeler leur autonomie vis-à-vis de la fertilisation azotée et de parler du reliquat qu’elles laissent pour les cultures suivantes ?


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