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Commerce international
Les relations entre UE et États-Unis se réchauffent

Le changement d’administration aux États-Unis avec l’élection de Joe Biden a permis d’apaiser les tensions commerciales avec l’UE dans le cadre du différend Airbus-Boeing avec la suspension pour quatre mois des sanctions mutuelles. Une bonne nouvelle pour plusieurs filières agricoles européennes. 

Plusieurs filières sont impactées, comme les exportations de fromages italiens, tels que le parmesan, qui accusent une perte de 60 Mio €.
Plusieurs filières sont impactées, comme les exportations de fromages italiens, tels que le parmesan, qui accusent une perte de 60 Mio €.
© Pixabay

Après plus d’un an de tensions commerciales dans le cadre du différend Airbus-Boeing, l’UE et les États-Unis ont décidé d’un commun accord, le 5 mars, de suspendre pour une durée de quatre mois leurs sanctions respectives. Dès le 11 mars, l’UE a ainsi levé les droits de douane supplémentaires imposés depuis novembre sur 3,4 Mds € de produits américains et, de son côté, Washington a notamment suspendu les 25 % de droits de douane supplémentaires imposés depuis octobre 2019, sur certains produits agricoles européens (vins, olives et huiles d’olive, fromages...) à hauteur de 4,3 Mds €.
«Il s’agit d’une avancée significative qui marque une remise à plat de nos relations avec notre partenaire le plus important et le plus rentable», s’est félicité le commissaire au Commerce Valdis Dombrovskis. Cette suspension devrait permettre de relancer la dynamique commerciale outre-Atlantique des filières agricoles touchées par ces sanctions. Selon les statistiques actualisées de la Commission européenne, les exportations de vins français soumis à la taxe additionnelle américaine ont enregistré une perte de 500 Mio €. Pour les exportations de vins espagnols, la baisse est de l’ordre de 80 Mio € alors que les exportations d’olives ont chuté de 14 % soit 15 Mio € en comparaison annuelle. Quant aux exportations de fromages italiens, tels que le parmesan, elles accusent une perte de 60 Mio €. Bruxelles précise toutefois que «ces baisses importantes des exportations ne peuvent être dissociées de l’impact concomitant de la pandémie de Covid-19». 

Espoir d’une solution durable 

Saluant cette décision, le président de la Fédération européenne des vins d’origine (EFOW), Bernard Farges, espère maintenant qu’une solution durable soit trouvée afin de mettre un terme définitif au litige. Les États-Unis sont le premier marché d’exportation pour les vins de l’UE en termes de volume et de valeur, et les droits punitifs ont déjà entraîné une baisse de 54 % des exportations des vins visés, souligne EFOW. Même satisfaction du côté des organisations et coopératives agricoles européennes (Copa-Cogeca) qui rappellent néanmoins que les producteurs espagnols d’olives noires doivent encore faire face à une taxe à l’importation de 35 % à la suite d’une décision de l’administration américaine en 2018. 

Autre signe d’embellie des relations transatlantiques : la conclusion, le 8 mars, des négociations visant à ajuster les quotas d’importation agricoles européens, sur la base des flux commerciaux récents, dans le cadre de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) suite à la sortie du Royaume-Uni de l’UE. L’accord couvre notamment des dizaines de quotas relatifs à la viande bovine, la volaille, le riz, les produits laitiers, les fruits et légumes et les vins, indique la Commission européenne. Sur la base de la répartition des échanges entre l’UE27 et le Royaume-Uni au cours de la période de référence, les nouveaux volumes de l’UE seront inférieurs ou au maximum égaux aux anciens volumes de l’UE28. «Pour aucun des contingents tarifaires, nous ne constaterons une augmentation des quantités.» Pour le commissaire à l’Agriculture, Janusz Wojciechowski, «cet accord apporte ainsi une certitude et stabilité au commerce agricole et à nos marchés. Il s’agit d’un bon signal de notre engagement à travailler ensemble, tant au niveau bilatéral que dans le cadre de l’OMC». Une fois que la Commission aura adopté cet accord, celui-ci sera envoyé au Conseil et au Parlement européen pour ratification. L’UE mène également des négociations similaires sur la répartition des contingents tarifaires avec vingt et un autres partenaires, et a déjà conclu celles avec l’Argentine, l’Australie, la Norvège, le Pakistan, la Thaïlande ou encore l’Indonésie. 

En outre, la réunion virtuelle entre le commissaire européen à l’Agriculture et le secrétaire américain à l’Agriculture, Tom Vilsack, le 9 mars, a également été l’occasion de confirmer la nouvelle dynamique qui s’opère sur le front des relations UE-États-Unis. «Nous travaillerons ensemble à la fois sur l’amélioration des normes écologiques dans le monde ainsi que sur les normes relatives au climat et au bien-être des animaux», assure Janusz Wojciechowski.

Accord UE-Mercosur : Vienne s’inquiète d’un risque de passage en force

L’Autriche a réitéré son opposition à la ratification de l’accord de libre-échange controversé entre l’UE et les pays du Mercosur, en raison de son impact négatif sur la crise climatique. Dans une lettre envoyée le 4 mars à la présidence portugaise du Conseil de l’UE, le vice-chancelier écologiste Werner Kogler exprime ses plus vives inquiétudes face aux risques de passage en force du texte. «Je vous demande de garantir que le vote puisse se tenir de manière transparente, sans manœuvre politique et avec toute l’attention du public», écrit-il, craignant «les possibles tentatives» de l’UE d’aller de l’avant via l’ajout, par exemple, d’un protocole au traité ou en scindant l’accord pour faciliter l’approbation du volet commercial en ne le faisant ratifier que par le Parlement européen, ce qui évitera le passage devant les parlements nationaux. «Ce n’est pas acceptable», insiste-t-il. «À nos yeux, l’impact de cet accord sur la crise climatique est un facteur décisif. Nous devons donc, au contraire, saisir l’occasion d’utiliser le Green deal pour faire progresser la protection internationale du climat et donner un nouvel élan à l’accord de Paris sur le climat. La signature de l’accord UE-Mercosur contrecarrerait tout progrès», assure le vice-chancelier.
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