Aller au contenu principal

Conséquences du recul du trait de côte picard sur une exploitation

C’est au cours d’une réunion avec la DDTM et la chambre d’agriculture que le polyculteur éleveur apprend qu’il ne pourra plus cultiver que de l’herbe sur ses parcelles en bord de falaises picardes.

Au premier plan, la partie de la parcelle qu’il a ressemée en herbe. En arrière plan, la culture de colza.
Au premier plan, la partie de la parcelle qu’il a ressemée en herbe. En arrière plan, la culture de colza.
© F. G.


Installé à Arrest, Guillaume Hemeryck s’étonne encore de la méthode de l’Etat. S’il comprend tout à fait la nécessité de mettre en place un plan de prévention des risques, les contraintes imposées unilatéralement par les pouvoirs publics échappent à son entendement. Comme le fait de n’avoir reçu aucun courrier officiel lui stipulant ce qui lui incombait désormais de faire sur ses parcelles en bordure des falaises de Saint-Quentin-La-Motte.
Et de s’étonner également sur le fait que les règles ne sont pas les mêmes après avoir franchi la Bresle. «Je me demande où est la cohérence», s’interroge-t-il à voix haute. Autre source d’étonnement et d’insatisfaction : aucune compensation pour ceux qui doivent se plier aux règles de l’Etat alors qu’une contrainte imposée est généralement associée à une compensation.
Retour en arrière. Installé depuis 2001, l’agriculteur cultive des légumes, du lin, des betteraves et des céréales, tout en ayant un élevage de vaches laitières et allaitantes. Changement de cap en 2008 avec l’arrêt du lait qu’il compense en développant son élevage allaitant (160 vêlages à ce jour) et en se lançant aussi dans la production de pommes de terre. La même année, il s’associe avec la famille Decayeux, de Saint-Quentin-La-Motte, pour s’occuper des terres en bord des falaises, alors en jachère.
Guillaume Hemeryck procède à une remise en culture d’une parcelle de 6,5 ha avec du colza et des céréales, «sauf en bordure de falaise, car c’était trop dangereux», précise-t-il. Durant l’été 2013, des éboulements se produisent, entraînant à la mer une petite partie de la parcelle, heureusement en friche. Son voisin est moins chanceux. C’est une partie de son blé qui part à la mer. La décision est prise : l’agriculteur décide de cultiver juste quatre hectares, le reste étant désormais enherbé. «J’ai ressemé de l’herbe sans que l’on m’y oblige. Mais, pour ce faire, j’ai dû redécouper la parcelle en rognant sur sa largeur et en redéfinissant un accès», explique Guillaume Hemeryck.

Contraintes avec le recul de trait de côte
Reste que si l’agriculteur a pris les devants, les contraintes imposées par le Plan de prévention des risques naturels (PPRN) des falaises picardes, sans concertation préalable ne passe toujours pas. Les contraintes ? Toute activité agricole est interdite, sauf le pâturage, dans une bande de 40 mètres à compter du bord de la falaise. Et cette interdiction s’impose dans un délai d’un an, à compter de la date d’approbation du PPRN (19 octobre 2015, ndlr). Or, aucun des agriculteurs concernés n’a été informé.
«Nous sommes peu d’exploitants à être concernés. Donc, tout le monde s’en fiche. D’ordinaire, quand des mesures sont imposées dans des zones difficiles, il y a des compensations. Là, rien. Il semblerait que le Conservatoire du littoral serait prêt à racheter des terres. C’est mieux que rien, mais cela n’est pas suffisant. Il est logique qu’il y ait des compensations quand des contraintes sont imposées. Ce que j’attends aujourd’hui, c’est que la profession agricole se batte pour en obtenir», conclut-il.

Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout {nom-site}.

Les plus lus

Le sol doit être ressuyé pour la préparation du lit de semences et suffisamment réchauffé pour optimiser la levée des plantes.
Lin fibre de printemps : bien préparer son semis

Le semis est une étape essentielle pour la réussite de la culture. Il conviendra d’assurer une bonne structure en travaillant…

Pour Julie Macron, membre des Jeunes agriculteurs de la Somme, cet après-midi  a permis de «familiariser les enfants avec notre quotidien d’agriculteurs».
Quand la visite à la ferme rime avec découverte et transmission

Le 10 mars, les élèves de CE1-CE2 de l’école de Bernaville ont enfilé leurs bottes pour une immersion à la ferme de Julie…

Violence dans les champs
« Violence dans les champs » : à quoi s’attendre avec ce documentaire engagé sur l’agriculture française

Diffusé ce dimanche 3 mai sur France 5 (21h05), Violence dans les champs revient sur les transformations de l’…

Isabelle Dumont vend toutes ses fraises en direct, à la ferme et aux marchés.  Un contact avec les clients qu’elle adore.
Les fraises du Santerre rougissent à Crémery depuis près de cinquante ans

En cette fin de semaine, c’est la première cueillette de la saison aux Fraises du Santerre, à Crémery. Pierre Dumont y a fait…

Denis Bully, président de la FDSEA de la Somme : en 2026 plus encore qu'en 2025, il ne faut planter que ce qu'on est  sûr de vendre.
Denis Bully : «Gérer la crise de la pomme de terre et ne pas l’amplifier»

Face à une crise inédite des excédents de pommes de terre, la filière s’organise pour écouler des volumes considérables en un…

Champagne : 40 % des bourgeons gelés

En zone champagne, 40 % des bourgeons auraient été détruits par le gel, selon l'interprofession. 

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 1 € par semaine
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Action Agricole Picarde
Consultez les versions numériques de l'Action Agricole Picarde et du site, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters de l'Action Agricole Picarde